Communiqué de presse du Comité de mise en valeur de la Maison Rodolphe-Audette

Le verdict final est tombé contre la Maison Rodolphe-Audette

 

Lévis, le 25 juillet 2018 – C’est donc en catimini, le 3 juillet dernier, en plein été, que le Comité de démolition de la Ville de Lévis a scellé le sort de la Maison Rodolphe Audette qui sera finalement démolie sous prétexte d’un degré trop avancé de détérioration et des coûts prohibitifs de restauration.

Il aura ainsi fallu dix ans pour que le propriétaire Jacques Laflamme arrive à ses fins : la
démolition de cette maison patrimoniale fera place nette afin d’y implanter un projet de
condominiums à haute densité permettant ainsi d’engranger un profit démesuré au détriment du patrimoine lévisien. Pourtant, il était bien spécifié dans l’acte de vente de 2008 que l’acquéreur de la Maison «prenait possession de l’immeuble dans l’état où il se trouve, déclarant l’avoir vu à sa satisfaction et avoir vérifié lui-même auprès des autorités compétentes que la destination qu’il entend donner à l’immeuble est conforme aux lois et règlements en vigueur».

Un écran de fumée

En mars 2017, la Ville de Lévis avait pourtant sollicité un avis du ministère de la Culture et des Communications pour l’aider à trouver une solution dans ce dossier. Dans une lettre datée du 12 mai 2017, le ministère se disait disposé à accompagner la Ville de Lévis dans la recherche de solutions à l’égard du bâtiment concerné, notamment dans la réalisation d’expertises complémentaires à celles existantes.
On y mentionnait également que «la Ville de Lévis, notamment par l’entremise de la Loi sur le patrimoine culturel, a en main tous les pouvoirs requis pour en assurer la protection, le cas échéant».
Or cette lettre n’a finalement été dévoilée publiquement qu’un an plus tard, lors de la troisième et ultime réunion du comité de démolition du 3 juillet dernier, la journée même de la prise de décision de la démolition. Voilà ce qu’on peut appeler un bel écran de fumée pour justifier ce geste.

Volonté politique

L’engagement du maire Gilles Lehouillier, formulé à plusieurs reprises, à l’effet de mettre à contribution les citoyens désireux de trouver une solution honorable et solide pour assurer la survie et le rayonnement de la Maison Rodolphe-Audette ne s’est jamais vraiment concrétisé. Pourtant, lors de la séance du Conseil de décembre 2014, le maire Lehouillier avait déclaré tendre la main aux citoyens de Lévis pour trouver une vocation intéressante et enrichissante à la Maison Rodolphe-Audette. Lors de ce même Conseil, le maire avait dénoncé les propriétaires de maisons à haute valeur patrimoniale qui en font l’acquisition dans le but de la laisser se détériorier afin d’ensuite, demander un permis de démolition, uniquement dans le but de maximiser leur investissement.

«Le cas de la Maison Audette illustre bien le laisser-aller dans la protection de nos bâtiments patrimoniaux. Nous entendons donc tout mettre en œuvre pour en assurer leur protection. Dorénavant, la Ville de Lévis s’assurera de l’entretien d’une propriété ou d’un terrain à valeur patrimoniale par tout propriétaire qui s’en portera acquéreur», avait déclaré, à cette occasion, le maire Lehouillier.
La deuxième demande de démolition formulée en 2016 offrait pourtant une occasion d’exprimer cette volonté.

Contre l’avis du PPU

Une importante consultation a été menée en 2015-2016 sur l’avenir du Vieux-Lévis. Dans le PPU qui en a résulté, on reconnaît l’importance de cette maison patrimoniale qui se situe sur un site stratégique du Vieux-Lévis. «Ses attributs architecturaux ainsi que la trame urbaine dans laquelle le bâtiment s’inscrit font partie des enjeux qui touchent le quartier ancien», peut-on lire dans le rapport présenté à la population en février 2017.

De nombreux appuis 

Dès l’annonce de la première demande de démolition par le propriétaire en 2014, de nombreux groupes et experts se sont manifestés pour défendre cette maison patrimoniale. Mentionnons Action Patrimoine, l’APMAQ (Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec), la Fédération Histoire Québec, le Conseil de la culture des régions de Québec et ChaudièreAppalaches. Quant à l’historien Michel Lessard, un lévisien notable, il avait été très explicite sur l’erreur que s’apprêtait à faire la Ville de Lévis : «il est incroyable que la Maison Rodolphe-Audette de Lévis, subisse le sort qu’on lui réserve aujourd’hui, soit de la jeter au sol et la faire disparaître de notre mémoire héritée. Cet opulent bâtiment qui trône fièrement sur la falaise de Lévis depuis près d’un siècle avec une vue imprenable sur la capitale possède toutes les caractéristiques pour en faire un monument historique national. Construit solide et ostentatoire par Rodolphe Audette, un personnage majeur de notre passé économique régional et national, élevé sur un site imprenable, typique d’un style éclectique proto-moderne teinté par le néoclassicisme, tout milite pour sa conservation».

Un projet d’éco-musée

En plus de travailler, depuis 2014, à sensibiliser la population lévisienne et régionale à
l’importance de conserver cet important bien patrimonial, le Comité de mise en valeur de la Maison Rodolphe-Audette, a mené, en 2017, une importante consultation pour lui trouver une vocation à long terme. Le projet d’un éco-musée populaire dédié à l’interprétation de l’histoire et de la généalogie de Lévis et de sa région, doublé d’un pôle de coordination des circuits touristiques axés sur les sites-même où s’étaient installés les premiers européens à Lévis, a retenu l’attention des personnes qui ont participé à la consultation. Un avant-projet formulant ces orientations a été déposé au Conseil de Ville de Lévis au mois d’août 2017. Celui-ci n’a même pas reçu d’accusé réception.

Mobilisation citoyenne

Au cours de toutes ces années, les citoyens ont largement manifesté leur intérêt en faveur de la Maison Rodolphe-Audette. Cette mobilisation a pris la forme de dizaines de lettres d’opposition déposées devant le comité de démolition lors des trois séances. De plus, plus d’une centaine de citoyens sont venus démontrer leur soutien lors de la séance extraordinaire du Conseil de Ville de Lévis de novembre 2014 alors qu’on a décidé de surseoir à sa démolition. La mobilisation exprimée lors de ce processus démontre donc de façon extrêmement claire cette adhésion et l’attachement des citoyens de Lévis à ce bâtiment en particulier.
Le projet des condos du propriétaire Jacques Laflamme, ne répondant en rien aux indications pourtant claires du PPU pour un tel remplacement de l’historique Maison Audette, va à l’encontre de cette volonté populaire et des engagements pris par le maire dans le cadre du PPU.

Nous assistons au triste dénouement d’une saga qui a été causé essentiellement par la
négligence d’un propriétaire et qui aboutit, finalement, à la victoire de l’argent.
La démolition de la Maison Audette est un exemple flagrant d’une complicité entre les forces du capital qui cherche d’abord et avant tout la rentabilité financière et les pouvoirs politiques qui n’osent pas intervenir adéquatement, devenant ainsi, les complices de ces gestes destructeurs de notre patrimoine bâti.
Pour information :
Michel Belleau
Cell: 418 573-5635
Courriel: michel.belleau@yahoo.ca

 

Projet condos

Le projet de 12 condos, d’aspect contemporain, en remplacement de la Maison Rodolphe-Audette

Maison Audette- 3 juillet 2018

La Maison Rodolphe-Audette, juillet 2018

Publicités
Galerie | Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s