LÉVIS : FONCTIONNEMENT INQUIÉTANT À LA MAIRIE

Malgré la soi disant bonne performance de la ville de Lévis selon des évaluations externes, des événements inquiétants s’accumulent dans certains districts semant des tragédies humaines et donnant lieu à des combats inégaux. Des citoyens sont évincés sauvagement de leurs domiciles suite à la négligence de propriétaires et à l’imprévoyance de la ville, d’autres se débattent contre la ville pour protéger les espaces verts, la qualité de vie, le patrimoine bâti, et pour se défendre de l’incroyable complaisance de la ville qui veut avoir toujours plus (d’argent, d’investisseurs, de visibilité, d’éloges) aux dépends de ses citoyens.

À Saint-Jean Chrysostome, c’est tout un quartier résidentiel nouvellement construit qui s’est enfoncé dans le sol, engloutissant le rêve et les économies de gens, de familles, qui ont beaucoup souffert. A Roc Pointe, ce sont des centaines de personnes qui ont dû se battre bec et ongles pour préserver les espaces verts (boisés) et leur qualité de vie. Présentement, les médias font état des recherches effectuées par « Lévis Autrement » et qui tendent à démontrer une utilisation inappropriée de fonds publics municipaux par le parti à la mairie, Lévis Force 10.

Il y a aussi le dossier des démolitions de maisons ancestrales au cœur du Vieux-Lévis dans la côte du Passage, pour lequel la ville a dû tenir trois comités de démolition devant une opposition citoyenne bien structurée. Au terme de l’audition concernant le plus ancien des bâtiments (1830), et malgré l’opposition soutenue des citoyens et de plusieurs regroupements et organismes du milieu, le président du comité de démolition a affirmé n’avoir retenu aucun des arguments apportés pendant un an et demi par tous ces gens. Il a également ignoré son obligation de motiver le rejet de ces arguments formulés par les citoyens dans leur opposition.

La ville affirme avoir les outils nécessaires pour protéger le patrimoine. Le conseiller Simon Théberge,  président du comité de démolition, avait annoncé  en juin 2011 un PPU (Plan particulier d’urbanisme) supposément destiné à protéger les bâtiments du Vieux-Lévis. Ce PPU n’a jamais vu le jour. Il a ensuite cautionné, le 15 novembre 2011, la démolition du premier des quatre bâtiments visés. Du coup, cette décision anéantit toute possibilité que le quartier obtienne la reconnaissance, par le ministère des Affaires Culturelles, du statut d’arrondissement historique, démarche en cours par le ministère avec les fonctionnaires de la ville depuis 2006 et bloquée récemment par un véto intempestif de l’administration Roy-Marinelli. Aujourd’hui, au terme de cette étude, Mme la mairesse rejette du revers de la main cette reconnaissance et rabroue ses fonctionnaires et son directeur des communications à cet effet.

La mairesse refuse donc cet immense honneur et assassine le cœur même du quartier Vieux-Lévis sur la base d’évaluations incomplètes et ce, l’année même où l’on célèbre les 375 ans d’histoire de notre ville! Pourquoi cette décision de démolition ? Pour amadouer un promoteur avec qui elle est en litige ? Les promoteurs peuvent aujourd’hui avoir des projets démesurés de construction de condos de luxe à forte densité, en rupture avec les dimensions et le caractère des vieux quartiers à saveur historique et ce, tout en respectant les règlements incongrus de la ville ! Le Vieux-Lévis est ciblé dans son cœur même mais sur tout le territoire, des citoyens  floués crient au secours car des murs de condos s’élèvent devant leurs fenêtres dans une démesure et un irrespect insoutenables. C’est un fléau qui se répand dans tous les quartiers « intéressants », les banlieues, les lieux de villégiature ; des promoteurs insouciants du patrimoine et des élus cautionnent ces projets dévastateurs, réservés à une élite qui agit à grand coup de bulldozer pour raser le patrimoine, notre héritage collectif.

Le plus farfelu est que la ville annonce, après avoir prétendu être la protectrice du patrimoine et après avoir ordonné la démolition, qu’elle présentera bientôt (février 2012) des outils pour la protection et la gestion du dit patrimoine. Paradoxalement la ville refuse le moratoire demandé par les regroupements et les citoyens le 7 novembre dernier. Cette annonce est d’autant plus inquiétante que la ville, dans ses projets de réglementation, démontre qu’elle favorise la densification, la dénaturation et la démesure dans le Vieux-Lévis, particulièrement dans sa plus ancienne artère, la côte du Passage.

Transparence ? Démocratie ? Ouverture ? La ville ose maintenir ce langage (direction du patrimoine le 8 décembre dernier).

À Lévis, malgré les discours soporifiques et déloyaux qui se voudraient rassurants, c’est en vase clos que fonctionne l’administration,  main dans la main avec les  promoteurs immobiliers, aux dépends des citoyens, aux dépends de la culture, du patrimoine, de l’équilibre, de la beauté, de l’histoire et du gros bon sens. M. Alphonse Desjardins voulait mettre les valeurs humaines au-dessus des valeurs matérielles et protéger les citoyens ordinaires de l’exploitation. Nous voici rendus aux antipodes des valeurs fondatrices de notre milieu de vie.

Eric Fortier et Jean-Marie Doré
Citoyens du Vieux-Lévis
Membres actifs du Comité de Quartier du Vieux-Lévis

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