Le Comité de démolition rendra sa décision dans deux mois

Le 26 octobre 2011
Journal le Peuple Pierre Duquet
Le Comité de démolition rendra sa décision dans deux mois

À l’attention de M. Simon Théberge, conseiller municipal, Lévis

Bonjour monsieur Théberge,
 
Par la présente, je veux vous signifier mon appui au Comité de quartier du Vieux-Lévis qui travaille très fort à faire en sorte qu’il y aie un moratoire sur les développements immobiliers tant que le statut de quartier historique ne sera pas accordé officiellement à notre quartier.
 
Et j’espère aussi que vous continuerez à oeuvrer pour la sauvegarde des bâtiments visés par des demandes de démolition dans la Côte du Passage.
 
En vous remerciant pour continuer votre travail de mise en valeur de notre quartier et de protection nécessaire en ce qui à trait à notre patrimoine bâti, et tout particulièrement le secteur de la Côte du Passage.
 
Bien à vous,
S.A. Samson.
Lévis.

Entrevue à Canal Vox avec un des membres du CQVL

Le vendredi 21 octobre 2011 à l’émission Mise à jour présentée au Canal Vox à 18h30 et en rediffusion à 22h00 (d’autres rediffusions suivront dans les prochains jours). Il y avait une entrevue avec un des membres du CQVL, Jean-Marie Doré et M. Claude Genest, président de la Société d’histoire régionale de Lévis.

Voici l’occasion de mieux comprendre les enjeux qui préoccupent le CQVL et de remettre dans une plus juste perspective les menaces de démolition qui pèsent sur 4 bâtiments dans la Côte du Passage.

La maison du photographe Anselme-Romuald Roy

Résumé de la déposition d’Yvan-M. Roy faite devant le Comité de démolition de Lévis le 18 octobre 2011.

Anselme-Romuald Roy, artiste photographe, est celui à qui l’on doit l’initiative d’avoir choisi l’entrepreneur Napoléon Lavoie pour la construction de l’édifice qui se trouve au 32-34, de la côte du Passage, à Lévis. De cet entrepreneur, l’historien Pierre-Georges Roy a raconté ceci : « Napoléon Lavoie fut en son temps le meilleur ou tout au moins le plus en vogue des entrepreneurs en construction de Lévis… Il m’est impossible de donner la liste des constructions faires par M. Lavoie, mais je sais que la menuiserie de la plupart des bâtiments du Collège, du Couvent et de l’Hospice fut confiée à cet entrepreneur. Quant aux maisons d’habitation construites par lui, plusieurs existent encore et braveront de longues années à venir les intempéries des saisons… En 1884, c’est M. Lavoie qui avait construit pour la ville la Halle Notre-Dame, rue Saint-Louis (auj. le CLSC)».

Au dossier que M. Roy a déposé au comité de démolition, il a joint une photographie (24 septembre 1884) de la famille de Pierre-Georges Roy, alors âgé de 14 ans, en précisant que pendant les cinquante ans d’exercice du photographe, des centaines, sinon des milliers de familles de Lévis et des campagnes environnantes se sont fait « tirer leur portrait » dans l’atelier d’Anselme-Romuald Roy, celui qui fut sur la rive-droite du Saint-Laurent l’équivalent du célèbre Jules Livernois de la ville de Québec.

M. Roy a également versé au dossier des extraits du marché de construction (11 août 1882) dans lequel il est écrit que les fondations « seront parties sur le roc et auront deux pieds d’épaisseur, le comble « sera français », il sera fait « deux vitraux doubles » pour le magasin, et que « l’on devra faire tous les vitraux nécessaires pour un atelier de photographe ». Il a insisté sur le fait que « le bâtiment a un caractère architectural spécial qui vient renforcer le caractère patrimonial du Vieux-Lévis… [et]…il est pour Lévis l’équivalent de la maison Livernois, à Québec », ce qui devrait être suffisant pour lui mériter une reconnaissance historique.

Enfin, petit détail pour l’histoire de l’épargne et du crédit ouvrier dans ce Lévis nouveau, ville de la coopération, M. Roy a mentionné que la construction avait été financée par la Société de construction permanente de Lévis, une petite mutuelle fondée en 1869 par le notaire Léon Roy, père des historiens Joseph-Edmond et Pierre-Georges Roy.

Nulle part dans l’histoire officielle du Mouvement Desjardins ne se trouve l’information qu’Alphonse Desjardins avait été, de 1889 à 1894,  actionnaire et membre du conseil d’administration de la Société  de construction permanente de Lévis .

Pourquoi un moratoire et une demande de reconnaissance de quartier historique ?

Compte tenu des répercussions importantes et définitives qu’auraient une ou des démolitions de bâtiments ancestraux dans la côte du Passage pour l’ensemble du Vieux-Lévis en tant que quartier historique, nous demandons un moratoire à toute démolition dans le secteur.

Ce  délai devrait permettre à l’administration Roy-Marinelli de mettre en place des mesures de protection pour ces bâtiments et de se doter des outils nécessaires pour y arriver.

Devant les promesses non tenues, les allures de compromis avec les promoteurs, la pauvreté des critères pour le développement, le laisser-aller face à la négligence de certains propriétaires, le traitement des dossiers à la pièce, les propos ambigus et le manque de transparence depuis le début dans ce dossier, nous demandons formellement à la ville d’appuyer la demande de reconnaissance d’arrondissement historique pour le Vieux-Lévis qui a été déposée au ministère des affaires culturelles et qui est maintenant prête.

Compte-tenu de la priorité économique désormais accordée à toutes choses, la tentation est de ne se préoccuper que de rentabilité à court terme en sacrifiant le plus important, notre histoire, notre identité, notre qualité de vie, en fait, ce qui contribue à notre santé et à notre équilibre comme individu, comme quartier et comme société.

La ville de Lévis a la chance inouïe de posséder une infrastructure patrimoniale unique et particulièrement riche et diversifiée. Puisse-t-elle s’en faire la protectrice, tel que l’a affirmé publiquement, M. Théberge, il y a de ça quelques jours à peine.

Rose-Lise Lamontagne