Il faut sauver la maison Rodolphe-Audette

Ce dimanche, 22 janvier

 

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L’historien Michel Lessard sur le sort de la maison Audette, « quel triste manque de fierté et de culture ».

 

Il est incroyable que la maison Audette de Lévis subisse le sort qu’on lui réserve aujourd’hui, à la veille de 2017, soit de la jeter au sol et de la faire disparaître de notre mémoire héritée. Cet opulent bâtiment qui trône fièrement sur la falaise de Lévis depuis plus d’un siècle avec une vue imprenable sur la capitale possède toutes les caractéristiques pour en faire un monument historique national. Construit solide et ostentatoire par un personnage majeur de notre passé économique régional et national, élevé sur un site imprenable, typique d’un style éclectique proto-moderne teinté par le néo-classicisme, tout militait pour sa conservation. Vandalisé, négligé par ses propriétaires indifférents et sans culture, devenu indifférent aux élus municipaux de Lévis, son état actuel après son abandon aux quatre vents est un tache indélébile aux politiques de conservation du patrimoine municipal.

La maison Audette, en instance de démolition, avril 2014
La maison Rodolphe-Audette possède toutes les caractéristiques pour en faire un monument historique national

Je retrouve ici la même approche qui a touché la magnifique maison de J.-E. Perrault sur la rue Perrault derrière le Collège, un des grands commerçants de Lévis, un vandalisme mené en silence par deux membres de notre bourgeoisie locale inconsciente motivée par la piastre. Perrault était un grand bâtisseur de notre cité. Même vandalisme qui a fait disparaître la mémoire du cimetière Notre-Dame, en envoyant à la casse les monuments de la majorité de ceux qui ont développé ou administré notre cité. Pauvre ville de Lévis qui veut cacher son passé, quel triste manque de fierté et de culture.

Michel Lessard, historien                                                                              Décembre 2016

Également:

http://yvanm.eklablog.com/les-historiens-pierre-georges-roy-et-michel-lessard-a-60-ans-d-interva-a127957598

Rodolphe Audette, 5e président de la Banque Nationale, devant le Tribunal de l’histoire

L’urbanisme à Lévis dans la partie est de la Traverse, le cas de la maison Rodolphe Audette, et l’opposition d’une jeune personne de la grande famille Bégin

 

 

 

 

 

 

Lettre de l’Association des amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec (APMAQ) au conseil de Lévis pour la sauvegarde et la mise en valeur de la Maison Rodolphe-Audette

Monsieur le Maire,
Madame et Messieurs les conseillers, Monsieur David Gagné, secrétaire du comité de démolition.

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Objet : Maison Audette, 6410 rue Saint-Laurent, Lévis

Il y a de cela presque deux ans, L’association Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec (APMAQ) félicitait votre administration de la prise de position forte que vous aviez adoptée en faveur de la sauvegarde et de la mise en valeur de la maison Rodolphe-Audette. Or, nous apprenons qu’une demande de démolition pèse encore sur l’avenir de cette maison. Nous sommes consternés par ce revirement de situation de votre part.

Vous aviez fait, à la suite de deux expertises, le choix de conserver la maison et de chercher, par un consensus, à lui donner une vocation. Vous aviez également affirmé fermement que « «… On veut lancer un message à tous ceux et celles qui s’avisent à acheter un bâtiment patrimonial. Sachez que, dorénavant, la Ville va être aux aguets et on va être pas mal exigeant en ce qui concerne la restauration de ces bâtiments-là. Si quelqu’un achète un bâtiment patrimonial pour le démolir après, c’est bien de valeur, mais le jeu va être un peu plus difficile », a fait valoir M. Lehouillier ».

Soulignons que cette maison est exceptionnelle tant par son histoire, qui contribue à l’identité des lieux environnants, par son architecture unique qui allie le style néo-georgien à la renaissance italienne que par son emplacement, sur un promontoire, dominant le Vieux-Lévis. Tous ces éléments identifiés par plusieurs groupes de défenseurs  du patrimoine sont toujours valables à notre avis.

Ainsi, de nouvelles fonctions pourraient être attribuées au bâtiment. De plus, nous estimons que les constructions nouvelles ne sont pas nécessairement incompatibles avec la sauvegarde du patrimoine bâti. Si aucun usage public pour le bâtiment n’est envisageable, elle pourrait conserver sa fonction première d’habitation.

En nous fondant sur ce qui précède, nous souhaitons vivement que la ville de Lévis n’émettra pas de permis de démolition de la maison. Il va sans dire que, si tel était le cas, ce serait une perte inestimable pour les générations futures de Lévisiens.

Nous vous invitons donc à profiter de l’immense travail accompli en collaboration avec les citoyens de Lévis pour l’élaboration du « Projet particulier d’urbanisme » – qui sera sans doute adopté sous peu – afin de prendre l’initiative et démontrer de façon claire et sans équivoque, que vous et vos citoyens pouvez « Imaginer ensemble l’avenir du Vieux-Lévis » pour le bénéfice de tous et toutes.

Veuillez accepter Monsieur le maire, Madame et Messieurs les conseillers, Monsieur le secrétaire du comité de démolition nos plus sincères salutations,

Le président,

Louis Patenaude

 

P.s.: Fait notable, le conseil d’administration de la Société d’histoire de Lévis est jusqu’ici demeuré muet sur la question. Pourquoi ?  »Qui ne dit mot consent ».

Suivi :  https://cqvl.org/2014/08/16/rodolphe-audette-5e-president-de-la-banque-nationale-devant-le-tribunal-de-lhistoire

Dans le Vieux-Lévis, au 6111, rue Fraser, la maison de Jean-Baptiste Thériault et Louise-Clarisse Mailhot, père et mère adoptifs de Dorimène Desjardins

Louise-Clarisse Mailhot et Jean-Baptiste Thériault ont adopté leur nièce Dorimène Roy-Desjardins en 1861 alors qu’elle était agée de 3 ans. En 1864, Thériault, ingénieur-mécanicien et propriétaire d’un   »steamship »,  fit construire cette maison à proximité du Couvent de Lévis pour faciliter l’instruction de leur fille adoptive.

La maison construite en 1864 par Jean-Baptiste Thériault à moins de cent pas du Couvent de Lévis
La maison construite en 1864 par Jean-Baptiste Thériault à moins de cent pas du Couvent de Lévis
Une maison avec vue imprenable sur Québec et le fleuve Saint-Laurent
Une maison avec vue imprenable sur Québec et le fleuve Saint-Laurent

Pour en savoir davantage sur J.B. Thériault,  oncle et beau-père d’Alphonse Desjardins:

http://yvanm.eklablog.com/l-ouvrier-jean-baptiste-theriault-epargnant-modele-oncle-de-dorimene-e-a27250183

Google :      Jean-Baptiste Thériault, épargnant modèle, oncle et père adoptif de Dorimène Desjardins

Yvan-M. Roy

Le 7 novembre 1775, les troupes du Congrès de Philadelphie sécurisent la maison Carrier-Couture à Pointe-Lévy

Selon ce que la tradition rapporte, la maison qui se trouve au centre de la rue Valère-Plante serait la plus ancienne du Vieux-Lévis. Des sources officielles indiquent qu’elle a été construite en 1735. Si les vieux murs de pierre pouvaient parler, ils auraient bien des choses à nous raconter. Ils pourraient nous renseigner sur les événements qui se sont déroulés dans cette maison quand les troupes des révolutionnaires américains ont envahi le Canada à l’automne de 1775.

Maison Carrier-Couture
La maison Carrier-Couture, 12, rue Valère-Plante, dans le Vieux-Lévis

En septembre 1775, près de 1 500 habitants des paroisses de la Côte-du-Sud, de Berthier à Saint-Nicolas, s’étaient réunis aux limites de la seigneurie de Lauzon et de la seigneurie de la Martinière. Armés de  fusils, ils avaient malmené et chassé les deux majors de la milice venus de Québec pour procéder à leur enrôlement. L’objectif des majors était de prendre le commandement de leurs censitaires pour aller combattre les « Bostonnais » à Sartigan, en haute Beauce.

À cette époque, Ignace Couture, arrière petit-fils de Guillaume Couture, était propriétaire avec Véronique Carrier de cette maison d’inspiration française. Au début de novembre, comme les « Bostonnais » tardaient à arriver, Couture s’était rendu à cheval jusqu’en Beauce pour presser le commandant des révolutionnaires de voler au secours des habitants de Pointe-Lévy. Dans la nuit du 7 novembre, l’avant-garde des « rebels » atteignit enfin  Pointe-Lévy. Quand les lieux furent sécurisés, le colonel Benedict Arnold suivit avec son contingent. La population de Pointe-Lévy qui approchait déjà mille personnes en ajouta  600 autres à sa charge. Couture courut les campagnes pour procurer des vivres aux  « rebels ». La tradition a transmis qu’Arnold alla séjourner chez Ignace Couture. Un « Bostonnais » a indiqué dans son journal avoir assisté le 11 novembre, jour de la Saint-Martin, à un « fine ball » agrémenté de danses au son du violon. La soirée avait-t-elle eu lieu chez les Couture ?

Ah! Si les vieux murs de pierre pouvaient parler !

Pour en savoir davantage:

http://yvanm.eklablog.com/a-pointe-levy-le-11-septembre-1775-mutinerie-et-sedition-au-debut-de-l-a126523504

Voir également l’exclusion de la maison Carrier-Couture du Vieux-Lévis:

Le Programme particulier d’urbanisme préserve-t-il vraiment l’âme du Vieux-Lévis ?