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Bienvenue sur le blogue du Comité de quartier du Vieux-Lévis !

Si vous êtes intéressés au développement du caractère historique et patrimonial de ce quartier, vous êtes au bon endroit ! Nous avons regroupé sur le blogue tout ce qui concerne nos préoccupations, nos actions et nos propositions pour la valorisation et la sauvegarde de notre quartier. Vous êtes cordialement invités à commenter et à faire des suggestions, à un sujet ou à un autre; nous sommes un regroupement apolitique et nous sommes ouverts à toute suggestion pouvant aider notre cause. Pour mieux nous connaître, découvrir notre quartier et nos actions, visitez les différentes sections de notre blogue, en commençant par Qui sommes-nous ?

La maison du Dr Narcisse Lacerte au coeur du Vieux- Lévis

La Maison du docteur Narcisse Lacerte, No 1, Côte du Passage, au coeur du Vieux-Lévis, par l’historien Pierre-Georges Roy  

‘’Celui qui, plus tard, écrira l’histoire de la médecine dans la province de Québec ne devra pas manquer de consacrer un chapitre aux médecins de famille… le médecin devenait presque un membre de la famille pour chaque maison où il donnait les soins. Il connaissait les enfants de chaque ménage, les suivait de leur naissance à leur mort, s’intéressait à leur santé corporelle comme à leur vie de citoyen.

Je n’ai pas connu de médecin de famille plus digne de ce beau titre que le docteur Narcisse Lacerte qui exerça sa profession à Lévis pendant plus de 60 ans. Il était tellement identifié avec les familles lévisiennes que dans ses dernières années, lorsqu’il rencontrait dans la rue un enfant qu’il ne connaissait pas, il en était tout surpris et lui demandait tout de suite le nom de son père….

Né à Yamachiche en 1839, le Dr Lacerte obtint son diplôme de médecin à l’été 1864. En novembre suivant il était déjà installé à Lévis dans une maison à l’adresse 3, Côte du Passage.

En mai 1875, il entrait dans une maison qu’il s’était construire sur le terrain voisin, à l’adresse 1, Côte du Passage.

Très pris par sa nombreuse clientèle, le Dr Lacerte, sans jamais se presser, trouva le temps d’assister à toutes les assemblées publiques, de se mêler tous les mouvements en faveur de l’avancement de la communauté et, avec tout cela, de faire partie des associations de bienfaisance  si nombreuses à Lévis de son temps. Il fut conseiller du quartier Notre-Dame à deux ou trois reprises, premier chirurgien du 17e bataillon d’infanterie, président de la Société de Construction Permanente de Lévis, etc, etc.

Le 3 septembre 1925, les citoyens de Lévis célébraient les soixante-deux années de vie médicale du docteur Lacerte par un banquet public qui eut lieu au Manège de la rue Saint-Antoine. Plus de 200 convives assistaient à ce banquet …etc, etc.

Le docteur Narcisse Lacerte décéda à Lévis le 18 septembre 1931, à l’âge de 92 ans. Le jour des funérailles, les médecins de Lévis adoptèrent les résolutions suivantes : “Les médecins de Lévis ont appris avec un profond regret la mort du docteur Narcisse Lacerte, doyen des médecins de la Province, un des Fondateurs de l’Hôtel-Dieu de Lévis (1892) et ancien praticien de cette ville…’’

Source: Profils Lévisiens, vol 2 (1948),  Pierre-Georges Roy, pp. 247-253 ; abrégé par Yvan-M. Roy, novembre 2024.
In Fine: 1) Pierre-Georges Roy est né en 1870 dans une maison située à 10, rue Wolfe, à moins de cent pas de la première résidence du Dr Lacerte. 2) Au bas de la photo à l’introduction, l’entreprise des Scies Mercier, en instace de démolition pour permettre la construction de 5 condominiums à l’architecture contemporaine.

Démolition des Scies Mercier : enjeux et solutions

Dans cet article:

  • Un bâtiment patrimonial de grande valeur : Le bâtiment des Scies Mercier, situé dans le Vieux-Lévis, est un témoin de l’histoire industrielle de la région et figure dans l’inventaire patrimonial du ministère de la Culture.
  • Demandes répétées de démolition : Les propriétaires, également promoteurs, ont fait plusieurs demandes pour démolir le bâtiment et construire des condominiums modernes, laissant l’édifice à l’abandon pour en invoquer la vétusté.
  • Loi renforcée pour la protection du patrimoine : La loi 69, adoptée en 2021, permet désormais aux municipalités de contrer la dégradation intentionnelle des bâtiments patrimoniaux, en plaçant l’intérêt collectif au cœur des décisions d’aménagement.
  • Possibilités d’action pour la Ville : La Ville de Lévis a déjà envisagé d’acquérir le bâtiment. Elle peut désormais imposer des mesures d’entretien aux propriétaires et, en cas de non-respect, procéder à une expropriation.
  • Éviter un débat politique : Suite aux tensions au sein du comité de démolition, il est essentiel de garder la décision centrée sur la protection du patrimoine et l’intérêt public, loin de toute influence politique.
  • Demande au Conseil de Ville : Rejeter la demande de démolition, imposer aux propriétaires l’entretien nécessaire, et envisager une expropriation si besoin pour préserver ce patrimoine historique.

Le bâtiment des Scies Mercier, situé en plein cœur historique du Vieux-Lévis, a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Bien plus qu’une simple structure en bois, ce bâtiment est un témoin précieux du patrimoine industriel de Lévis. Il fait d’ailleurs partie de l’Inventaire des sites et des bâtiments incontournables du patrimoine industriel du ministère de la Culture, témoignant de son importance patrimoniale. Il représente donc un lien tangible avec notre passé. Situé à un carrefour stratégique, il est le point central d’un panorama exceptionnel avec, en trame de fond, le fleuve Saint-Laurent et l’arrondissement historique du Vieux Québec.


Pourtant, ce joyau patrimonial est à nouveau menacé de démolition. Les propriétaires actuels en sont à leur troisième tentative pour obtenir l’autorisation de le démolir afin d’y construire des condominiums modernes dont ils sont aussi les promoteurs. Depuis des années, ils ont laissé le bâtiment se dégrader en cessant tout entretien, invoquant aujourd’hui sa vétusté pour justifier son remplacement. Un cas classique de propriétaires d’un bâtiment patrimonial qui espèrent tirer avantage de la dégradation intentionnelle du bâtiment pour réaliser un projet immobilier, et cela au détriment d’un héritage collectif.

Ce panorama exceptionnel est menacé par le gabarit exagéré du bâtiment, défigurant le coeur du vieux Lévis.


Heureusement, les lois encadrant le patrimoine bâti au Québec ont évolué précisément pour contrecarrer les abus trop souvent commis par ce genre de propriétaires partout à travers le Québec. En 2021, la loi 69 est venue renforcer les dispositions de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU), en donnant aux municipalités le pouvoir d’agir contre les propriétaires qui laissent volontairement leurs bâtiments patrimoniaux se dégrader.

Ces nouvelles protections confèrent aux villes une autorité accrue pour contrer l’abandon intentionnel et les demandes répétées de démolition, assurant ainsi que l’intérêt collectif et la préservation de notre histoire priment sur des intérêts privés. Dans ce cas précis, bien que le bâtiment ne soit pas officiellement classé sous la Loi sur le patrimoine culturel, il est protégé par la LAU, et les nouvelles dispositions donnent à la Ville de Lévis tout le pouvoir nécessaire pour intervenir.


Il est également important de noter que la Ville a envisagé, dans le passé, d’acquérir ce bâtiment pour en faire un espace public qui tisse un lien entre la Côte des Bûches, projet financé en partenariat avec la Commission de la capitale nationale, et la Terrasse du Chevalier de Lévis. À la surprise générale, le Maire a décidé de jeter aux ordures sa propre idée après que les propriétaires eurent déposé une troisième demande de démolition.


Pourtant, depuis la mise à jour de la LAU, la Ville a tous les outils nécessaires pour exiger des propriétaires qu’ils effectuent les travaux d’entretien nécessaires à la préservation de ce bien historique. En cas de refus de leur part, la Ville peut également recourir à l’expropriation pour garantir la conservation de cet édifice précieux pour le quartier et pour toute la communauté lévisienne.


Enfin, il est crucial que cette question de patrimoine collectif ne fasse pas les frais d’un débat politique. Suite aux divergences d’opinion au sein du comité de démolition et aux échanges virulents qui s’en sont suivi entre les élus, il est essentiel que le débat se recentre sur l’importance de préserver notre héritage.

Suite aux dépôts d’argumentaires des opposants à la démolition, le Conseil de ville sera appelé à renverser la décision du comité de démolition. Cette décision doit être prise dans le respect des valeurs patrimoniales de Lévis, en gardant à l’esprit l’intérêt collectif et les générations futures.

La préservation des Scies Mercier ne doit pas être l’objet de querelles politiques, mais bien une affirmation de notre engagement envers le patrimoine de notre ville. Elle doit aussi suivre la tendance de l’évolution du cadre législatif qui est favorable à la préservation du patrimoine bâti et la primauté des intérêts collectif sur les intérêts privés.


En toute logique, le conseil de Ville devrait renverser la décision du comité de démolition, comme il l’a fait en 2021, pour ensuite utiliser ses nouveaux pouvoirs et imposer aux propriétaires l’entretien nécessaire et ainsi préserver ce bâtiment historique. Si cette voie ne suffit pas, la Ville devrait envisager une expropriation pour garantir la protection de notre bien commun. Par la suite, un processus de consultation citoyenne pourrait orienter un projet de mise en valeur, transformant les Scies Mercier en un point d’ancrage culturel, historique et touristique au bénéfice de toute la communauté lévisienne.

Charles-Olivier Roy
résident de la côte du Passage

J’habite la côte du Passage depuis 15 ans et mes racines familiales sont plongées dans le secteur depuis 5 générations. J’ai un attachement particulier à la préservation et la mise en valeur de mon quartier.

Je considère ce petit coin formé de la côte du Passage, de la rue Napoléon Mercier et la rue Wolfe comme le cœur historique de la Ville de Lévis. Cela est en partie dû au fait que c’est dans le salon de mon bisaïeul, le notaire Léon Roy, à quelques mètres des Scies Mercier, qu’à été signé la charte qui a fondé la Ville de Lévis et qu’à eu lieu son premier conseil municipal. Je ne fait donc pas de l’enflure verbale en qualifiant mon quartier de cœur historique de Lévis, c’est simplement un titre qui lui revient d’office.

Dans le Vieux-Lévis, les maisons  »Cubiques » ou  »American Four-Square »

Maison  »AMERICAN FOUR-SQUARE’

Modèle de  »maison cubique » fabriquée en usine par Sears & Roebock et livrée par wagons-rails dans les états du Nord-Est Américain au début des années 1900

Dans le Vieux-Lévis, une vingtaine de maisons d’architecture << cubique >> construites sur la falaise et le long des rues du ‘‘Vieux-Lévis », auparavant la  »Ville d’Aubigny ». 

32 AVENUE BÉGINMaison du Dr Alfred-Valère Roy

55 Ave. Bégin Maison du Dr Roméo Roy

11 Ave. Bégin

1 RUE BELLEAU

28, rue Marie Rollet

22 rue Wolfe

26 rue Wolfe

Rue Wolfe, 35

22, rue WOLFE

37 rue Wolfe (ci-dessus)

MAISON PIERRE-GEORGES ROY, rue Wolfe (ci-dessous)

Rue Wolfe – Maison d’Etienne Samson, constructeur de navire

79, Rue Wolfe

79, Rue Wolfe

Rue Saint-Félix

  • Les 5 maisons suivantes, RUE FRASER

La maison occupée par Arthur Charrier, éditeur, au milieu du XXe siècle.

6237, rue Fraser – Dans les années 1950-60, la maison de Yvette Michaud et Jacques Roy, fils cadet du Dr A.-Valère Roy et Bella Kiely.

Ainsi qu’une vue partielle d’une maison cubique blanche, jadis la résidence du Dr. Mercier

Plaidoyer de Jean Roy pour sauvegarder la prestigieuse maison Kiely-Roy du 32, ave. Bégin, dans la ville de Lévis.

Le 32 avenue Bégin, à Lévis, était la maison de mes grands parents, Bella Kiely et Alfred-Valère Roy. Ils y ont élevé 8 enfants : Marguerite, Maurice, Paul-Eugène, Madeleine,Roger, Gertrude, Jacques et Louis.

Les membres de cette famille ont contribué activement au développement de la ville de Lévis au cours du 20e siècle. Mon grand-père Alfred était médecin. Il a exercé sa profession à l’Hôtel Dieu de Lévis à compter de 1895, trois ans après la fondation de l’hôpital. Il était connu notamment pour sa préoccupation de l’hygiène et de la santé publique. Il fut aussi élu député du comté de Lévis de 1916 à 1930 puis nommé au conseil législatif jusqu’à sa mort en 1942. Deux de ses frères sont aussi devenus médecins : Roméo a pratiqué la chirurgie à Lévis pendant 50 ans et Azarias à St-Évariste.

J’avais 18 ans quand ma grand-mère Bella est décédée. Née et élevée aux États-Unis, elle tenait absolument à ce que ses filles aient la même éducation et les mêmes opportunités que leurs frères. Elles ont toutes les trois complété leur cours classique. Marguerite est devenue intervenante sociale, Madeleine a étudié en lettres et Gertrude fut la première femme à obtenir une licence puis un doctorat en sciences naturelles à l’Université Laval (biologie, bactériologie). Une rue de Québec porte d’ailleurs son nom. À quand une rue Gertrude-Roy à Lévis?

Trois des fils Roy sont devenus médecins : Maurice, Paul-Eugène et Louis. Paul-Eugène est mort dans la vingtaine mais Maurice et Louis ont fait carrière à Lévis. Roger, a suivi les traces de son père comme député entre 1960 et 1966. Comptable agréé, associé au cabinet Ruel Roy Moreau, il était aussi impliqué dans la Chambre de commerce et le commerce de détail sur la Côte du Passage avec mon père Jacques.

En tout, Bella et Alfred ont eu 21 petits enfants. La plupart ont étudié au Collège et/ou au Couvent de Lévis et plusieurs habitent et travaillent toujours à Lévis.

J’ai évidemment de très beaux souvenirs d’enfance et d’adolescence des jours de l’an en famille dans cette grande maison avec ma grand-mère, mes parents, et toute la famille Roy. Mais il ne s’agit pas ici de faire l’éloge de ma famille mais simplement d’illustrer comment, au-delà de ses caractéristiques architecturales, de la brique et du mortier, une maison peut aussi raconter une histoire humaine, celle de générations d’hommes et de femmes qui l’ont habitée et utilisée pendant plus d’un siècle pour améliorer le milieu dans lequel ils vivaient avec d’autres hommes et d’autres femmes.

C’est cette mémoire, celle de la traversée de tout un siècle qu’il faut préserver, comme d’autres édifices qui ont eu des vocations différentes mais tout aussi importantes. Ces maisons, ces édifices, ne doivent pas survivre comme de simples monuments ou symboles de temps aujourd’hui révolus, mais continuer à vivre en abritant des activités humaines qui contribueront à la vitalité économique, sociale et culturelle de leur milieu.

Au nom de mes sœurs, frères, cousines, cousins, et de toute notre grande famille Roy, je vous remercie.

Jean Roy *

* Fils d’Yvette Michaud et Jacques Roy

Dépot: Audience publique du Comité de démolition de Lévis, le 7 décembre 2023.

Des fossiles découverts à Lévis datant de 600 millions d’année.

L’àge de la terre a été établi par les géologues à 5.4 milliards d’années. Les premières découvertes de squelettes de vertébrés a eu lieu autour de 1850 dans et sur le plateau de la falaise de Lévis-Lauzon par des chercheurs Américains et Canadiens. Ces premiers vertébrés vivaient il y a 600 millions d’années.

Pour en savoir plus –

https://yvesheberthistorienconsultant.wordpress.com/2017/05/04/des-fossiles-decouverts-a-levis