Églises, chapelles et clochers pittoresques du Vieux-Lévis, jadis ville d’Aubigny

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Des commentaires contre les démolitions plutôt imposants

Le 22 décembre 2011
Le Peuple, Natacha Gilbert
Des commentaires contre les démolitions plutôt imposants
(Bâche de 20 pieds par 40 pieds sur le 27-33 Côte du Passage)

Deux décisions courageuses et bien motivées concernant les bâtiments 32-34 et 36-38-40, Côte du Passage

Le comité de démolition de Lévis a rendu hier soir deux décisions importantes concernant le sort des immeubles patrimoniaux suivants: le 32/34, Côte du Passage, ancienne maison du photographe Anselme-Romuald Roy (1882) et le 36-38-40, Côte du Passage, ancienne maison de l’éditeur Michel Poitras (1874-75).

Les demandes en démolitions ont été rejetées unanimement parce que le comité a trouvé que les structures étaient solides et à cause de la grande importance patrimoniale des bâtiments. Il s’agit de deux causes justes remportées par notre comité et de décisions courageuses de la part du Comité de démolition de la Ville de Lévis, sous la présidence du conseiller de l’arrondissement Desjardins, monsieur Simon Théberge.

Le comité renverse ainsi la tendance depuis plusieurs décennies consistant à dérouler le tapis rouge devant les demandes formulées par les promoteurs immobiliers intéressés par le Vieux-Lévis.

Vos interventions, chers sympathisants, ont apporté un solide appui au Comité de quartier du Vieux-Lévis dans son combat pour la sauvegarde de ces bâtiments. Nous vous en remercions chaleureusement.

Nous vous tiendrons au courant de la suite des événements concernant le dernier bâtiment, celui situé au 35/37 (maison Davies-Ramsay-1830, souvent surnommée « la Maison rouge »). Deux appels ont été logés contre la décision du 15 novembre dernier. Le conseil décidera en janvier quand aura lieu audience pour décider de la question.

Nous serons vigilants et reprendrons plus activement nos travaux dès le début de 2012, car si nous avons gagné ces causes, nos objectifs principaux pour la sauvegarde et la mise en valeur du Vieux-Lévis demeurent devant nous. Nous ne les perdons pas de vue.

C’est donc avec une certaine quiétude d’esprit que les membres du CQVL unissent  leurs voix pour souhaiter à tous et à toutes un joyeux temps des Fêtes, et que le repos bien mérité qui s’annonce soit pour chacun et chacune l’occasion de refaire ses forces et de réfléchir à l’avenir.

Cordialement,
Le Comité de quartier du Vieux-Lévis

On s’affiche !

Voici le détail des commentaires présents sur l’affiche :

« Québec et Lévis liées par ce fleuve majestueux seront toujours deux soeurs nées de la même histoire »

« Grandir, c’est avoir des racines, les connaître et les respecter »

 « Comment penser démolir un tel  patrimoine ? »

« J’espère sincèrement que le bon sens triomphera enfin  parce qu’une ville sans histoire est une ville sans avenir »

« Je suis fière d’y habiter et souvent je m’arrête à penser à toutes ces générations qui ont vécu dans ces murs »
 
« Vieux-Lévis: arrondissement historique  CQVL.ORG »

« Nous sommes la ville, nous y avons droit de cité »

« Pensez-y bien avant de vendre le Vieux-Lévis, c’est l’âme du quartier qui va mourir »

« La coopération: le chemin d’un avenir sain et prospère »

LÉVIS : FONCTIONNEMENT INQUIÉTANT À LA MAIRIE

Malgré la soi disant bonne performance de la ville de Lévis selon des évaluations externes, des événements inquiétants s’accumulent dans certains districts semant des tragédies humaines et donnant lieu à des combats inégaux. Des citoyens sont évincés sauvagement de leurs domiciles suite à la négligence de propriétaires et à l’imprévoyance de la ville, d’autres se débattent contre la ville pour protéger les espaces verts, la qualité de vie, le patrimoine bâti, et pour se défendre de l’incroyable complaisance de la ville qui veut avoir toujours plus (d’argent, d’investisseurs, de visibilité, d’éloges) aux dépends de ses citoyens.

À Saint-Jean Chrysostome, c’est tout un quartier résidentiel nouvellement construit qui s’est enfoncé dans le sol, engloutissant le rêve et les économies de gens, de familles, qui ont beaucoup souffert. A Roc Pointe, ce sont des centaines de personnes qui ont dû se battre bec et ongles pour préserver les espaces verts (boisés) et leur qualité de vie. Présentement, les médias font état des recherches effectuées par « Lévis Autrement » et qui tendent à démontrer une utilisation inappropriée de fonds publics municipaux par le parti à la mairie, Lévis Force 10.

Il y a aussi le dossier des démolitions de maisons ancestrales au cœur du Vieux-Lévis dans la côte du Passage, pour lequel la ville a dû tenir trois comités de démolition devant une opposition citoyenne bien structurée. Au terme de l’audition concernant le plus ancien des bâtiments (1830), et malgré l’opposition soutenue des citoyens et de plusieurs regroupements et organismes du milieu, le président du comité de démolition a affirmé n’avoir retenu aucun des arguments apportés pendant un an et demi par tous ces gens. Il a également ignoré son obligation de motiver le rejet de ces arguments formulés par les citoyens dans leur opposition.

La ville affirme avoir les outils nécessaires pour protéger le patrimoine. Le conseiller Simon Théberge,  président du comité de démolition, avait annoncé  en juin 2011 un PPU (Plan particulier d’urbanisme) supposément destiné à protéger les bâtiments du Vieux-Lévis. Ce PPU n’a jamais vu le jour. Il a ensuite cautionné, le 15 novembre 2011, la démolition du premier des quatre bâtiments visés. Du coup, cette décision anéantit toute possibilité que le quartier obtienne la reconnaissance, par le ministère des Affaires Culturelles, du statut d’arrondissement historique, démarche en cours par le ministère avec les fonctionnaires de la ville depuis 2006 et bloquée récemment par un véto intempestif de l’administration Roy-Marinelli. Aujourd’hui, au terme de cette étude, Mme la mairesse rejette du revers de la main cette reconnaissance et rabroue ses fonctionnaires et son directeur des communications à cet effet.

La mairesse refuse donc cet immense honneur et assassine le cœur même du quartier Vieux-Lévis sur la base d’évaluations incomplètes et ce, l’année même où l’on célèbre les 375 ans d’histoire de notre ville! Pourquoi cette décision de démolition ? Pour amadouer un promoteur avec qui elle est en litige ? Les promoteurs peuvent aujourd’hui avoir des projets démesurés de construction de condos de luxe à forte densité, en rupture avec les dimensions et le caractère des vieux quartiers à saveur historique et ce, tout en respectant les règlements incongrus de la ville ! Le Vieux-Lévis est ciblé dans son cœur même mais sur tout le territoire, des citoyens  floués crient au secours car des murs de condos s’élèvent devant leurs fenêtres dans une démesure et un irrespect insoutenables. C’est un fléau qui se répand dans tous les quartiers « intéressants », les banlieues, les lieux de villégiature ; des promoteurs insouciants du patrimoine et des élus cautionnent ces projets dévastateurs, réservés à une élite qui agit à grand coup de bulldozer pour raser le patrimoine, notre héritage collectif.

Le plus farfelu est que la ville annonce, après avoir prétendu être la protectrice du patrimoine et après avoir ordonné la démolition, qu’elle présentera bientôt (février 2012) des outils pour la protection et la gestion du dit patrimoine. Paradoxalement la ville refuse le moratoire demandé par les regroupements et les citoyens le 7 novembre dernier. Cette annonce est d’autant plus inquiétante que la ville, dans ses projets de réglementation, démontre qu’elle favorise la densification, la dénaturation et la démesure dans le Vieux-Lévis, particulièrement dans sa plus ancienne artère, la côte du Passage.

Transparence ? Démocratie ? Ouverture ? La ville ose maintenir ce langage (direction du patrimoine le 8 décembre dernier).

À Lévis, malgré les discours soporifiques et déloyaux qui se voudraient rassurants, c’est en vase clos que fonctionne l’administration,  main dans la main avec les  promoteurs immobiliers, aux dépends des citoyens, aux dépends de la culture, du patrimoine, de l’équilibre, de la beauté, de l’histoire et du gros bon sens. M. Alphonse Desjardins voulait mettre les valeurs humaines au-dessus des valeurs matérielles et protéger les citoyens ordinaires de l’exploitation. Nous voici rendus aux antipodes des valeurs fondatrices de notre milieu de vie.

Eric Fortier et Jean-Marie Doré
Citoyens du Vieux-Lévis
Membres actifs du Comité de Quartier du Vieux-Lévis