Pour partager la riche histoire du Vieux-Lévis, pour protéger et mettre en valeur notre patrimoine, pour animer un quartier fier de ses racines et résolument tourné vers l'avenir.
Ms Anne Jeffrey, Janet Jones, conseillères,
MM. Jean-Claude Bouchard, Serge Côté, Robert Maranda, conseillers
Arrondissement Desjardins
Objet : Oppositions aux dérogations mineures, Îlot Saint Louis, Zones M2908 et M2907
Bonjour,
Je voudrais exprimer mon opposition aux deux demandes de dérogations mineures concernant les zones M2908 et M2907 apparaissant au Règlement de zonage et lotissement (RV-2011-11-130).
Dans le nouveau Plan d’urbanisme, la marge de recul latérale minimale pour un bâtiment principal érigé sur la zone M2908 est de 6m. Pour la zone M2907, elle est de 5 mètres. Les marges ont été établies afin de créer un corridor de 11 mètres entre les édifices à construire, le tout en application des objectifs et critères du PIIA de l’Îlot Saint-Louis, entre autres, l’objectif 44.6 concernant « le verdissement de l’Îlot Saint-Louis, notamment autour de l’ancienne Halle Notre-Dame », et le critère 45.1 visant à créer « un ensemble cohérent, et notamment, respectueux de l’ancienne Halle Notre-Dame ».
La demande de dérogation pour la zone M2908 vise une réduction qui ferait passer la marge de 6m à 3,5m. La réduction pour la zone M2907 ferait passer la marge de 5m à 0.5m. La distance ou le corridor entre les murs des futurs bâtiments ne serait plus de 11 mètres, mais de seulement 4 mètres. Il s’agit donc ici d’une dérogation majeure qui ridiculise les objectifs et critères tels qu’inscrits dans le PIIA applicable à l’Îlot Saint-Louis.
En raison d’un voyage à l’étranger, je ne pourrai présenter personnellement mon opposition à l’assemblée du Conseil de Desjardins qui disposera de la question le mercredi le 26 septembre prochain. J’ai donc prié mon conseiller, M. Simon Théberge, de déposer officiellement au Conseil cette lettre comme étant l’expression de mon opposition.
Bien vouloir agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Le nouveau Plan d’urbanisme autorise la construction d’un immeuble sur le stationnement de l’ancienne Halle Notre-Dame, aujourd’hui devenu le CLSC.
La Halle Notre-Dame a été construite par la ville de Lévis en 1884 pour servir de marché public et de salle communautaire. Le nouveau Plan d’urbanisme a établi qu’il s’agit d’un édifice d’une grande valeur patrimoniale, tout comme le Manège Militaire (1911) qui lui fait face.
Voyez en fin d’article les photos de ce secteur.
Le Plan contient plusieurs mesures qui reflètent cette reconnaissance, notamment dans les objectifs et les critères d’évaluation contenus dans le Plan d’implantation et d’intégration et architecturale (PIIA) et relatifs aux bâtiments nouveaux qui seront construits dans l’Îlot Saint-Louis où se trouve incluse l’ancienne Halle.
Le PIIA
Textuellement, dans ses objectifs, le PIIA propose de « favoriser le verdissement de l’îlot Saint-Louis, notamment, autour de l’ancienne Halle Notre-Dame. » (Objectif – 44.7) L’énonciation des critères débute ainsi: « Les critères permettant d’évaluer si les objectifs décrits précédemment sont atteints pour l’architecture d’un bâtiment sont : 1) il forme, avec les autres bâtiments de l’îlot Saint-Louis, un ensemble cohérent et, notamment, respectueux de l’ancienne Halle Notre-Dame (Critères d’évaluation sur le lotissement – 45.1)
Le règlement de zonage
La zone M2908 (Halle Notre-Dame) a, comme zones contigües, les zones M2905 (au nord) et M2907 (à l’est). L’avant de la zone M2905 donne sur la rue Saint-Louis, l’avant des deux autres sur la rue de l’Arsenal.
Dans la zone M2905, le règlement autorise la construction de bâtiments de 7 étages, avec la restriction que la distance minimale entre un bâtiment de cette zone et celui de l’ancienne Halle Notre-Dame soit de 13,50m (44pi.). La Halle Notre-Dame a une hauteur de 4 étages.
Dans la zone M2907, le règlement autorise une hauteur maximale de 7 étages, mais la note 4 du règlement oblige la réduction à 4 étages de tout bâtiment construit à moins de 23 mètres de l’ancienne Halle. La note 4 est trompeuse et superflue puisque la ligne séparative entre la zone M2907 (logements sociaux) et les fondations de la Halle est de 23 mètres. Le règlement autorise une marge de recul en latéral de 5m., en avant de 1,5m, contrairement à 7 m. pour la zone de la Halle sur la même rue de l’Arsenal.
Dans la zone M2908, celle de la Halle, le règlement autorise l’ajout d’un bâtiment de 4 étages appuyé sur le mur latéral (est) de celle-ci. Le règlement établit également la marge de recul avant à 7 mètres, (1,5m pour la zone M2907). Du côté est, la marge de recul latérale applicable à une nouvelle construction sur l’actuel stationnement du CLSC (la Halle) est de 6 m. Viendra le 26 courant une demande de réduire la marge à 3,5m.
Contexte
La zone M2908 présente une mesure frontale de 71,23 m. (233 pi.). La halle avec sa façade de 38,8m. (124 pi.) occupe la partie ouest de la zone, et il se trouve un terrain de stationnement situé à l’est aux dimensions de 23m. X 33m. (75pi. X 106pi.). Le mercredi 26 septembre prochain, le conseil d’arrondissement de Desjardins va étudier une demande de dérogation présentée par le propriétaire de la Halle (9931-8048 Québec Inc.) pour obtenir la réduction de la marge de recul latérale de 6m. à 3.5m.
Le propriétaire a présentement le droit de construire jusqu’à 6 mètres de la ligne séparative. Si le conseil donne son accord aux deux dérogations demandées, le bâtiment annexé à la Halle sera séparé du mur ouest d’un bâtiment dans la zone M2907 (7 étages) par un corridor non pas de 11 mètres comme dans le nouveau règlement, mais seulement de 4 mètres. D’autre part, l’annexe présentera une façade de 19,36m. (63.5 pi.) soit une addition du tiers à la façade actuelle de l’ancienne Halle. Verra-t-on de nouveau une architecture inspiration contemporaine ou une réplique exacte de l’architecture qui fait le charme de l’ancienne Halle ? Les paris sont ouverts. Le Comité consultatif d’urbanisme tiendra bientôt le sort de la Halle Notre-Dame en main.
CONCLUSION :
Dans un avenir prochain, un bâtiment de 4 étages, le tiers en volume de l’actuelle Halle Notre-Dame, viendra se poser contre le mur est de celle-ci. Ce sera au Comité consultatif d’urbanisme d’exiger que l’annexe soit d’inspiration contemporaine ou un strict prolongement de l’architecture actuelle. Le PIIA de l’îlot Saint-Louis propose de protéger la valeur patrimoniale de la Halle, ce que le règlement de zonage contredit dans ses petits détails. Le PIIA précise le verdissement de l’îlot Saint-Louis autour de la Halle et indique la nécessité de construire des bâtiments dans les zones limitrophes qui forment un cadre respectueux de l’ancienne Halle. Le stationnement du CLSC aurait pu être converti en un bel espace vert avec mobilier de détente pour les résidents et touristes afin d’obtenir une mise en valeur maximale de l’ancienne Halle et favoriser les commerces limitrophes.
La réglementation autorisant la construction d’une annexe à la Halle, le règlement de zonage pose donc de grands défis aux responsables de l’application du PIIA sans oublier le Conseil d’arrondissement de Desjardins, une tâche presqu’impossible. La table a été mise pour servir les agents de la densification, promoteurs et grands prêteurs immobiliers.
Yvan-M. Roy
La Halle Notre-Dame (CLSC) et son stationnement (zone 2908)Le mur est de la Halle où viendra s’ajouter une construction de 4 étagesLa Halle (zone 2908) et un bâtiment de l’Îlot Saint-Louis (zone 2905)Le Manège Militaire, face à la Halle Notre-Dame
En 1884, suite à la vente de la Halle Lauzon (auj. la gare du traversier), Lévis fit construire deux beaux édifices, soit un hôtel de ville (rue Fraser) et la Halle Notre-Dame, rue Saint-Louis. Tout comme la Halle Lauzon, la Halle Notre-Dame logeait un marché public de même qu’une grande salle destinée aux activités culturelles et sociales. Des événements marquant notre collectivité se sont passés jadis à la Halle Notre-Dame. Par exemple, Pierre-Georges Roy raconte que le 16 novembre 1885, la nouvelle de l’exécution de Louis Riel avait produit une agitation considérable dans la ville. Le 20 novembre, une assemblée à Bienville avait réuni 1 500 personnes venues protester contre l’exécution. L’historien écrivit ce qui s’ensuivit le 26 novembre 1885:
« À la nouvelle salle Notre-Dame, assemblée publique convoquée par le maire Lefrançois, à la demande de quelques citoyens, pour protester contre l’exécution de Riel. Prennent la parole : le maire Lefrançois, le docteur Guay, député de Lévis, L.-G. Desjardins, député de Montmorency, J.-Edmond Roy, Thimolaüs Beaulieu, Alphonse Bernier, L.-P. Pelletier et Charles Langelier. On adopte ensuite les résolutions suivantes :
Considérant que le représentant de l’autorité fédérale dans le Nord-Ouest, pendant la dernière insurrection, a traité avec Louis Riel, en lui demandant et en acceptant sa reddition et que cet acte du général Middleton n’a jamais été désavoué par l’Exécutif;
Considérant qu’il a toujours existé un doute très sérieux sur le fait de savoir si Louis Riel a eu pendant l’insurrection, lors de son procès et de son exécution, la jouissance complète de ses facultés intellectuelles et que ce doute n’a jamais été éclairci à la satisfaction du public;
Considérant que le jury, par son verdict, a recommandé Louis Riel à la clémence et que l’Exécutif en faisant exécuter la sentence de mort portée par le tribunal de Régina a méconnu le sens du verdict rendu;
Considérant que l’exécution capitale pour offenses politiques n’est plus dans les mœurs de notre époque et que, dans le cas actuel, ni la sécurité de l’État ni le rétablissement de l’ordre dans le Nord-Ouest ne requéraient cet acte de rigueur excessive;
Considérant qu’il n’y a eu à la mise à exécution de la sentence de mort portée contre Louis Riel d’autre nécessité apparente que celle de donner satisfaction à la haine des sectaires orangistes;
QU’IL SOIT RÉSOLU :
Que dans l’opinion de cette assemblée l’exécution de Louis Riel a été un acte injuste, impolitique, inhumain et barbare;
Que cette assemblée le réprouve comme elle condamne énergiquement la conduite du gouvernement fédéral qui en a pris la responsabilité ».
( P.-G. Roy, Dates Lévisiennes, Vol. 3, p. 181 et s.)
François-Xavier Lemieux, avocat criminaliste, était député libéral de Lévis depuis 1883. L’avocat était probablement présent à l’assemblée, mais son nom ne figure pas sur la liste des orateurs pour la simple raison qu’en juillet, il avait dirigé à Régina l’équipe de juristes assurant la défense de Riel à son procès pour haute trahison. En 1915, Lemieux fut nommé juge en chef de la Cour supérieure du Québec.
Louis-Georges Desjardins, 3e orateur, était le frère d’Alphonse Desjardins, d’où la forte probabilité que ce dernier était de l’assemblée du 26 novembre 1885. Louis-Georges fut lieutenant-colonel au 17e Régiment de Lévis et patron d’Alphonse au journal Le Canadien.
Densification du Vieux-Lévis : Le Comité de Quartier du Vieux-Lévis a déjà exposé le genre de surprises que réserve le nouveau Plan d’urbanisme pour l’environnement de certains édifices patrimoniaux sur la rue Déziel (le Couvent), la rue Wolfe (l’Anglicane), le canton Labadie, la rue Bégin, la côte du Passage et la côte Dorimène-Desjardins. Nous exposerons sous peu la dernière surprise que le nouveau Plan d’urbanisme a réservée pour l’ancienne Halle Notre-Dame.
CQVL a appris que lors de la réunion du conseil de la ville de La Malbaie tenue le 9 juillet dernier, la mairesse Louise Lapointe a opposé son droit de véto contre le vote majoritaire des conseillers qui voulaient que soit accepté le Plan d’intégration architecturale (PIA) présenté par le Centre de Santé et des Services sociaux de Charlevoix (CSSS) relativement à la réfection et la mise aux normes de l’hôpital de La Malbaie.
Dans l’édition du 11 juillet, le journal Le Charlevoisien rapporte que le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) avait d’abord signifié son refus d’accepter le PIA du CSSS. Une majorité de conseillers avait rejeté la recommandation du CCU, et voté pour l’acceptation du PIA. La mairesse Lapointe a alors posé son droit de véto « compte tenu de l’importance du dossier et de l’impact architectural sur le centre-ville de La Malbaie. « Notre devoir, c’est de faire appliquer nos règlements d’urbanisme…Et il (le projet) ne rencontre pas les critères d’évaluation de notre règlement ». La mairesse a notamment plaidé que la soumission faisait fi du caractère architectural de la rue Saint-Étienne.
Dans l’édition du 18 juillet, le journal précise que la Société d’histoire de Charlevoix partage l’avis de la mairesse Lapointe. Christian Harvey, président de la société a écrit : « En plus de gâcher l’aspect visuel de la rue Saint-Étienne et de détruire un patrimoine collectif important, il n’est nullement prouvé que ce projet (CSSS) s’avère une nécessité sur le plan de la sécurité ».
À La Malbaie tout comme à Lévis, les propositions menaçant l’harmonie du patrimoine immobilier ancien sont réelles. La mairesse de La Malbaie présente une défense énergique pour assurer la conservation du caractère spécial du centre-ville historique. Hélas ! À Lévis, on n’a pas constaté un tel engagement de la part des conseillers et de la présidence du conseil. Quelle différence et …Pour quelle raison ?