Promocratie et l’art d’avoir l’air d’affirmer une chose en produisant son contraire

Extraits du nouveau règlement sur les PIIA de la Ville de Lévis (RV-2011-11-31 – Section VIII – Îlot Saint-Louis), paru par avis public le 2 mai dernier. Les citoyens ont jusqu’au 1 juin 2012 pour présenter une demande de conformité à la CMQ– Commission Municipale du Québec:

« Contribuer à la revitalisation du Vieux-Lévis…tout en considérant la mise en valeur des bâtiments de grande valeur patrimoniale (l’ancienne Halle Notre-Dame et le manège militaire) ».

« Créer un ensemble architectural contemporain de qualité supérieure dont la composition s’intègre à son milieu en s’inspirant de l’histoire du Vieux-Lévis ».

« Le lotissement favorise la mise en valeur de l’ancienne Halle Notre-Dame et le manège militaire ».

« Le lotissement assure une visibilité depuis la rue Saint-Louis vers l’ancienne Halle Notre-Dame et le manège militaire ».

« Il forme, avec les autres bâtiments de l’Îlot Saint-Louis, un ensemble cohérent et respectueux de l’ancienne Halle-Notre-Dame ».

« L’implantation des bâtiments près des rues donnant une apparence de continuité dans l’alignement ».

« Une conception architecturale harmonieuse et respectueuse de l’ancienne Halle-Notre-Dame ».

« Le langage architectural adopte une facture contemporaine s’inspirant des caractéristiques architecturales du cadre bâti du Vieux-Lévis… ».

Quand je lis un texte écrit en français, je comprends ce que je lis. Quand j’observe ce qui se passe dans notre société actuellement, voilà ce que je comprends :

Au cours des dernières décennies, notre société a insidieusement et profondément changé. Ceux qui pensent encore que nous vivons dans un système démocratique se trompent. Dorénavant, nous vivons dans une promocratie.

Christin Belley

Éventuellement…

On devra se poser des questions sur la pertinence de multiplier les édifices à condos destinés à un marché d’acheteurs somme toute assez homogène et ciblé: les vendeurs de maisons de banlieue. À Montréal, on se pose déjà la question… jetez un oeil sur cet article paru sur un blogue de La Presse Affaires ces derniers jours: http://blogues.lapresse.ca/lapresseaffaires/immobilier/2012/05/09/trop-de-condos-neufs-ou-juste-assez/

Laisser le marché déterminer si oui ou non il faut construire plus de condos est en soi une méthode pour réguler ce développement, cependant, lorsqu’il faut détruire un bâtiment dans un quartier à caractère patrimonial, je ne sais pas, peut-être pourrait-on y réfléchir à deux fois avant de procéder? Le comble du comble, ce serait un édifice à moitié vide ou vendu à rabais, non?

Autre question: lorsque vivre dans un condominium ne sera plus le rêve de personne (ou d’une minorité décroissante), ni à la mode, ni une solution si désirable pour la plupart des gens, ou que démographiquement le marché d’acheteur ne sera plus assez nombreux pour les occuper tous, qu’est-ce qu’on fera avec?

Il y a des modes qui laissent plus de marques que d’autres…

Éric Fortier

Les édifices de la côte du Passage sauvés

Le 09 mai 2012
Le Soleil, Stéphanie Martin
Les édifices de la côte du Passage sauvés

Deux de sauvées

Ce soir le conseil de la Ville de Lévis a répondu a l’appel logé contre la décision du comité de démolition qui avait décidé en première instance de ne pas autoriser la démolition des bâtiments situées au 32-34 et au 36-38-40-40A, côte du Passage dans le Vieux-Lévis.

Hourra pour les défenseurs du patrimoine bâti du Vieux-Lévis, la ville maintient pour les mêmes motifs la décision du comité de démolition, et n’autorisera pas le promoteur à démolir ces bâtiments pour les remplacer par un édifice à condominiums.

C’est avec un soulagement certain que nous accueillons cette annonce, non sans une pointe d’inquiétude: bien que ces deux bâtiments ne soient plus voués à la destruction, nous n’avons pas l’assurance qu’il ne seront pas laissés à l’abandon, ou qu’il ne deviendront pas la cible des vandales.

La Ville de Lévis n’a pas encore adopté de mesure officielle réellement contraignante pour la protection du Vieux-Lévis en tant que site patrimonial et historique. Toute cette saga qui vient d’être vécue pour trois maisons dans la côte du Passage peut se répéter demain matin concernant d’autres bâtiments dans le voisinage. Si cela se reproduit – et c’est fort probable puisque rien ne l’empêche légalement – il faudra à nouveau battre tambours et trompettes sans garantie aucune que tout ce bruit réussira à sauver la prochaine vieille maison ciblée par les promoteurs.

Deux maisons de sauvées, tout un quartier sur lequel veiller. Vieux-Lévis, cité de condos? À vous d’y voir, si ce n’est pas ce que vous souhaitez.

Merci de tout coeur à nos sympathisants,

Éric Fortier

Le 40 défoncé par derrière

L’inélégance de ce titre d’article traduit en termes simples l’impression persistante qu’on laisse à l’abandon un bâtiment qui aurait bien besoin de la protection de son propriétaire. À moins que les vandales ne se soient servis d’équipement lourd, il y a fort à parier qu’ils se sont introduit dans la bâtisse par des ouvertures non placardées, n’est-ce pas? C’est le cas.

À force de se faire violer, défoncer, pénétrer par effraction, il est bien possible que cette maison finisse par ne plus pouvoir accueillir qui que ce soit. Au diable la bâtisse, si on ne peut pas la détruire, eh bien personne ne l’aura, c’est ça?

Cette logique n’existe qu’en l’absence de réglementation forte et appliquée. La Ville pourra produire des tonnes de « PIIAAIIAAPPIIIAAA » ou de PPPUUUPPPUUPPU », et passez-en de plus imprononçables, si ce P… quoique ce soit est plein de trous, eh bien les vieux bâtiments seront aussi pleins de trous, quand ils deviendront la propriété de quiconque veut leur démolition.

On l’avait déjà signalé, non?

Si vous trouvez cette situation regrettable, prenez 2 minutes de votre temps, et laissez ici un commentaire d’appui. Merci.

Éric Fortier