Le patrimoine en concours à Lévis

Pour la 5e année consécutive, la ville de Lévis participe à l’événement « Les prix du patrimoine » visant à « récompenser les projets qui contribuent à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine lévisien ».

Le CQVL tient à saluer les lauréats de l’an dernier en attendant  de connaître ceux qui seront révélés demain le 25 avril:

Conservation et préservation : M. Éric Martineau
Interprétation et diffusion : La Société d’histoire régionale de Lévis
Porteur de tradition : M. Fernand Gingras
Prix Coup de cœur : Mme Huguette Gagnon

Malgré l’adhésion de la ville de Lévis aux « Prix du patrimoine », le Comité de Quartier du Vieux-Lévis ne peut cependant que constater le hiatus quant aux vraies questions concernant la protection du patrimoine: ces prix du patrimoine soulignent d’heureuses initiatives individuelles, il en faut, mais qu’en est-il des initiatives de la ville elle-même?

Un tel concours nous apparaît bien honorable et stimulant pour les propriétaires ayant entretenu et amélioré leur propriété. Ces initiatives individuelles contribuent à la beauté et au charme de notre ville. Chercher à préserver et améliorer notre patrimoine individuel est un plus pour l’ensemble des citoyens d’une ville.

Cependant, l’absence de politiques sérieuses concernant les vrais problèmes liés au patrimoine lévisien, le nouveau plan d’urbanisme adopté l’année dernière qui ouvre toute grande la porte aux démolitions et aux promoteurs et les nouveaux règlements qui autorisent entre autres aberrations des marges de recul à zéro dans les vieux quartiers, sont autant d’indications que le patrimoine lévisien n’est aucunement une priorité pour la plupart des élus municipaux qui, au contraire, favorisent un « développement » lucratif et anarchique sans égard à l’ensemble. Le refus de la ville de Lévis de préserver l’intégrité de la côte du Passage et son rejet du statut d’arrondissement historique que le ministère était prêt à reconnaître à une partie du Vieux-Lévis ont été les révélateurs des véritables intentions de l’administration Marinelli.

C’est dans ce contexte et sous cet angle que la tenue d’un concours des prix du patrimoine nous apparaît faux venant de l’actuel conseil de ville. C’est de la poudre aux yeux pour les citoyens agissant de bonne foi et une façon pour les élus de se donner bonne conscience tout en continuant le véritable saccage du patrimoine collectif pour satisfaire des intérêts individuels, politiques ou corporatifs qui n’ont montré jusqu’ici aucun véritable attachement à notre patrimoine.

L’îlot St-Louis parle de lui-même, et d’autres semblables émergent qui ne peuvent échapper à des regards étonnés; ils ne sont certainement pas nés dans l’esprit du respect du patrimoine environnant. Le CQVL, bien que reconnaissant les heureuses initiatives et la persévérance de nombreux concitoyens, se fait un devoir rappeler à l’attention générale que la ville, malgré son adhésion aux « Prix du patrimoine », manque toujours à ses propres responsabilités quant à la protection et la valorisation de ses vieux quartiers.

Rose-Lise Lamontagne et Eric Fortier, pour le CQVL

Coup d’oeil sur l’Anse-Tibbits, rue Saint-Laurent

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À l’Anse-Tibbits, rue Saint-Laurent, une falaise des plus pittoresques, 19 bâtiments patrimoniaux exceptionnels et la progression des constructions contemporaines dans un milieu réglementé par un PIIA

L’ancien hôtel Victoria, parent pauvre et négligé des plus prestigieux bâtiments de la capitale nationale

L’ancien hôtel Victoria, le poste de police et d’incendie du Grand-Tronc (1868), rue Saint-Laurent, dans le Vieux-Lévis.

Hôtel Victoria Photo Yvan-M. Roy

Le domaine Cataraqui, du chemin Saint-Louis, à Québec (1850)

domaine Cataraqui Source : Le Soleil, Erick Labbé

L’église Anglicane, de la rue Wolfe, à Lévis (1847)

Anglicane Photo : Yvan-M. Roy

Quel est donc ce lien de parenté qui unit l’hôtel Victoria, l’Anglicane et Cataraqui?

Réponse : C’est l’architecte Edward Staveley (1795-1872), celui qui a signé les plans et devis de Cataraqui , de l’Anglicane et de l’hôtel Victoria. Staveley a tracé les plans de 200 bâtiments de la région, notamment ceux de l’Institut canadien, rue Saint-Stanislas, du magasin Holt Renfrew, rue Buade, de la Banque de Québec, rue Saint-Pierre. De 1845 à 1960,  les architectes Staveley ont fourni une contribution majeure à l’architecture de notre région.


Description de l’hôtel Victoria le 18 mai 1868, dans le Progrès de Lévis

« L’automne dernier, un vaste incendie détruisit la plus riche partie du quartier Saint-Laurent. Le magnifique hôtel Victoria et les riches bâtisses environnantes ne formaient plus qu’un morceau de cendres et de ruines. L’hôtel Victoria, la plus belle bâtisse détruite, a été rebâti avec de plus grandes proportions, plus d’élégance et plus de confort. La nouvelle maison a pour ainsi dire surgi sur les décombres de l’ancienne. L’extérieur de la bâtisse est magnifique, il est construit en briques blanches. Au deuxième étage, une galerie a été faite sur toute la longueur de la bâtisse. Du haut de cette galerie, on a un magnifique coup d’œil sur le fleuve. » (Dates Lévisiennes, P.-G. Roy).

L'hôtel Victoria dans toute sa splendeur
L’hôtel Victoria dans toute sa splendeur

Video:      Paul Leblanc                           https://vimeo.com/314159230

 

Par Yvan-M. Roy, le 7 février 2013.

NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS – (SUITE) Le Couvent de Lévis (1858), un riche élément du patrimoine fortement menacé

Le 15 octobre dernier, CQVL publiait la photo du Couvent de Lévis accompagnée du texte qui suit :

Couvent de Lévis
« Depuis des années, la ville de Lévis tolère, sur le terrain voisin du couvent, le stationnement d’imposants véhicules commerciaux qui attaquent le rayonnement du magnifique bâtiment ».

Puis le 15 décembre suivant, CQVL s’est rendu sur les lieux. La situation qui prévalait depuis des années n’était plus la même, comme le laisse voir la photo qui suit :

Couvent Lévis 2
HIP ! HIP ! HIP !….HOURRA….La remorque commerciale a été transportée derrière La Maison des Scouts. Le Couvent rayonne à nouveau dans toute sa beauté…Vive la rue Déziel…

CQVL monte la garde

Lévis et la mise en valeur des quartiers anciens

Opinion publiée dans le Journal de Lévis du 19 décembre 2012 en p. 42.

Dans le Journal de Lévis (4.12.12), M. le conseiller Simon Théberge a déclaré que les commerçants ne reviendront pas dans le secteur de la Traverse sans investissements dans les infrastructures. La réaction faisait suite à rencontre citoyenne tenue par un candidat adverse où un participant avait dénoncé l’absence de « ligne directrice » pour ce quartier historique.

Il y a 50 ans, Québec entreprit la rénovation du quartier Petit-Champlain autour de l’idée de reconstruire l’ancienne Place Royale. En 1991, Lévis consulta la population à l’occasion du premier plan d’urbanisme. Un intervenant proposa la reconstruction de la Traverse comme c’était à l’époque d’Alphonse Desjardins (1854-1920). Depuis on ne sait pas quelle sera l’image de marque de la Traverse quand le tout sera complété. On connaît ce qui s’est fait et ce qui ne s’est pas fait depuis. Une note de passage jusqu’ici.

Un plan d’urbanisme vient établir des zones et proposer des lignes directrices pour l’ensemble du territoire. Lorsqu’il y des situations particulières, comme dans des quartiers anciens, les grandes villes du Québec ont adopté des programmes particuliers d’urbanisme (PPU). De Montréal à Saguenay, nos grandes villes ont voulu de tels PPU pour à la fois protéger les quartiers anciens et rentabiliser les investissements. Avec une population de 140 000 personnes (8e rang), Lévis refuse obstinément d’établir quelque PPU pour aucun de ses quartiers anciens. Pourquoi? C’est à n’y rien comprendre.

M. Théberge d’ajouter qu’il ne « …comprend pas non plus la critique d’un citoyen qui estimait que le développement à Lévis se faisait pour l’avantage d’individus au détriment de la collectivité ». Je suis ce citoyen. Je vois dans le Plan d’urbanisme ce nouveau règlement par lequel « Le conseil de la Ville est habilité à autoriser, sur demande et à certaines conditions, un projet particulier de construction (PPC), de modification ou d’occupation d’un immeuble qui déroge à l’un ou l’autre des règlements prévus au chapitre IV de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et en vigueur sur le territoire de la Ville de Lévis. »  (RV-2011-11-24)

Lévis rejette donc les programmes particuliers d’urbanisme (PPU) et favorise les projets particuliers de construction (PPC), soutenant d’avoir les outils suffisants. Ce n’est pas la ligne d’action retenue par les grandes villes du Québec. Nous voilà ici dans le régime du cas par cas, de l’intérêt individuel aux dépens de l’intérêt commun. Nos quartiers anciens plusieurs fois centenaires vont y passer l’un après l’autre.

Yvan-M. Roy, Lévis