Revue de presse suite à l’appel du couple Riverin-Duquette contre la décision de permettre la démolition de la maison Rodolphe-Audette

Articles de presse publiés récemment après l’audition (11.11.14) par le Conseil  de Lévis de l’appel du couple Riverin-Duquette pour sauver la maison Rodolphe-Audette:

http://www.lepeuplelevis.ca/2014/11/17/la-ville-de-levis-priee-de-sauver-la-maison-rodolphe-audette

http://www.lepeuplelevis.ca/2014/11/14/le-sort-de-la-maison-rodolphe-audette-connu-en-decembre

En 1907, dans la ville de Lévis, Alphonse Desjardins vient d’incorporer une première caisse populaire, tandis que Rodolphe Audette, président de la Banque Nationale, se fait le promoteur du transport collectif et du développement durable.

La Société d’Histoire d’Autobus du Québec, S.H.A.Q./Q.B.H.A. est une société sans but  lucratif. 

Fondée en 2007, la société a pour objectif de rassembler les informations sur les compagnies d’autobus actuelles ou disparues ayant surtout existé au Québec, d’en  promouvoir la publication et d’en favoriser la sauvegarde.

 http://www.histoireautobusquebec.com est le moyen de diffusion privilégié afin de faciliter l’accès aux archives disponibles.

La SHAQ a relevé l’histoire de la   »Levis County Railway » pour les années de 1900 à 1920. CQVL présente ci-dessous les événements principaux pour l’année 1907 au courant de laquelle il apparaît que Rodolphe Audette, alors président de la Banque Nationale, a joué un rôle majeur dans le rétablissement du service par tramway entre la côte Guilmour et Saint-Romuald. L’année précédante, Alphonse Desjardins venait d’incorporer la Caisse populaire de Lévis, aujourd’hui devenue « Desjardins, caisse de Lévis ».

A) Les paragraphes qui suivent sont de Jean Breton, de la Société d’Histoire d’Autobus du Québec.

Source : http://www.histoireautobusquebec.com/index.php?option=com_content&task=view&id=68&Itemid=32

Le 8 juillet 1907, nour apprenons que M. Rodolphe Audette vice-président, annonce que la Compagnie ( de tramways) entend se mettre à l’oeuvre sans délai pour permettre aux voitures de circuler sur le nouveau circuit des rues St-Georges et Guenette dès cet été.

Le 26 juillet 1907, la Ville de Lévis refuse un plan soumis par la Compagnie de tramways pour prolonger le circuit par les côtes Davidson et Du Passage. Ce refus retarde la construction projeté par la rue St-Georges jusqu’à la barrière de Villemay en passant par la rue Guenette.

Le conseil municipal de St-Joseph-de-Lévis a agi autrement et la Compagnie a décidé de prolonger sans délai sa voie jusqu’à la côte Gilmour.

La Compagnie a aussi décidé de placer une voiture qui transportera les voyageurs de l’ascenseur à la rue Eden (Bégin) par le viaduc de la rue Henry.

La Compagnie a toutes ses lisses d’acier achetées et tout ce qu’il faut pour compléter son réseau même jusqu’au Pont de Québec.

Rodolphe Audette, président de la Banque Nationale qui est aussi le vice-président de la Levis County Ry a, comme fidéicommis, entre ses mains, tous les papiers nécessaires pour la nouvelle émission de débentures et de parts aux actionnaires.

Le 29 juillet 1907, la Ville autorise la Compagnie de tramways de faire les travaux d’extension projeté de sa voie sur la rue St-Georges. Pour l’hiver, le coût d’enlèvement de la neige sera pour les deux-tiers à la charge de la Compagnie et pour un tiers à celle de la Ville.

Le 13 août 1907, Le Soleil nous informe que la Compagnie prolonge sa voie jusqu’à la côte Gilmour pour permettre à sa clientèle de profiter de la belle plage qui s’y trouve. Par contre, la Compagnie refuse le prolongement sur la rue St-Georges considérant les conditions imposées par la Ville trop onéreuses.

Le Soleil du 17 août 1907, nous apprend que des gamins ont placé sur le rail, à St-Romuald, une torpille qui a éclaté avec un bruit strident causant une petite panique.

Le Soleil du 22 août 1907: L’influence du tramway se fait déjà sentir à St-Joseph-de-Lévis; les propriétaires, le long de la voie nouvelle, ont déclaré que leurs propriétés ont augmenté de dix pour cent en valeur depuis le début des travaux. Les travaux sont poussés avec célérité sous la direction d’un contremaître habile, M. Paquet. Quelques cent cinquante hommes sont à l’oeuvre, divisés en équipe de vingt.

Le Tramway No 86 de la Levis County Railway que, matin et soir, Rodolphe Audette  empruntait   pour aller et revenir de Québec.
Le Tramway No 83 de la Levis County Railway qu’empruntait Rodolphe Audette, matin et soir,  sur la rue Commerciale (Saint-Laurent) dans le quartier de la Traverse.
Le tramway No 83 de  la Levis County Railway, en service entre le chantier Davie et la Traverse
Le tramway No 83 de la Levis County Railway, en service entre le chantier Davie et la Traverse de Lévis

B) Complément et synthèse par CQVL:

Le 8 décembre 1902 eut lieu l’inauguration par la compagnie Levis County Railway d’un service de tramways entre la gare du Grand-Tronc (Anse Tibbits) et la rue Saint-Louis en passant par les rues Saint-Laurent, Commerciale, Fraser, Saint-Jean, Wolfe, Guenette, Eden (Bégin), et du Passage. En 1904, l’année se termina avec 978 992 voyageurs transportés.

En  janvier 1905, la Levis County Railway éprouva des problèmes à payer le salaire des employés et les comptes d’électricité.. Il manquait 30 000$ pour continuer les opérations. Le 1er avril, la compagnie fut mise sous séquestre judiciaire. En juin, la compagnie fut vendue à de nouveaux investisseurs. Trois syndics réussirent en quelques mois à redresser la situation.  Le 20 janvier 1906, le Soleil annoncait que  »la compagnie fait des affaires d’or sous la direction éclairée de ses nouveaux directeurs. » En fin d’année, la compagnie avait transporté 1,485,877 voyageurs, soit un demi million de plus qu’en 1904. Rodolphe Audette, président de la Banque Nationale, fut celui qui tint la barre pour remettre les tramways  »sur les rails », et enfin, pour assurer la capitalisation de l’entreprise. L’élan qu’il donna alors au service de transport par tramway à Lévis dura quarante ans.

À la fin de la seconde guerre mondiale, la Lévis County Railway commença le remplacement de ses tramways par des autobus.  Le Soleil du 21 novembre 1946 rapporta que la compagnie avait vendu tous ses tramways à Loubier Métal, marchand de vieux fer.

Invitation pour assister à l’appel qui vise à empêcher la démolition de la maison Rodolphe-Audette, mardi le 11 novembre 2014

Faites connaître votre opinion sur Facebook comme les personnes qui sont contre la démolition :      

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L’urbanisme à Lévis dans la partie est de la Traverse, le cas de la maison Rodolphe Audette, et l’opposition d’une jeune personne de la grande famille Bégin

L’histoire d’un premier plan de lotissement résidentiel à Lévis

Lors de l’incorporation de la ville de Lévis, en 1861, il n’y avait pas à proprement parler de plan d’urbanisme comme il y en existe aujourd’hui. Il y avait cependant un plan de lotissement résidentiel, celui que Henry Caldwell, seigneur de Lauzon, avait établi sur les plateaux qui bordent la falaise et lequel plan il avait appelé Ville d’Aubigny. Ce plan datant de 1818 prévoyait le développement de rues à partir de la cime du cap jusqu’à la rue Eden (auj. avenue Bégin).

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Le plan de lotissement de la ville d’Aubigny (1818), reproduit par l’arpenteur Pierre Lambert en 1849

Implantation et intégration au pied de la côte Bégin il y a près de 200 ans

Quant à la bordure fluviale, le plan de lotissement initial datait du début de la Nouvelle France quand l’arpenteur Jean Bourdon avait divisé la superficie de la Seigneurie de Lauzon en lots destinés à des fins agricoles. Dans le secteur de la Traverse, un dessin (lavis et encre) réalisé en 1831 par le cartographe militaire James Pattison Cockburn, permet de constater l’implantation et l’intégration de quelques maisons au pied de la côte Bégin et de la Pointe-des-Pères ( auj. Bienville). L’arrivée d’un traversier au quai de l’anse Bégin est l’élément dynamique du dessin. Une petite maison se distingue dans le lointain, près du fleuve. À l’avant plan, une grande maison, probablement une auberge, un quai vers lequel se dirige un « bac à moulin » (Horseboat). Au sommet de la côte, une maison de 2 étages. Les maisons sont blanchies et éloignées les unes des autres. Les toits sont à double versant. Pour les maisons près du fleuve, la pente est prononcée, pour celle au sommet de la côte, la pente est légère. Aucune maison n’apparaît avoir de volume excessif par rapport à l’ensemble. En résumé, le tableau réflète une implantation harmonieuse des maisons et une intégration avec une falaise qui continue à dominer les environs.

L'arrivée du bac à Pointe-Lévy, James Pattison Cockburn, 1831
L’arrivée du bac à Pointe de Lévy, James Pattison Cockburn, 1831

Implantation et intégration immobilière au pied de la côte Bégin suite au plan d’urbanisme de Lévis de 1992.

 À 300 mètres à l’ouest du pied de la côte Bégin se trouve Homestead, la maison du constructeur de navires Allison Davie, érigée en 1832, et contemporaine des maisons illustrés dans l’œuvre de Pattison Cockburn.

En 1990, les gouvernements supérieurs, fédéral et provincial, avaient accordé à la ville de Lévis des subventions totalisant 900 000 $ pour acquérir la maison Homestead et le Chantier A.C. Davie. A la même époque, le gouvernement du Canada a reconnu cette maison et le chantier maritime comme  » Lieu historique national canadien du chantier maritime A.C. Davie« .

En 1993, la ville de Lévis a consulté la population à propos d’un nouveau Règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturales (PIIA). Des citoyens étaient intervenus afin de faire valoir toute l’importance de protéger les environs du site patrimonial Davie (voir Google : « Spot zoning (zonage parcellaire) à la Traverse de Lévis en 1993 » OU   http://yvanm.eklablog.com/spot-zoning-zonage-parcellaire-a-la-traverse-de-levis-en-1993-la-regle-a104023776 ).

Les photos qui suivent montrent Homestead et les constructions récentes à l’est de la maison Homestead. La volonté de la ville de Lévis a-t-elle été de rechercher la protection et la mise en valeur d’un site historique national lorsque qu’un promoteur s’est présenté pour faire approuver le plan d’implantation et d’intégration architecturale qui cristallisait son projet ? Est-ce que la ville n’a tout simplement pas balancé les objectifs et les critères du Règlement sur les PIIA pour satisfaire l’appétit des promoteurs et des prêteurs immobiliers ? La ville a-t-elle considéré l’alignement des toits, la différence de volumétrie entre les constructions projetées et la maison Homestead? La ville a-t-elle porté une attention à la partie de la falaise qui va en diminuant vers l’est dans cette partie du secteur de la Traverse?

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La maison Homestead et les constructions nouvelles au pied de la côte Bégin
La maison Homestead et le chantier maritime fondé par Allison Davie
La maison Homestead et le chantier maritime fondé par Allison Davie
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La maison Rodolphe-Audette. dernière maison au sommet de la côte Bégin, précédée par deux méga-maisons (McMansions) contemporaines

Alignement des toits et volumétrie

Le 19 octobre  2014 , la Société d’histoire régionale de Lévis recevait M. Claude Martel, conférencier. L’expert en urbanisme est venu répondre aux attentes de ceux qui, sensibles à la protection de notre patrimoine bâti, voulaient en savoir plus long sur les divers modes réglementaires de protection et de promotion. Pour illustrer ses propos, M. Martel a fait voir plusieurs photos  de l’Île-aux-Moulins, classé site historique québécois en 1973 et situé en plein cœur du Vieux-Terrebonne. M. Martel a insisté sur l’importance de respecter l’alignement des toits et la volumétrie lors du processus d’implantation et d’intégration de nouvelles constructions dans un environnement tel celui du site historique de l’Île-aux-Moulins. Depuis 1993, Lévis avait pourtant un règlement sur les PIIA comportant des critères et des objectifs spécifiques. Comment expliquer que les résultats puissent être aussi différents entre l’environnement du site historique de Terrebonne et celui du site national Homestead à Lévis?

La Réponse (mise à jour du 5 mai 2017) :

– En 1993, le conseiller Gilles Lehouiller a piloté le processus d’adoption du règlement sur les Plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA). Le 19 octobre 2014, M. Lehouiller, maire de Lévis depuis octobre précédent, fut celui qui remercia le conférencier Martel. Dans son allocution, le maire Lehouiller s’est bien privé de mentionner le fait que c’était lui qui avait cautionné en 1993 la réglementation qui allait dévaluer considérablement le cadre patrimonial et le potentiel du site historique national A.C. Davie.

 Info-choc dans Le Soleil du 20 avril 2004 : En 1994, Denis Guay, le président du CA de la Caisse populaire de Lévis quitte la fonction qu’il occupe depuis 1991 pour celle de maire de Lévis (1994 à 1998) .   http://fr.misc.transport.rail.narkive.com/9WKx4Or8

Le haut de la côte Bégin et une opposition à la décision de démolir la maison Rodolphe-Audette

Une jeune personne membre de la grande famille des Bégin s’oppose présentement à la décision du comité de démolition de Lévis qui a autorisé la démolition de la Maison Rodolphe-Audette. Valérie Bégin-Riverin a porté la décision en appel devant le conseil de ville qui décidera de la question lors d’une assemblée spéciale le mardi, 11 novembre prochain. Depuis deux ans, Mme Bégin-Riverin entrepris avec son conjoint la rénovation de la maison que son ancêtre Philias Bégin avait fait construire pour son fils Adjutor Bégin, l’arrière-grand-père de Mme Bégin-Riverin. Philias Bégin était le frère du Cardinal Louis-Nazaire Bégin (1840-1925).

En façade, maison ancestrale Bégin, rue Montcalm
En façade, maison ancestrale Bégin, rue Montcalm
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La maison ancestrale Bégin, avec vue arrière sur la maison Rodolphe-Audette

Mme Bégin-Riverin entend démontrer au Conseil de ville que la décision du comité de démolition a été fondée et rendue à partir de la lecture de rapports sommaires, vagues et incomplets. Étant donné que la maison Rodolphe-Audette est reconnue posséder une  haute valeur patrimoniale, le comité aurait du constater que le demandeur avait déposé  des rapports d’expertise ne répondant pas aux exigeances que s’imposent les experts professionnels en matière d’évaluation d’équipements et de bâtiments.  En conséquence, Mme Bégin-Riverin invitera le Conseil de ville à déclarer que le Comité de démolition s’est trompé et que les élus doivent rendre la décision qui aurait dû être prise par le comité, soit de refuser la demande.

Par Yvan-M. Roy

Audition devant le Conseil de ville de Lévis de l’appel inscrit par Valérie Bégin-Riverin et Dominique Duquette concernant la décision de démolir la maison Rodolphe-Audette, côte Bégin, dans le Vieux-Lévis

Invitation :

Lieu : Hôtel de ville de Lévis

2175, chemin du Fleuve

Saint-Romuald,   G6W 7W9

Date : Mardi, le 11 novembre 2014

Heure : 18h30