Lundi, 24 septembre à 17:30 (5h30 PM), invitation à participer à la sauvegarde de la maison Rodolphe-Audette

Maison Audette- 3 juillet 2018
La Maison Rodolphe-Audette
 

La décision du Comité de démolition, rendue le 3 juillet dernier autorisant la demande en démolition de la maison Rodolphe-Audette du 6410, rue Saint-Laurent, a été portée en appel.

L’audition de l’appel se fera ce lundi 24 septembre à 17h30 au cours d’une séance extraordinaire du Conseil de Lévis en la salle du Conseil, Hôtel de ville de Lévis, 2175, chemin du Fleuve, (Saint-Romuald).

Toutes les personnes désireuses d‘assurer la sauvegarde de cette maison d’un intérêt patrimonial local, régional et national sont priées de venir assister à l’assemblée et d’intervenir au besoin.

Le projet de remplacement

Projet condos
Le projet de 12 condos, d’aspect contemporain, en remplacement de la Maison Rodolphe-Audette

Le CQVL

Demande du 3 juillet 2018, par Yvan-M. Roy, afin de conserver le caractère patrimonial de l’ancien domaine de Rodolphe Audette

Lévis, le 3 juillet 2018

À l’attention du Comité de démolition

Ville de Lévis

Objet : Maison Rodolphe-Audette – Démolition et projet de remplacement

___________________________________________________________

Bonjour,

Je suis le propriétaire à Lévis d’une maison patrimoniale dans la Côte du Passage, dans le Vieux-Lévis. Depuis juillet 1987, je milite en faveur de la conservation de l’image traditionnelle de Lévis. J’ai travaillé de 1965 à 1968 pendant l’été pour Parc Canada comme guide touristique sur les sites de trois Fortifications, soit Fort Lennox, Fort Chambly et Fort Côteau-du-Lac. Depuis 2012, j’offre des services d’hébergement dans lesquels j’ai accueilli plus de 500 touristes, en majorité des étrangers provenant de partout au monde, d’aussi loin que la Chine, la Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.  Les touristes que nous accueillons sont comblés par le romantisme qui se dégage du Vieux-Lévis.

Je demande, probablement pour la dernière fois, la conservation et la reconstruction de la Maison Rodolphe-Audette. Dans le cas où le Comité en viendrait faire droit à la demande du requérant, je demande au Comité de rejeter tout projet de remplacement dont l’architecture serait  contemporaine.

Ma justification est la suivante. Depuis 1987, je constate une dévalorisation constante de l’image de marque du Vieux-Lévis par des constructions démesurées (voir p.4) .La construction bientôt au centre de la Traverse d’un hôtel se style contemporain sur 8 étages viendra obstruer entièrement la falaise sur 88 mètres.  La Traverse sera devenue un véritable balconville, d’est en ouest.

Je considère que les services d’urbanisme de Lévis auraient dû recommander au requérant de s’inspirer de l’aquarelle réalisée en 1829 par J. P.  Cockburn qui illustre le  »horse-boat »  et l’auberge de Charles Poiré, l’ancien propriétaire des lieux où se trouve la maison Rodolphe-Audette. (voir en page 2, 3, et 5)

En vous remerciant de votre attention,

Yvan-M. Roy

20, Côte du Passage,

Lévis  G6V 5S7

p.2

IMG_5251
James Pattison Cockburn , l’arrivée en 1829 à Pointe-Lévy du  »Horseboat » * de Charles Poiré. maître-batelier et aubergiste.   * bateau à moulins  – (Galerie nationale du Canada)

 

p.3

Charles Poiré Horseboat- J.P. Cockburn - Collection
Le Horseboat de Charles Poiré quittant le Marché Finnlay, de la Basse-Ville à Québec, en 1829. (James P. Cockburn, Coll. Peter Winkworth, Galerie nationale du Canada)

p.4

Lettre au Soleil
Le 14 juillet 1987, plaidoyer adressé Conseil de Lévis pour assurer la protection de l’image traditionnelle et le respect du cadre patrimonial du  Vieux-Lévis, par Yvan-M. Roy

 

P.s.:  1) La construction des condos Les Rives du Saint-Laurent  a débuté en 1988, et celle des condos Le Diamant Bleu ( Quai d’Orsay) en 1998. De 1990 à 1993, c’est Gilles Lehouiller, comme conseiller de Lévis, qui a piloté chacun des projets concernant l’urbanisme à Lévis, dont principalement ceux portant sur le Vieux-Lévis, le centre et l’est de la Traverse de Lévis ou se trouve aujourd’hui Le Diamant Bleu.

p.5

P.s : 2) Le domaine Poiré-Fraser-Audette

CCI20140531_00000Transmission de titres: Rodolphe Audette avait donc acquis le domaine de son beau-père Thomas Fraser, qui lui-même l’avait acquis de son beau-père Charles Poiré.

 

La maison Rodolphe-Audette : Ultime plaidoyer d’Huguette Gagnon, citoyenne, auprès du Conseil de Lévis

Lévis, 12 août 2018                                    Lettre envoyée par courriel et original déposé aux                                                                           bureaux de la Ville.

À tous les membres du Conseil municipal                                                                                        Ville de Lévis                                                                                                                                            2175, chemin du Fleuve                                                                                                                              Lévis (Québec) G6W 7W9

Objet : Démolition de la maison patrimoniale d’exception située au 6410, rue St-Laurent, Lévis  (Maison Rodolphe-Audette)

 Mesdames, Messieurs,

Comme juillet est la période de vacances pour plusieurs citoyens de Lévis, il est probable que certains citoyens ont appris la décision du 3 juillet 2018 du Comité de démolition après le délai de 30 jours pour la porter en appel. Malheureusement, il est trop tard pour faire appel de la décision mais, par la présente, je vous signale des problèmes que j’ai décelés dans le processus de la demande de démolition sur lesquels il y aurait lieu que vous demandiez un avis juridique aux avocats de la Ville pour déterminer si la légalité de la décision est entachée.

Il est urgent d’agir parce que M. David Gagné, secrétaire du comité, a avisé M. André Doyle des Entreprises Doyle Ltée, qui n’est pas propriétaire de la Maison Rodolphe-Audette (je vous le démontre dans les lignes qui suivent), qu’il pouvait faire une demande de certificat de démolition à partir du 6 août 2018 s’il n’y avait pas eu appel. Le Conseil de ville doit donc agir de toute urgence.

Le Service d’urbanisme de la ville ne m’a pas donné accès à tous les documents de la demande de 2016 (voir plus loin) mais, la façon dont M. Gagné a adressé sa lettre, signifie sans doute que les problèmes, que j’ai décelés dans la demande de 2014, sont également présents dans la demande de 2016. Voici.

Grâce à une recherche sur Google, j’ai eu accès à tous les documents relatifs à la demande de permis de démolition du 3 mars 2014 qui ont été transmis au Conseil de ville lors de l’appel. J’y ai constaté que le nom du propriétaire de la maison Rodolphe-Audette n’y était pas et qu’il n’y avait pas une résolution de Belvédère de Lévis inc., la compagnie qui est propriétaire de la Maison Rodolphe-Audette, mandatant une personne pour faire une demande de démolition en son nom (voir les documents au lien suivant : https://www.ville.levis.qc.ca/fileadmin/documents/fpd/AGR-2014-027.pdf.

Quand il s’agit de démolition de maison, la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme prévoit que c’est le propriétaire de l’immeuble qui est impliqué (notamment, article 148.0.4) Quant au Règlement 2010-09-65 sur la démolition d’immeubles applicable aux demandes de 2014 et de 2016 de la démolition de la Maison Rodolphe-Audette, il prévoit que la demande doit être signée par le propriétaire ou son mandataire. Comme je viens de vous le mentionner, je n’ai retrouvé aucune résolution du propriétaire (Belvédère de Lévis inc.) donnant un mandat à qui que ce soit en 2014. D’après le peu de documents de la demande de 2016 que j’ai pu consulter (voir plus loin : refus du Service d’urbanisme de me donner accès aux documents), la demande de démolition de 2016 a probablement été faite comme celle du 3 mars 2014, soit par Entreprise Doyle (sous la signature de André Doyle) (RE: lettre du 9 juillet 2018 de M. Gagné).

De plus, dans la demande de 2014, M. Doyle affirme que l’offre d’achat pour le 6410, St-Laurent a été faite le 9 août 2013, ce qui est faux. Il indique ensuite les démarches faites à partir de août 2013 jusqu’à la demande de démolition du 3 mars 2014. Évidemment, qu’une personne (physique ou morale) ait eu une maison seulement pendant quelques mois lorsqu’elle en demande la démolition, c’est très « sympathique » car il est alors presque impossible de lui reprocher d’avoir contribué à la détérioration de la maison. Or, en mars 2014, ce n’est pas depuis quelques mois que l’achat de la maison avait été fait mais depuis 6 ans (voir plus loin).

Ayant constaté que les documents de 2014, demandant la démolition de la Maison Rodolphe-Audette, n’émanaient pas du propriétaire et qu’ils contenaient une affirmation erronée sur la date d’achat, j’ai décidé d’aller au Service d’urbanisme de la Ville pour vérifier si la demande de 2016 contenait les mêmes éléments problématiques.

Je me suis présentée 2 fois (7 et 10 août) au Service d’urbanisme pour essayer d’obtenir les documents relatifs à la demande de 2016 afin d’y vérifier si on y retrouvait les mêmes éléments problématiques qu’en 2014. M. David Gagné était en vacances et, devant le refus de me donner accès aux documents, j’ai mentionné que je voulais savoir s’il y avait une résolution du propriétaire dans le dossier, ce à quoi on a refusé de me répondre. On a également refusé de me dire s’il y avait eu appel de la décision du 3 juillet 2018. Lors de mes 2 visites aux bureaux du Service de l’urbanisme, j’ai eu accès à seulement 2 documents de la demande de 2016 (la décision du comité de démolition et la lettre du 9 juillet 2018 de M. David Gagné, secrétaire du comité). Comme en 2014, le nom du propriétaire de la Maison Rodolphe-Audette n’apparaît pas dans ces 2 documents; le nom qui apparaît est Entreprises Doyle Ltée qui n’est pas le propriétaire de la maison.

Il en résulte donc que les 2 seuls documents, qu’il m’a été permis de consulter pour la demande de 2016, m’amènent à croire que la situation a été la même en 2016 qu’en 2014 alors que M. Doyle avait fait une demande de démolition dans une lettre à l’en-tête de Entreprises Doyle et qu’il avait affirmé, dans sa chronologie, que la maison avait été achetée le 9 août 2013 alors qu’elle l’avait été en 2008. Il est donc probable qu’il n’y pas eu en 2016 le dépôt d’une résolution du propriétaire, Belvédère sur Lévis inc..

Si le Service d’urbanisme a refusé de me dire si une résolution de Belvédère de Lévis inc., propriétaire du 6410, rue St-Laurent, avait été déposée dans le cadre de la demande de démolition de 2016, je ne crois pas que les membres du Conseil de ville se heurteront à un tel refus. La vérification est facile à faire et il est urgent qu’elle se fasse : vous pouvez la faire en quelques minutes aujourd’hui. S’il s’avérait qu’il n’y ait pas eu dépôt d’une résolution du propriétaire, les membres du Conseil de ville auront évidemment à consulter les avocats de la Ville pour avoir un avis juridique sur la légalité du processus, et partant, sur la décision du comité de démolition. Par la présente, je ne donne pas d’avis juridique mais je souligne des éléments problématiques que j’ai décelés afin qu’ils soient vérifiés. Je crois qu’il y aurait également lieu de vérifier si l’information erronée (achat de la maison le 9 août 2013) donnée en 2014, a également été donnée en 2016.

Je vous fais part des résultats de ma recherche au Registre des immeubles et au Registre des entreprises sur les propriétaires de la Maison Rodolphe-Audette, recherche que toute personne peut faire. Vous constaterez que la maison n’a pas été achetée le 9 août 2013 par Entreprises Dolye. C’est Belvédère de Lévis inc qui a acheté le 5 août 2008 le lot 4 220 709 (maintenant, ce sont les lots numéros 5 089 41 et 5 089 42; la Maison Rodolphe-Audette est sur le lot 5, 089 42) (prix payé pour les 2 lots actuels : 400,000$).

La compagnie Belvédère de Lévis inc. a été constituée le 18 juin 2008 et elle a 2 actionnaires ENTREPRISES DOYLE (EDL) LTÉE qui existe depuis 1998 (André Doyle, seul actionnaire de cette compagnie) et 9026-5117 QUÉBEC INC. qui existe depuis 1995 (M. Jacques Laflamme, seul actionnaire de cette compagnie). Comme vous le savez sûrement, une distinction doit être faite entre une compagnie et ses actionnaires qu’ils soient des personnes morales ou des personnes physiques. Dans le présent cas, nous avons 3 personnes morales différentes (Belvédère de Lévis inc, dont les actionnaires sont 2 autres personnes morales : Entreprises Doyle (EDL) Ltée et 9026-5117 inc.).

Quant au nombre d’années que les propriétaires précédents ont eu la Maison Rodolphe-Audette, voici:

Le 18 janvier 2000, Claire Lamoureux a acheté, de la Congrégation des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours, plusieurs lots ou parties de lot (6 en tout), dont le lot 19 sur lequel était construite la Maison Rodolphe Audette qui était inhabitée depuis 1998 (prix 450 000$ pour les 6).

Le 23 mai 2003, Claire Auger a acheté de Chantal Lamoureux les lots 2 435 319 et 2,435, 442 (les numéros de lots ont changé plus tard; à ce moment-là, la maison Rodolphe-Audette est sur le lot 2, 435 442) (prix : 500 000$ pour les 2 lots).

Le 5 août 2008, Belvédère sur Lévis inc a acheté de Claire Auger le lot 4 220 709 (maintenant ce sont les lots numéros 5 089 41 et 5 089 42; la Maison Rodolphe Audette est sur le lot 5, 089 42) (prix : 400,000$ pour les 2 lots).

Dans l’acte de vente de 2008, l’acheteur (Belvédère de Lévis inc.) mentionne « prendre l’immeuble (la maison) dans l’état où il se trouve, déclarant l’avoir vu et examiné à sa satisfaction et avoir vérifié lui-même auprès des autorités compétentes que la destination qu’il entend donner à l’immeuble est conforme aux lois et règlements en vigueur».

L’immeuble était à sa satisfaction en 2008 alors qu’il n’y a pas de doute que la détérioration de Maison Rodolphe-Audette était alors commencée et que des travaux s’avéraient nécessaires pour qu’elle soit habitable. Or, le dossier démontre que ce n’est qu’en août 2013 que des projets de condos ont été faits. En mentionnant que la maison avait été achetée en août 2013, M. Doyle évitait des questions sur les travaux qui auraient dû être nécessairement faits à partir de l’achat de la maison le 5 août 2008 (achat fait par Belvédère de Lévis inc. avec la connaissance de l’état de la maison).

Quand une personne physique ou morale achète une maison sur laquelle il faut faire des travaux pour la remettre en état, elle ne tarde pas à commencer les travaux pour pouvoir l’habiter ou la louer. Cependant, il existe des cas où une personne achète la maison pour la démolir et, parfois, dans un but de spéculation. S’il ne s’agit pas d’une maison patrimoniale, une démolition ne pose pas de problème mais, lorsqu’il s’agit d’une maison patrimoniale, la situation est différente.

Comme la maison n’avait pas été achetée en 2013 mais en 2008, il y avait 9 ans et 11 mois que Belvédère sur Lévis inc. était propriétaire de la Maison Rodolphe-Audette lorsque la décision du comité de démolition du 3 juillet 2018 a été rendue. Je crois qu’il est juste de conclure que la gravité de la détérioration de la maison a dû s’accentuer avec les années si elle n’a pas été entretenue et préservée. Le 3 juillet 2018, cette maison était inhabitée depuis 20 ans et, pendant les 10 dernières années, c’est Belvédère de Lévis qui en a été propriétaire.

Pour rendre sa décision du 3 juillet 2018, il semble que le comité n’a pas tenu compte de la décision du 8 décembre 2014 du Conseil de ville de rejeter la démolition. Je crois qu’il y aurait lieu de demander un avis juridique aux avocats de la Ville, à savoir si le comité pouvait procéder sans tenir compte de cette décision.

Lorsque le Conseil de ville a décidé de rejeter la démolition de la Maison Rodolphe-Audette le 8 décembre 2014, le communiqué du Conseil de ville contenait les propos de M. le maire, soit

« Ce cas illustre bien le laisser-aller dans la protection de nos bâtiments patrimoniaux.  Nous entendons donc tout mettre en œuvre pour en assurer la protection. »

Monsieur le maire, il me semble que votre message au propriétaire de la Maison Rodolphe-Audette était clair et simple : « comme la demande de démolition a été rejetée, faites tout ce qu’il faut pour préserver cette maison à compter de maintenant ».

Dans la décision du 3 juillet 2018, le comité fait état d’une lettre du 12 mai 2017 du Ministère de la Culture et des communications (Le Service d’urbanisme a accédé à ma demande d’en avoir copie). Dans cette lettre, le Ministère mentionne qu’il est disposé à accompagner la Ville dans la recherche de solutions à l’égard du bâtiment du 6410, rue St-Laurent. Il y est également mentionné que la Ville de Lévis a en main tous les pouvoirs requis pour assurer la protection du patrimoine d’intérêt local et régional par l’entremise de la Loi sur le patrimoine culturel notamment. Cette lettre a été rendue publique uniquement le jour de la décision de démolition de la Maison Rodolphe-Audette le 3 juillet 2018, soit plus de 1 an plus tard.

Dans la Loi sur le patrimoine culturel, qui est mentionnée à cette lettre, on retrouve le pouvoir d’une municipalité (article 127) de citer un bien patrimonial situé sur son territoire (protection, mise en valeur, intérêt public). Le comité ne mentionne pas que le Conseil de ville a exercé ce pouvoir pour la Maison Rodolphe-Audette ni qu’il ait pris d’autres actions pour en assurer la protection.

Le comité mentionne les échecs répétés des projets de sauvegarde de l’immeuble mais je m’interroge sur les projets en question. En tous cas, dans le dossier de 2014 soumis au Conseil de ville, il n’y avait pas de tels projets : Entreprises Doyle a fait état de 3 condos à construire à l’intérieur de la Maison Rodolphe-Audette, ce qui ne pouvait que poser problème car il fallait abattre des murs, etc. : de tels projets ne peuvent être « appelés » un projet de sauvegarde. Quant à la construction de 3 condos à l’intérieur de la maison, il est bien spécifié dans l’expertise de M. Carl Lapierre que « transformer ce bâtiment en condos implique et génère des risques élevés sur la structure du bâtiment« .

Mesdames, Messieurs les membres du Conseil de ville de Lévis, qu’un certificat de démolition de la Maison Rodolphe-Audette ait déjà été émis ou pas, je crois que les éléments que je porte à votre connaissance par la présente nécessitent une action urgente qui doit être entreprise aujourd’hui afin que la démolition de la Maison Rodolphe-Audette ne puisse pas commencer avant que les éléments que je soulève aient été vérifiés, qu’un avis juridique des avocats de la Ville ait été émis à ce sujet et sur l’action à prendre en regard de la démolition de la Maison Rodolphe-Audette. De toute façon, si le certificat de démolition a été émis, il n’a probablement pas été émis au nom du propriétaire (re: lettre de M. Gagné adressé à M. Doyle, Entreprises Doyle).

Il était extrêmement urgent que je porte à votre connaissance les éléments problématiques que j’ai découverts. Il n’est pas trop tard pour que la Ville agisse afin d’empêcher que la démolition de la Maison Rodolphe-Audette soit entreprise avant que tous les aspects d’ordre juridique de la demande de 2016 et de la décision du 3 juillet 2018 aient été analysés par les avocats de la Ville. Je tiens à préciser que je ne donne aucun avis juridique dans cette lettre.

Ma motivation est simple : comme citoyenne de Lévis, je veux que notre patrimoine bâti soit préservé et je crois que la Maison Rodolphe-Audette ne « mérite » pas d’être démolie mais qu’elle  « mérite » d’être préservée et restaurée. Comme mentionné dans la décision du comité de démolition, c’est « un bâtiment patrimonial d’exception dont les attributs architecturaux, l’histoire ainsi que sa localisation particulière et stratégique sont tout à fait remarquables ». (pour l’histoire, voir le lien suivant: https://cqvl.org/2014/08/16/rodolphe-audette-5e-president-de-la-banque-nationale-devant-le-tribunal-de-lhistoire-2/).

Je vous remercie de votre implication et je vous prie d’accepter l’expression de mes meilleurs sentiments.

Huguette Gagnon, citoyenne de Lévis qui a à cœur la préservation du patrimoine.

Pièce jointe : annexe

 

ANNEXE

Si ma démarche a comme résultat que la Maison Rodolphe-Audette ne soit pas démolie pour le moment, la question se pose : que faire avec cette maison?

Je crois que Belvédère de Lévis inc. et la Ville pourraient se « parler » au sujet de la réhabilitation de cette maison. Il y a des mécènes dans plusieurs domaines : pourquoi pas Belvédère de Lévis inc. dans le domaine du patrimoine? Donner l’immeuble (lot avec la bâtisse) à la Ville de Lévis lui occasionnerait la perte des revenus qu’elle aurait obtenus de la vente de 3 condos (« l’idée de départ » était de construire 3 condos à l’intérieur de la Maison Rodolphe-Audette) mais elle n’aurait pas à payer les coûts d’une démolition. Je crois que son « geste » serait salué et reconnu.

Dans la lettre du 12 mai 2017 du Ministère, il est indiqué que la Ville de Lévis a en main tous les pouvoirs requis pour assurer la protection du patrimoine d’intérêt local et régional par l’entremise de la Loi sur le patrimoine culturel notamment. La Maison Rodolphe-Audette pourrait être citée (« bien patrimonial ») par le Conseil de Ville. Les membres du Conseil de ville, qui ont refusé la démolition de la Maison Rodolphe-Audette en 2014, reconnaissaient sûrement son caractère d’exception.

Le projet, déposé au Conseil de Ville de Lévis au mois d’août 2017 par le Comité de mise en valeur de la Maison Rodolphe-Audette, pourrait être retenu. Il s’agit d’un projet « d’un éco-musée populaire dédié à l’interprétation de l’histoire et de la généalogie de Lévis et de sa région, doublé d’un pôle de coordination des circuits touristiques axés sur les sites où s’étaient installés les premiers européens à Lévis ».

Je sais que la réhabilitation de la Maison Rodolphe-Audette coûterait cher. Dans la décision du comité de démolition, il est indiqué que l’évaluation totale des coûts liés à la réhabilitation structurale de la maison est de 688,254$. C’est un coût élevé mais les villes, qui ont « eu à cœur » de réhabiliter des bâtiments patrimoniaux, ont eu très souvent à payer un coût élevé pour le faire.

La Ville de Lévis accorde des subventions aux propriétaires de maisons patrimoniales (en 2010, la Ville a remboursé 50% des coûts que j’avais payés pour la restauration de ma maison patrimoniale qui est loin d’être d’exception). Je ne sais pas le montant total que la Ville a donné aux propriétaires qui sauvegardent les maisons patrimoniales mais je suppose qu’il est élevé.

À mon avis, la Ville de Lévis devrait « ouvrir » un dossier d’exception pour la maison d’exception qu’est la Maison Rodolphe-Audette. Il serait sûrement possible de dégager des montants d’argent pour sa réhabilitation.  Par ailleurs, je crois qu’une levée de fonds destinée à préserver la Maison Rodolphe-Audette, auprès de la population et des entreprises, aurait du succès. Toutes les personnes qui voient cette maison sont en admiration devant sa beauté, même si elles ne connaissent pas son histoire d’exception.

A lire Huguette Gagnon dans le Huffington Post :

https://quebec.huffingtonpost.ca/huguette-gagnon/demolition-maisons-patrimoniales-speculation_a_23504463/

Et également dans Le Soleil, 20 août 2018 :

https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/la-maison-rodolphe-audette-sous-respirateur-artificiel-

Plaidoyer pour la Maison Rodolphe-Audette par l’architecte Antoine Carrier

À lire dans le journal Le Soleil, 27 juillet 2018

https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/plaidoyer-pour-la-maison-rodolphe-audette-324235eb862f32117d17c05e35e60769

Communiqué de presse du Comité de mise en valeur de la Maison Rodolphe-Audette

Le verdict final est tombé contre la Maison Rodolphe-Audette

 

Lévis, le 25 juillet 2018 – C’est donc en catimini, le 3 juillet dernier, en plein été, que le Comité de démolition de la Ville de Lévis a scellé le sort de la Maison Rodolphe Audette qui sera finalement démolie sous prétexte d’un degré trop avancé de détérioration et des coûts prohibitifs de restauration.

Il aura ainsi fallu dix ans pour que le propriétaire Jacques Laflamme arrive à ses fins : la
démolition de cette maison patrimoniale fera place nette afin d’y implanter un projet de
condominiums à haute densité permettant ainsi d’engranger un profit démesuré au détriment du patrimoine lévisien. Pourtant, il était bien spécifié dans l’acte de vente de 2008 que l’acquéreur de la Maison «prenait possession de l’immeuble dans l’état où il se trouve, déclarant l’avoir vu à sa satisfaction et avoir vérifié lui-même auprès des autorités compétentes que la destination qu’il entend donner à l’immeuble est conforme aux lois et règlements en vigueur».

Un écran de fumée

En mars 2017, la Ville de Lévis avait pourtant sollicité un avis du ministère de la Culture et des Communications pour l’aider à trouver une solution dans ce dossier. Dans une lettre datée du 12 mai 2017, le ministère se disait disposé à accompagner la Ville de Lévis dans la recherche de solutions à l’égard du bâtiment concerné, notamment dans la réalisation d’expertises complémentaires à celles existantes.
On y mentionnait également que «la Ville de Lévis, notamment par l’entremise de la Loi sur le patrimoine culturel, a en main tous les pouvoirs requis pour en assurer la protection, le cas échéant».
Or cette lettre n’a finalement été dévoilée publiquement qu’un an plus tard, lors de la troisième et ultime réunion du comité de démolition du 3 juillet dernier, la journée même de la prise de décision de la démolition. Voilà ce qu’on peut appeler un bel écran de fumée pour justifier ce geste.

Volonté politique

L’engagement du maire Gilles Lehouillier, formulé à plusieurs reprises, à l’effet de mettre à contribution les citoyens désireux de trouver une solution honorable et solide pour assurer la survie et le rayonnement de la Maison Rodolphe-Audette ne s’est jamais vraiment concrétisé. Pourtant, lors de la séance du Conseil de décembre 2014, le maire Lehouillier avait déclaré tendre la main aux citoyens de Lévis pour trouver une vocation intéressante et enrichissante à la Maison Rodolphe-Audette. Lors de ce même Conseil, le maire avait dénoncé les propriétaires de maisons à haute valeur patrimoniale qui en font l’acquisition dans le but de la laisser se détériorier afin d’ensuite, demander un permis de démolition, uniquement dans le but de maximiser leur investissement.

«Le cas de la Maison Audette illustre bien le laisser-aller dans la protection de nos bâtiments patrimoniaux. Nous entendons donc tout mettre en œuvre pour en assurer leur protection. Dorénavant, la Ville de Lévis s’assurera de l’entretien d’une propriété ou d’un terrain à valeur patrimoniale par tout propriétaire qui s’en portera acquéreur», avait déclaré, à cette occasion, le maire Lehouillier.
La deuxième demande de démolition formulée en 2016 offrait pourtant une occasion d’exprimer cette volonté.

Contre l’avis du PPU

Une importante consultation a été menée en 2015-2016 sur l’avenir du Vieux-Lévis. Dans le PPU qui en a résulté, on reconnaît l’importance de cette maison patrimoniale qui se situe sur un site stratégique du Vieux-Lévis. «Ses attributs architecturaux ainsi que la trame urbaine dans laquelle le bâtiment s’inscrit font partie des enjeux qui touchent le quartier ancien», peut-on lire dans le rapport présenté à la population en février 2017.

De nombreux appuis 

Dès l’annonce de la première demande de démolition par le propriétaire en 2014, de nombreux groupes et experts se sont manifestés pour défendre cette maison patrimoniale. Mentionnons Action Patrimoine, l’APMAQ (Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec), la Fédération Histoire Québec, le Conseil de la culture des régions de Québec et ChaudièreAppalaches. Quant à l’historien Michel Lessard, un lévisien notable, il avait été très explicite sur l’erreur que s’apprêtait à faire la Ville de Lévis : «il est incroyable que la Maison Rodolphe-Audette de Lévis, subisse le sort qu’on lui réserve aujourd’hui, soit de la jeter au sol et la faire disparaître de notre mémoire héritée. Cet opulent bâtiment qui trône fièrement sur la falaise de Lévis depuis près d’un siècle avec une vue imprenable sur la capitale possède toutes les caractéristiques pour en faire un monument historique national. Construit solide et ostentatoire par Rodolphe Audette, un personnage majeur de notre passé économique régional et national, élevé sur un site imprenable, typique d’un style éclectique proto-moderne teinté par le néoclassicisme, tout milite pour sa conservation».

Un projet d’éco-musée

En plus de travailler, depuis 2014, à sensibiliser la population lévisienne et régionale à
l’importance de conserver cet important bien patrimonial, le Comité de mise en valeur de la Maison Rodolphe-Audette, a mené, en 2017, une importante consultation pour lui trouver une vocation à long terme. Le projet d’un éco-musée populaire dédié à l’interprétation de l’histoire et de la généalogie de Lévis et de sa région, doublé d’un pôle de coordination des circuits touristiques axés sur les sites-même où s’étaient installés les premiers européens à Lévis, a retenu l’attention des personnes qui ont participé à la consultation. Un avant-projet formulant ces orientations a été déposé au Conseil de Ville de Lévis au mois d’août 2017. Celui-ci n’a même pas reçu d’accusé réception.

Mobilisation citoyenne

Au cours de toutes ces années, les citoyens ont largement manifesté leur intérêt en faveur de la Maison Rodolphe-Audette. Cette mobilisation a pris la forme de dizaines de lettres d’opposition déposées devant le comité de démolition lors des trois séances. De plus, plus d’une centaine de citoyens sont venus démontrer leur soutien lors de la séance extraordinaire du Conseil de Ville de Lévis de novembre 2014 alors qu’on a décidé de surseoir à sa démolition. La mobilisation exprimée lors de ce processus démontre donc de façon extrêmement claire cette adhésion et l’attachement des citoyens de Lévis à ce bâtiment en particulier.
Le projet des condos du propriétaire Jacques Laflamme, ne répondant en rien aux indications pourtant claires du PPU pour un tel remplacement de l’historique Maison Audette, va à l’encontre de cette volonté populaire et des engagements pris par le maire dans le cadre du PPU.

Nous assistons au triste dénouement d’une saga qui a été causé essentiellement par la
négligence d’un propriétaire et qui aboutit, finalement, à la victoire de l’argent.
La démolition de la Maison Audette est un exemple flagrant d’une complicité entre les forces du capital qui cherche d’abord et avant tout la rentabilité financière et les pouvoirs politiques qui n’osent pas intervenir adéquatement, devenant ainsi, les complices de ces gestes destructeurs de notre patrimoine bâti.
Pour information :
Michel Belleau
Cell: 418 573-5635
Courriel: michel.belleau@yahoo.ca

 

Projet condos
Le projet de 12 condos, d’aspect contemporain, en remplacement de la Maison Rodolphe-Audette
Maison Audette- 3 juillet 2018
La Maison Rodolphe-Audette, juillet 2018