Le cœur historique de la Traverse                                   – Sixième partie

La localisation de l’Hôtel Phare à la Traverse, une situation foncière ambigüe, déroutante et inusitée

L’hôtel Phare de la Traverse, avec ses sept étages de facture contemporaine, sera érigé sur deux propriétés identifiées au Cadastre foncier du Québec par les numéros 2 434 867 et  2 434 868.

Traverse - Hotel phare 3
Les lots 2 434 867 et 2 434 868, de la rue Saint-Laurent, jusqu’à la cime du cap de la Traverse

Le Rôle d’évaluation foncière de la ville de Lévis précise que  la Société de Transport de Lévis (STL))  est propriétaire du lot 2 434 867. Le conseil de la STL est composé de 9 membres, dont 7 sont des conseillers à  la ville de Lévis.

Le même rôle identifie le Patro de Lévis comme propriétaire du lot  2 434 868. Le conseil du Patro est également composé de 9 membres, tous administrateurs bénévoles. Parmi ceux-ci se trouvent Robert Cooke, vice-président du Patro, ancien directeur du Service d’urbanisme de Lévis (1987-2013), actuellement vice-président au développement pour le Groupe Dallaire (Cominar) ainsi que Benoit Caron, directeur général de Desjardins, Caisse de Lévis.

Le Registre foncier du Québec fait autorité en matière de propriété foncière au Québec. Le Registre indique que le propriétaire du lot 2 434 867 est bel et bien la Société de Transport de Lévis.

Par contre, le même registre indique que le propriétaire du lot 2 434 868 est la Ville de Lévis, suite à une vente survenue le 22 janvier 2004, numéro d’inscription 11 032 930. Cette vente est la dernière inscription à l’index des immeubles en date du 19 août courant.

Le maire de Lévis doit donc clarifier sans délai cette situation ambiguë, inusitée et déroutante,  « remettre les pendules à l’heure », « donner l’heure juste », faute de quoi les citoyens et contribuables vont commencer à croire qu’il y a  « anguille sous roche ».

Nota Bene No 1 (31 octobre 2017): Suite à la publication de cet article, le 29 août dernier, soit l’espace de deux mois, le Registre foncier du Québec n’a apporté aucun changement de propriétaire concernant le lot 2 434 868 (ci-dessous  »lot 868 » ) d’une superficie de 1 188,8 m2. La ville de Lévis demeure toujours propriétaire du lot 868, acquis le 22 janvier 2004  pour la somme de 50 000 $, soit 42,06$ le m2  ( 3,90$ le pi2).

Quelqu’un doit expliquer pourquoi le rôle d’évaluation de Lévis indique encore aujourd’hui que le propriétaire du lot  868 est le Patro de Lévis ? Quand  le nom du Patro de Lévis est-il apparu pour la première fois sur le rôle comme comme propriétaire du lot 868 ?

Nota Bene No 2 : En date du 5 avril 2018, il apparaît clairement que le rôle d’évaluation de Lévis à récemment été redressé et qu’il indique maintenant que le lot 2 434 868 est la propriété de » VILLE DE LÉVIS  » ,  et non pas le  »PATRO DE LÉVIS » .

Qui donc a fait l’inscription erronée   indiquant sur le rôle d’évaluation le Patro de Lévis comme propriétaire des lieux ? À quelle année remonte cette inscription ? À quel service appartenait le responsable de cette erreur ?

 

 

Le cœur historique de la Traverse – Quatrième partie

La Banque des Marchands – The Merchants Bank

Dans les années 1870, la  «  Merchants Bank »  était devenue la seconde banque en importance au Canada, après la «  Bank of Montreal ».  L’ouverture d’une succursale de la  Merchants Bank à Lévis eut lieu le 1 septembre 1874,  du côté nord de la rue Commerciale (Saint-Laurent), devant  la Halle Lauzon. Le 17 mai suivant,  la succursale se transporta dans un spacieux édifice nouellement construit en face de celui qu’elle occupait depuis septembre précédent. La grave crise boursière  qui avait débuté à Vienne en 1873  atteignit  l’Amérique dans les années qui suivirent. Après avoir été en 1877 secouée durement  par des faillites à répétition dans certaines entreprises qu’elle finançait, la Merchants Bank dut fermer plusieurs succursales à l’occasion d’un plan de redressement, dont celle de Lévis en 1879.

Traverse - Merchants Bank 2
La « Merchants Bank » construite en 1875, suivie de l’ancien Hôtel Saint-Louis.

David résiste à Goliath et sort vainqueur

À cette époque, le principal prêteur immobilier à Lévis était la Société de construction permanente de Lévis  (SCPL),  dont le siège se trouvait à 6, rue Wolfe, dans la maison que la ville de Lévis avait occupée pour ses bureaux de 1861 à 1865. Entre 1876 et  1879, le grand livre de la petite mutuelle  indique en prêts hypothécaires des totaux de 18 950 $ (1876), 20 800 $ (1877), 6 750 $ (1878) #,         et  11 000 $,  (1879). C’était considérable, car il y a 140 ans, une somme de  20 000 $  correspond  en dollars courants à plus de un million.  C’était l’époque du travail à 1 $ par jour et des maisons modestes  à 500 $ chacune.

 # Total 3 années : 18 950$ + 20 800$ + 6 750$ =           39 756,75$                                                                 (39 756,75$   actualisé en  $ de 2022                    1 117 753,00 $

On pourra conclure que les administrateurs de la SCPL avaient passé avec succès à travers les ppires années de cette longue crise boursière. Comme dans l’histoire de la Bible, Goliath (i.e ls Merchant’s Bank) avait pénétré sur les terres de David (i.e. SCPL). David avait résisté et, en quelque sorte, avait vaincu le géant. Heureusement, dix ans plus tard, Alphonse Desjardins entrait au bureau de direction de la SCPL pour y rester jusqu’en 1894. L’expérience acquise par le fondateur des Caisses Populaires en matiêre d’épargne locale et de prêt hypothécaire allait lui permettre de déterminer l’avenir de Lévis.

Copier et coller sur Google: « Me J.-Edmond Roy, la Société de construction permanente de Lévis et Alphonse Desjardins »

L’histoire de la Merchant’s Bank

Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_gro.php?id=150

« En 1873, même si son président, Hugh Allan, est impliqué dans un important scandale politique entourant le contrat de construction du chemin de fer Canadien Pacifique, la Merchants Bank of Canada ne semble pas très affectée par ces événements. Son nouveau siège social est en voie d’être complété, il est situé au 355,  rue Saint-Jacques, au cœur du centre financier de Montréal. Ce magnifique immeuble se veut le reflet des succès de cette entreprise. La Merchants Bank étend ses activités, elle est, cette année-là, la première banque à charte canadienne à ouvrir une succursale à Winnipeg.
Créée en 1861 par la famille Allan, la Merchants Bank eut tôt fait de sa tailler une réputation d’institution agressive sur la marché financier montréalais. Hugh Allan en assuma la présidence de 1861 à 1877, puis encore en 1882. Bien que son siège social fut établi à Montréal, la banque était beaucoup plus active en Ontario et dans l’ouest du Canada qu’au Québec. En effet, seulement quatre des 24 succursales de la Merchants Bank étaient situées au Québec en 1871. Cette situation était en fait le résultat de la prise de contrôle de la Commercial Bank de Kingston qui faisait faillite en 1868 et dont les activités étaient centrées à l’ouest du Québec.

Traverse - Merchants Bank MOntreal
Le siège social de la Merchants Bank, rue Saint-Jacques à Montréal

À la fin des années 1870, la Merchants Bank occupera le second rang en importance derrière la Banque de Montréal, mais elle connaîtra de sérieuses difficultés. En 1877, emportée dans la tourmente provoquée par l’importante crise économique qui secoue le monde depuis 1873, elle frôlera l’effondrement. Des dettes sur les chemins de fer américains héritées de la Commercial Bank et des pertes importantes, à la fois sur le marché new-yorkais de l’or et sur les obligations québécoises, nécessiteront un soutien de $1 500 000 de la Banque de Montréal et de la Bank of British North America. En 1900, la Merchants Bank aura glissé à la troisième position derrière la Banque de commerce et la Banque de Montréal. Le fils de Hugh Allan, Hugh Montagu remplacera l’année suivante son oncle, Andrew, à la tête de la banque. En dépit de liens importants avec la haute bourgeoisie montréalaise (la famille Allan contrôlera de nombreuses entreprises), la Merchants Bank n’aura pas réussi à consolider sa situation. Pendant que ses concurrents diversifieront leurs actifs, elle demeurera plus conservatrice alors que 56,3% de ses actifs seront investis sur le marché des prêts.

À l’instar de la presque totalité des institutions financières canadiennes, la Merchants Bank profitera des retombées de la Première Guerre mondiale. Ses actifs croîtront considérablement passant de $83 millions en 1913 à un sommet de $197 millions en 1919. Cependant, en 1922, la faillite d’une firme de courtage à qui la Merchants Bank aura accordé un prêt de $3 600 000 sonnera le glas de l’entreprise financière qui sera finalement absorbée par la Banque de Montréal la même année. Les actionnaires de la Merchants Bank perdront, lors de la transaction, la coquette somme de $5 700 000. »

La situation de cette banque après la Première Guerre Mondiale ressemble étrangement à celle de la Banque Nationale qui , ayant trop prêté pendant la guerre à une industrie de Montmagny, en 1924 se trouva  en situation de faillite. Le gouvernement du Québec encouragea une fusion avec la Banque d’Hochelaga, ce qui résulta en une nouvelle institution,  la Banque Canadienne Nationale. (1)

Hugh Allan et la compagnie maritime Allan Lines

Hugh Allan qui se révéla  un constucteur d’empire,  fonda en 1856 la compagnie maritime Montreal Ocean Shipping Company, communément appelée  Allan Lines. Cette compagnie  transporta des millions d’immigrants venus s’établir en Amérique.  Le principal point de descente des immigrants était situé dans le port de Québec, sur la rive-droite du Saint-Laurent, à Pointe-Lévis.

Les quais de la compagnie Allan Lines étaient donc situés à l’anse Tibbits, contigüs au terminal ferroviaire de la Compagnie de chemin de fer du Grand Tronc (Grand Trunk Railway).  Une fois débarqués, les immigrants partaient alors vers l’ouest, bien souvent gratuitement, avec pour destination l’Ontario, le Mid-West américain, ou les territoires de l’ouest Canadien.

Traverse - Anse Tibbits -Gare_du_Grand_Tronc_à_Lévis - Source Wikipedia Commons
Les installations de la compagnie maritime Allan Lines et le terminal du Grand Trunk Railway vers 1875. À quai, possiblement le trois mats Sardinian (Source Wikimedia)
Traverse Sardinian 2
Le Sardinian, de la Allan Lines, entré en service en 1875, à propulsion mixte, voiles et vapeur
Traverse Sardinian 1
Le Sardinian, de la Allan Lines, après rénovations en 1895

Dans les annales maritimes, la traversée de l’Atlantique la plus rapide pour l’époque est survenue en juin 1879 alors que le « Sardinian » quitta Liverpool le 6 juin 1879 pour passer Rimouski le 13 juin suivant à midi (6 jours, 23 heures et 30 minutes), et par la suite en soirée jeter les amarres à Lévis.

Vers 1890, l’Allan Lines était considérée comme la plus importante compagnie de navigation privée au monde.

Yvan-M. Roy                                                                                                                   18 juin 2017

Note (1) : Les statuts de la nouvelle Banque Canadienne Nationale indiquaient que le conseil de direction serait composé de 2 administrateurs de l’ancienne Banque Nationale et 5 administrateurs de l’ancienne Banque d’Hochelaga. Pendant les dix ans qui suivirent, l »industriel Georges-Elie Amiot et le commerçant Napoléon Drolet ont siégé au conseil de la Banque Canadienne Nationale. Napoléon Drolet fut l’arrière-grand-père de l’auteur du présent article.

Le cœur historique de la Traverse – Troisième partie

En 1864, le Marché Lauzon, la Halle Lauzon, la Salle Lauzon et les premiers vrais bureaux de la Corporation de Lévis

La construction du Marché Lauzon en 1864 fut la réponse du premier Conseil de Lévis pour combler l’absence d’une place de commerce  comme celle du  Marché Finlay sur les quais de Québec.

Traverse soumission 2 Halles
Appel d’offres pour la construction d’un bâtiment pour répondre  aux besoins multiples de la nouvelle Corporation de Lévis (Le Canadien, 30 décembre 1863)
Traverse Marché Finlay
Le Marché Finlay, entre Place Royale et le fleuve, sous la terrasse Dufferin avant la construction du Château Frontenac
Traverse - Marché Finlay, en hiver
Le Marché Finlay en hiver, et les charretiers de Lévis à l’occasion de la formation du pont de glace entre Lévis et Québec.  Sur la droite, l’édifice Thibaudeau et Frères.

Un programme pour soutenir l’incorporation de Lévis

La nécessité d’un service efficace pour  passagers et d’un marché public avait fait partie du programme exposé dans les pages du  Journal de Québec par un des citoyens associé à la requête déposée au Parlement en avril 1861 et qui avait pour objet l’incorporation d’une ville ayant pour nom Lévis, du nom du vainqueur de la bataille de Sainte-Foy en avril 1760. Quelques grandes lignes du programme:

  • Les traversiers : « Faites que l’on se transporte de Québec à la Pointe-Lévis dans un aussi court temps et avec autant de facilité que l’on passe de la Haute-Ville au faubourg Saint-Jean ou  Saint-Roch et Québec  et ne doutez plus de la prospérité et de l’avenir de la Pointe-Lévis. »
  • Un marché: « Depuis longtemps, le besoin d’un marché public au Passage se fait sentir. Eh! Bien, dès l’instant  qu’une traverse facile aura conduit de ce côté du fleuve le plus grand nombre possible de consommateurs, cette mesure deviendra indispensable; et tous les districts et townships du Sud viendront étaler avec complaisance leurs riches produits sur ce marché désiré, auquel  ils seront comme autant de ressources inépuisables d’alimentation dans toutes les saisons de l’année.

                                             Signé : L’ami du Progrès ( Journal de Québec, 11 avril 1861)

En vérité, la demande  pour l’incorporation de Lévis était en fait une contre-requête pour déjouer les grands capitalistes de Québec,  actionnaires du chemin de fer Grand- Tronc, et qui voulaient détacher le quartier de l’Anse Tibbits  de la municipalité de Notre-Dame- de-la-Victoire pour échapper à la taxation réglementaire. Le territoire de Notre-Dame s’étendait au sud jusqu’à Saint-Henri et le Conseil était présidé par le Dr. J.-Goderic Blanchet.

Traverse J. Goderic Blanchet
Le docteur Joseph-Goderic Blanchet, président de l’Assemblée législative du Bas-Canada, puis président de la Chambre des Communes du Canada.

L’incorporation de la ville de Lévis, cause de la défaite de François-Xavier Lemieux

Le 18 mai 1861, l’incorporation de Lévis fut adoptée « in extremis » par la Chambre d’assemblée du Canada-Uni  grâce à l’influence et l’expérience parlementaire de François-Xavier  Lemieux, député de Lévis depuis 1847, et en mai 1861, receveur général du Canada. Le 10 juillet suivant l’incorporation de Lévis, il y eut un scrutin pour renouveler la Chambre du Canada-Uni et le Dr. Blanchet réussit à battre François-Xavier Lemieux en misant sur l’insatisfaction des nombreux canotiers de Lévis qui ne voyaient pas d’un bon œil l’amélioration du service entre Lévis et Québec par des bateaux à vapeur.

Le programme des requérants pour l’incorporation de Lévis réalisé en 1864

Pierre-Georges Roy, fils de Léon Roy,  premier secrétaire-trésorier de Lévis, relate dans ses  Dates Lévisiennes que le programme publicisé dans le Journal de Québec en 1861 fut réalisé dès 1864 :

12 mai 1864 Lancement du vapeur Québec…(qui)…fera la traversée d’été entre les deux rives avec son frère le Lévis lancé la semaine dernière.

Traverse - Le South
Le traversier  »Lévis », construit en 1864, rebaptisé « South » en 1876, demeura en service jusqu’en 1884

31 octobre 1864  – Le Canadien donne une description détaillée de la nouvelle halle qui a coûté $ 7 400,00. « La construction de cette halle fait honneur aux entrepreneurs Édouard et Germain Hallé, de Lévis, ainsi qu’à l’architecte, Michel Patry, de Québec.

  • Cette bâtisse, qui mesure 109 pieds sur 46, est en brique et à deux étages.
  • Le premier étage est divisé en dix-sept étaux de bonne grandeur.
  • À  chaque bout de la halle se trouve un escalier conduisant au deuxième étage.
  • Ce dernier est divisé comme suit : une salle de 60 pieds sur 40, pour l’usage de  toute réunion publique, concerts, soirées littéraires, etc
  • La salle du Conseil, où se tiendront les réunions du corps municipal, mesure 40 pieds sur 30, laissant de chaque côté un espace où le public sera admis.
  • À l’extrémité est de la bâtisse se trouvent deux bureaux, celui du secrétaire-trésorier de la ville, Léon Roy, notaire, et celui du maire, Louis Carrier.
  • On a construit tout le tour de cette halle un quai de 60 pieds pour servir comme marché extérieur. »
Traverse - Gare intercolonial vers 1900
La halle Lauzon, devenue en 1885, la gare de la Compagnie du chemin de fer Intercolonial.
Traverse Halle Lauzon 7.07
L’ancienne halle Lauzon (1864)  est le bâtiment le plus significatif à la Traverse,  en instance de rénovation (2017)

Qualification actuelle du bâtiment

Les noms de référence que l’on retrouve le plus souvent dans les publications de l’époque furent : Marché Lauzon, Halle Lauzon,  Salle Lauzon, Salle du Conseil et Bureaux de la Corporation.  Dans un document officiel, le Service du patrimoine et de soutien à l’urbanisme (ville de Lévis) a qualifié le bâtiment en ces termes :

« Il s’agit de l’un des bâtiments les plus significatifs dans l’histoire municipale lévisienne, et certainement le plus important dans le secteur de la Traverse. »   ( Service du patrimoine et soutien à l’urbanisme, ville de Lévis)

Cliquer pour accéder à Gare-intermodale-Levis.pdf

À répétition, le texte du PPU Vieux-Lévis fait état de  » l’ancienne gare intermodale ».

Réfection de la « gare intermodale »

Au cours de l’année 2016, la ville de Lévis a accordé deux contrats successifs totalisant  73 732,00 $ à une firme d’architectes pour la réfection de la  »gare intermodale ».

Quelques événements notables relevés dans les Dates Lévisiennes 

  • Le 27 avril 1869, assemblée à la salle Lauzon de quelque 150 citoyens qui avaient répondu à l’appel du notaire Léon Roy pour venir fonder la Société de construction permanente de Lévis, une organisation mutuelle d’épargne et de crédit où Alphonse Desjardins, 20 ans plus tard, fit son adhésion et où il occupa, de 1889 à 1894,  un fauteuil au conseil d’administration, pour fonder par la suite  la Caisse populaire de Lévis,  le 6 décembre 1900.  (   https://cqvl.org/2017/06/19/quelques-proprietes-financees-par-la-societe   )
  • Le 4 août 1870, Henri Kowalski, pianiste polonais de grand renom,  donna un concert dans la salle Lauzon sous le patronage du maire et des conseillers de Lévis. Outre M. Kowalski,   prirent part au programme Mme Kowalski, Mlle de Bussy, M. Cartier Jacquard. Auditoire considérable. Beau succès. Tournée  internationale. Principal interprète de Chopin et Liszt au 19e siècle. Précurseur des tournées mondiales du 20e siècle. (Voir Wikipedia – Henri Kowalski)
traverse henri kowalski
Henri Kowalski, qui fit deux tournées mondiale avec son ensemble musical aux États-Unis, au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie.
  • 19 mars 1872, fondation de la Chambre de Commerce de Lévis dans une assemblée réunissant à la salle Lauzon une centaine de gens d’affaires
  • Le 4 avril 1872, concert au bénéfice de la fanfare du 17e Bataillon par le Septuor Hayden de Québec
  • Le 18 novembre 1873, ouverture de l’École des Arts à la salle Lauzon
  • Le 15 janvier 1874, grande assemblée politique à la salle Lauzon en faveur de la candidature de Julien Chabot
  • Le 5 octobre 1875, grand bazar de 8 jours au profit des pauvres de la ville se termine brillamment par le concert du Septuor Hayden de Québec
  • Le 15 octobre 1877, ouverture d’un bazar en faveur des pauvres des Sœurs de la Charité dans la salle Lauzon. La table des rafraîchissements est tenue par Mesdames Léon Roy, présidente,   Siméon Larue, James Dunn, et Évariste Lemieux. Les tables d’ouvrages sont tenues pas Mesdames Ramsay, Gurry, L.-J.A Bernier, C.-F. Langlois, J.-B. Thériault *  et Charles Thompson. De tout temps et en tous lieux, les bazars ont été des occasions de détente, de flâneries  et d’agréables rencontres.

*    Il s’agit de Louise-Clarisse Mailhot-Thériault, tante et mère adoptive de Dorimène     Desjardins. Lors de ce bazar, la jeune Dorimène avait 19 ans. Peut-on présumer qu’elle se tenait à la table auprès de sa tante, et qu’elle y présentait même quelques ouvrages ? Le mariage d’Alphonse et de Dorimène Desjardins eut lieu deux ans plus tard, le 2 septembre 1879.   

Dans les propositions du PPU Vieux-Lévis,  

On trouve au point 4.3 dans le PPU  l’intention de confirmer la Traverse comme pôle d’accueil touristique et vitrine de la culture lévisienne.

  • Favoriser le recyclage de l’ancienne gare intermodale pour y permettre l’implantation d’une halte touristique, d’une salle polyvalente avec possibilité d’expositions et de toutes autres activités compatibles avec le milieu
  • Aménager une place publique de style « terrasse » devant l’ancienne gare intermodale afin de baliser le parcours de la Coopération.

Les rédacteurs ont semblé intéressés d’une part, par la promotion du tourisme et de la culture lévisienne en général, de la Coopération en particulier, et d’autre part désintéressés en ce qui concerne l’un des bâtiments les plus significatifs  dans l’histoire lévisienne, certainement le plus important dans le secteur de la Traverse. Ils ont considéré ce bâtiment comme une ancienne gare, non pas un bâtiment public de très grande importance patrimoniale.

La ville de Québec a su mieux refléter l’histoire de la Traverse et cristalliser le thème du transport entre les deux rives par l’aménagement, en bordure du fleuve, de la  »Place des Canotiers ».  Et voici que l’auteur Philippe-Aubert de Gaspé disait autrefois que les canotiers étaient tous des gens de Pointe-Lévis. Lévis a de sérieuses pertes de mémoire et laisse Québec combler l’espace, le vacuum.

Les objectifs du PPU Vieux-Lévis  pour la Traverse

  1. Poursuivre la revitalisation du secteur de la Traverse en continuité avec l’évolution urbaine du secteur et en harmonie avec le cadre bâti existant ;
  2. Recréer un milieu de vie animé, dynamique, convivial, à l’échelle humaine, sécuritaire ainsi qu’un lieu de destination attractif, complémentaire avec le quartier du Vieux‑Lévis;
  3. Favoriser le rayonnement du secteur de la Traverse, l’une des entrées les plus significatives de la Ville sur les plans historique, touristique et identitaire par la construction de bâtiments de facture contemporaine, attrayants lorsqu’ils sont observés depuis le fleuve Saint-Laurent ou la Ville de Québec;
  4. Rehausser la qualité de l’environnement urbain et de l’ambiance physique du secteur;
  5. Planifier et concevoir des projets de requalification urbaine favorisant la qualité architecturale en s’appuyant sur des principes reconnus d’insertion urbaine en milieu patrimonial;
  6. Favoriser l’intermodalité en améliorant l’accessibilité, le confort et la sécurité des piétons, des cyclistes et des usagers du transport collectif;
  7. Créer une silhouette urbaine attrayante, cohérente et ayant des gabarits et hauteurs en harmonie avec le reste du secteur (échelle humaine);
  8.  Contrôler la luminosité émanant du secteur de la Traverse afin de préserver le paysage nocturne du Vieux-Lévis;
  9. Favoriser la protection et la mise en valeur de la falaise en s’assurant de maintenir sa visibilité et sa lisibilité dans le paysage lévisien;
  10. Préserver la qualité des percées visuelles vers le fleuve depuis le haut de la falaise.

Observations et conclusion: Nous sommes en mesure de constater, à la lecture des points  ci-dessus, notamment à 2 et 3, que pour les rédacteurs du PPU, la Traverse n’est pas un élément capital du Vieux-Lévis, elle en est un élément satellitaire. En conséquence, les rédacteurs se trouvent justifiés de faire de la Traverse un quartier dont toutes  les futures constructions refléteront la densification et adopteront une silhouette contemporaine, avec des mesures d’harmonisation à négocier avec les promoteurs de grands domaines. Une perte d’identité majeure.

On constate que les promoteurs de grands domaines, avec l’aide des grand prêteurs hypothécaires, ont réussi par des méga-projets de condominiums (à balcons et portes-fenêtres) à imposer un bris d’harmonie d’avec les constructions du 19e siècle qui caractérisent le cadre unique du Vieux-Lévis, en particulier celui de la Traverse. D’est en ouest, il aura suffi seulement 30 ans pour déprécier et régler le sort d’un secteur à très grande valeur historique.

Traverse - reu Bégin - 1ere caisse immeuble - Georges Albert
Rue Bégin, édifice contemporain supposément inséré en harmonie (à l’échelle humaine) avec deux constructions du 19e siècle, dont sur la gauche, la maison achetée par la Caisse populaire de Lévis en 1919, un an avant le décès d’Alphonse Desjardins, demeurée en service de 1919 à 1950. Domination victorieuse du contemporain sur le patrimonial, atteinte grave et sérieuse à l’identité
Traverse - Côte Bégin - Diamant Bleu
Le site historique de la Maison Homestead, suivi par le Diamant Bleu au pied de la côte Bégin, une insertion à « l’échelle humaine » ?
A C Davie - Diamant Bleu - 5 étages vs 3 étages
Le  »Diamant Bleu IV »,  une insertion supposément  » à l’échelle humaine  », à côté de  l’atelier de traçage de formes, de l’écurie, d’Homestead, éléments majeurs du  Lieu historique national du chantier A.C. Davie ?
Traqverse Rives Saint Laurent 1.05.17
Les Rives du Saint Laurent, masquant de chaque côté la falaise au pied de la côte Fréchette, une insertion présentée comme étant  » à l’échelle humaine » ?

Par Yvan-M. Roy

Également – copier-coller

La gare intermodale de Lévis, Les Services de soutien à l’urbanisme, ville de Lévis,

 

Le cœur historique de la Traverse – Deuxième partie

En  1868,  la Caisse d’Économie de Notre-Dame de Québec ouvre une succursale à la Traverse de Lévis

Traverse - Caisse d'économie - 1900
La Caisse d’Économie de Notre-Dame de Québec et l’Hôtel Kennebec

Introduction

Lévis est à l’étape de réglementer pour assurer la construction d’un ou de plusieurs bâtiments d’appel à la porte d’entrée maritime du Vieux-Lévis.  La reconstruction d’un bâtiment, tel celui de la Caisse d’Économie de Notre-Dame de Québec, pourrait répondre à l’un des objectifs recherchés à cause de la grande influence que cette institution bancaire a joué au point de départ du réveil économique des Québécois, et particulièrement celui des Lévisiens, comme nous le verrons dans les paragraphes qui suivent.

Les faits historiques

Pierre-Georges Roy a relaté dans ses Dates Lévisiennes les principaux événements survenus à Lévis de 1848 à 1932. Il a ainsi relevé l’ouverture de la succursale de la Caisse d’Économie de Notre-Dame de Québec    :

Le 18 mai 1868 – « La Caisse d’Économie de Notre-Dame de Québec ouvre une succursale à Lévis. Plusieurs des directeurs se rendent à Lévis à cette occasion : L’honorable Isidore Thibaudeau, le docteur Olivier Robitaille, A-.B. Sirois, Edmond Chinic, Cirice Têtu, D. Dussault, François Vézina, caissier, et Samuel Benoît, secrétaire-trésorier. Le curé Déziel, le maire Carrier, de Lévis, le maire Verreault, de Lauzon, et les principaux citoyens de Lévis sont aussi présents. MM. Robitaille et Vézina expliquent le fonctionnement et les avantages de la Caisse d’Économie. En terminant son discours, M. Vézina annonce que le curé Déziel, le curé Routier, de Saint-Joseph de Lévis, le maire Louis Carrier, de Lévis, le maire F.-E. Verreault, de Lauzon, et J.-B. Beaulieu et Georges Couture ont été choisis comme directeurs honoraires de la Caisse d’Économie. Le curé Déziel exprime ensuite aux directeurs de la Caisse d’Économie la reconnaissance des citoyens de Lévis pour avoir doté leur ville d’une institution si utile. »

Dans ses Dates Lévisiennes,  l’historien Pierre-Georges Roy a publié  le résultat des premiers trois mois d’opération :

Le 1er septembre 1868 –  « Résultat des opérations de la succursale lévisienne de la Caisse d’Économie pour ses trois mois et demi d’existence :      Dépôts : 54 976,88 $    ( actualisé à $/2022 =  1,20M$ ) ; Remboursements : 29 792.70 $; Balance due aux déposants : 25 184.18 $. C’est un résultat magnifique et qui montre l’esprit d’économie de la population. »

La Caisse d’Économie devait investir uniquement dans les fonds publics ou dans les actions des banques à chartes et ne pouvait consentir de prêts garantis. Ce statut légal ne lui permettait pas de financer les activités des marchands et des industriels canadiens-français de Québec. C’est pour cette raison que, dix ans auparavant, les Thibaudeau, Robitaille, Vézina, et autres avaient fondé la Banque Nationale. À partir de 1862, les deux institutions avaient opéré de manière indépendante.

Ce 1er septembre 1868, il est donc fortement probable que le bénéfice d’opération de la succursale de Lévis fut investi dans les actions de la jeune Banque Nationale et que par la suite, l’argent servit à financer des marchands et des industriels canadiens-français, opérant tant à Québec qu’à Lévis. En 1868, Isidore Thibaudeau était administrateur de la Banque Nationale ( président de 1879 à 1889) , Olivier Robitaille, également membre du conseil, et François Vézina, en plus de gérer les affaires de la Caisse d’Économie, gérait également celles de la Banque Nationale et celles de la Société de construction permanente de Québec. À cette époque, la Banque escomptait une moyenne de 22,5 $  millions annuellement. Tous trois étaient parmi les fondateurs de la Banque Nationale (1858) .

L’historien Jean Hamelin a  indiqué : « Au début du xxe siècle, Alphonse Desjardins, en créant la Caisse populaire de Lévis, reviendra à l’esprit qui avait animé les fondateurs de la Caisse d’Économie. »

Et nous ajoutons :  »Pendant les 5 premières années de la Caisse populaire de Lévis , de 1901 à 1906, l’édifice de la Caisse d’économie à la Traverse a été le seul comptoir d’échange d’effets bancaires accessible à M. Desjardins pour transiger les opérations de la Caisse populaire de Lévis. »  En d’autres mots, tous les effets bancaires de la première caisse étaient tirés sur un compte que M. Desjardins avait ouvert à la succursale  de la Caisse d’économie de Notre-Dame de Québec située à quelques pas de la Halle Lauzon qui, de 1865 à 1882, hébergea l’administration et le conseil de la jeune ville de Lévis, et de servir comme salle de spectacles et rencontres culturelles.

Et nous rajoutons  : M. Desjardins avait adopté la manière de transiger les effets bancaires qui était celle de la Société de construction permanente de Lévis  où il avait siégé au conseil  pendant 5 ans (1889 à 1894) avant la fondation, en décembre 1900, de la Caisse populaire de Lévis.

Et en matière personnelle,  avant 1900, Alphonse Desjardins avait-il un compte  à la Caisse d’Économie de Notre-Dame de Québec, et le cas échéant, depuis quand y déposait-il ses épargnes  ?  En 1940, les réponses et bien d’autres se trouvaient  dans les écrits que M Desjardins déposait dans un grand coffre que son fils Raoul conservait précieusement, et qu’il a finalement consenti à remettre Cyrille Vaillancourt, alors directeur de la Fédération des caisses populaires de Québec. Les réponses se trouvent également dans les premiers Grands livres de la Caisse populaire de Lévis, conservés dans les archives de l’institution.

À travers le temps

Traveerse - Intercolonial 2
L’édifice de la Caisse d’Économie, les hôtels Lawlor, l’ancienne Halle Lauzon devenue gare de l’Intercolonial (1885), avant la construction du Bureau de Poste (1905)
Vers 1905
Traverse - Rue Laurier 1920
Le cœur de la Traverse, vers 1920
Traverse - rue Laurier - 1900 - 2
Vers 1930, prise de vue à partir du pont d’un traversier
Traverse 1947 Rue Laurier
En 1947, vue à partir de la Terrasse Dufferin, à Québec (Lucien Gosselin, photographe)
Traverse Rue Laurier - 2017
En 2017, il ne reste, à gauche et à droite, que deux édifices ayant appartenu au cœur historique de la Traverse
Traverse - hotel - réduction
Pour 2018, le PPU Vieux-Lévis  autorise pour la Traverse un  »facelift » radical et paradoxal, un coeur tout neuf,  avec en zone 3, condominiums sur 4 étages, en zone 2 (côté est), hôtel de 7 étages, et en zone 4, condominiums de 6 étages, tous de facture contemporaine

Question et réponse:  En 1987, Desjardins a facilité la densification du   secteur historique de la Traverse d’abord par le financement des condos  »Les Rives du Saint-Laurent », et plus tard  par celui du  »Le Diamant Bleu ». Actuellement, il y a de fortes présomptions  à l’effet qu’à la Traverse, les propositions de densification par des immeubles de style contemporain et de grand gabarit sont dirigées politiquement et seront ultérieurement financées par Desjardins.

Sur quoi donc sont fondées ces présomptions ?

La réponse :

  1. Depuis 30 ans, dans le périmètre du Vieux-Lévis, Desjardins a été, trois fois sur quatre, l’institution bancaire qui appuyait ou finançait la construction d’immeubles à très grand gabarit, de facture strictement contemporaine, tels « Les Rives du Saint-Laurent », le « Diamant Bleu », et l’Îlot Saint-Louis.
  2. Le 27 avril 2015, le maire de Lévis a reçu en son bureau celui qui allait devenir, en 2016,  président de la Corporation de développement du Vieux-Lévis ( CDVL), un historien d’entreprise au service de la Société historique Alphonse-Desjardins depuis vingt ans. L’historien était accompagné d’un ancien président du CA de la Caisse populaire de Lévis, fonction qu’il avait occupée de 1998 à 2012. La pré-consultation sur le PPU du Vieux-Lévis a été tenue moins de deux mois plus tard, soit le 10 juin 2015. 
  3. À la même époque, la ville de Lévis avait formé le Comité de pilotage du Vieux-Lévis dont le mandat était de mener la consultation publique, d’analyser les interventions et mémoires, et de rédiger un rapport;
  4. C’est la  CDVL qui s’était vue confier par le Comité de pilotage du Vieux-Lévis  (1) le mandat d’analyser les mémoires  suite à la pré-consultation du  10 juin, et par la suite, (2) de rencontrer particulièrement:
  • Ceux qui avaient manifesté dans leur mémoire le souhait de pouvoir approfondir et exprimer verbalement les thèmes qu’ils avaient développés ;
  • les individus reconnus pour leur connaissance approfondie du Vieux-Lévis;

https://www.ville.levis.qc.ca/fileadmin/documents/pdf/developpement/PPUVL_Rapport_Synthese_28oct.pdf (page 10)

4. Le Registre des entreprises du Québec indique qu’en 2014,  Claude Genest, historien d’entreprise chez Desjardins, (inscrit à 100, avenue des Commandeurs, Lévis, à la même adresse que  celle d’Assurance-vie Desjardins, Sécurité financière) était administrateur de la CDVL; en 2017, le même registre indique que M. Genest est le président de la CDVL.

5. Il est possible d’affirmer, suivant des sources bien informées que la CDVL  a négligé de rencontrer,  avant le 2 septembre 2015,  (1) tous ceux avaient manifesté dans leur mémoire le souhait de  pouvoir approfondir et exprimer verbalement les thèmes qu’ils avaient développés et (2)  tous les individus reconnus pour leur connaissance approfondie du Vieux-Lévis.


6. Desjardins s’est affirmé comme le principal prêteur immobilier de l’arrondissement         Desjardins, auquel appartient le Vieux-Lévis.

Conclusion 

Les rédacteurs du PPU Vieux-Lévis ont donc proposé de favoriser, notamment sur recommandation de la Société d’histoire de Lévis, un style contemporain pour les futurs bâtiments à la Traverse, dont un hôtel de 8 étages qui deviendrait  l’édifice d’appel du Vieux-Lévis.

Quel paradoxe ! Une alternative,  plus attrayante et plus respectueuse de l’histoire des lieux, aurait pu être, comme édifice d’appel en Zone 2,  la  construction d’un complexe hôtelier de 4 étages, de style 19e siècle,  afin de mettre la falaise en valeur,  et en Zone 3,  la reconstruction de  la succursale de la Caisse d’Économie de Notre-Dame (quatre étages), et des hôtels Lawlor, dont l’Hôtel Kennebec (quatre étages). Les coûts auraient été sensiblement les mêmes que ceux de constructions contemporaines.

La Corporation de développement du Vieux-Lévis (CDVL) avait-elle des intérêts à ne pas écouter toutes les personnes qui avaient  demandé expressément dans leurs mémoires le souhait d’être rencontrées de même que  les individus qui avaient une connaissance approfondie et reconnue du Vieux-Lévis ?

Y aurait-il eu en quelque sorte un court-circuit qui a dérouté la consultation sur le Plan particulier d’urbanisme ?  La CDVL est-elle un organisme affranchi  et indépendant du Mouvement Desjardins ? De plus, la CDVL est-elle un organisme affranchi  et indépendant de la ville de Lévis ? Dans les cinq derniers exercices financiers  (2012 à 2017), la ville de Lévis a accordé des subventions annuelles de 75 000$  à la Corporation de développement du Vieux-Lévis, soit 375 000$.  Les dés ont-ils été  « pipés » au point de départ ?

Yvan-M. Roy, historien local

Juin 2017

Sources :

http://www.biographi.ca/fr/bio/thibaudeau_isidore_12F.html

http://www.biographi.ca/fr/bio/robitaille_olivier_12F.html

http://www.biographi.ca/fr/bio/vezina_francois_11F.html

http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?

http://fr.misc.transport.rail.narkive.com/9WKx4Or8/

Le cœur historique de la Traverse – Première partie

 

Les Lawlor, hôteliers de père en fils

Dès les premières années de son existence, la paroisse Notre-Dame compta plusieurs familles irlandaises catholiques. C’est à leur intention que le curé Déziel garda un vicaire de langue anglaise jusqu’à sa mort…Patrick et John Lawlor, tous deux originaires de Kilkenney, Irlande, arrivèrent à Québec, dès leur plus bas âge…

John Lawlor travailla pendant quelques années dans les chantiers de la rue Saint-Laurent puis commença un petit commerce à son compte. Quand les steamers océaniques commencèrent à débarquer des milliers d’immigrants sur les quais du Grand Tronc, John Lawlor se fit maître de pension, puis hôtelier. Le métier était lucratif car les émigrants étaient nombreux et payaient ce qu’on leur demandait sans trop rechigner.

La Traverse 10
Le cœur et l’âme de la Traverse vers 1905. Premier regard sur Lévis, en fond de scène, la Caisse d’économie de Notre-Dame de Québec, l’hôtel Kennebec et l’hôtel St. Lawrence

M. Lawlor représenta le quartier Saint-Laurent au Conseil de ville de 1874 à 1877. Le français du conseiller Lawlor était plus ou moins académique mais il réussissait toujours à se faire comprendre. D’ailleurs, ses collègues n’étaient pas des piliers de collège ou d’école et leurs discours ne valaient pas mieux que ceux de M. Lawlor.

Traverse Halle-Lauzon
En 1864, la ville de Lévis fit construire le marché  Lauzon, dans lequel une halle commerciale se trouvait au rez-de-chaussée et au premier étage, les bureaux de la ville ainsi que la Salle Lauzon, où le Conseil a siégé jusqu’en 1885

John Lawlor décéda à Lévis, le 11 novembre 1893, à l’âge de 75 ans. De son mariage avec Ann Cooper, il avait eu plusieurs enfants dont trois ont été bien connus dans le commerce lévisien, d’abord au Grand-Tronc, au temps de la prospérité de ce quartier, puis au Passage, près des traversiers entre Lévis et Québec.

L’aîné, James, plutôt connu sous le prénom de Jimmy, fut d’abord hôtelier au Grand-Tronc puis acheta l’hôtel Kennebec au Passage qu’il exploita plusieurs années. Il le revendit en 1899 à Joseph Bernier, hôtelier de Thetford, puis se retira à la haute ville de Lévis, rue Fraser, où il décéda à l’âge de 71 ans.

Vue d’une partie de la fonderie Carrier & Lainé et de la sta
L’hôtel St. Lawrence de William Lawlor, suivi de l’hôtel Kennebec, de son frère James, sur la gauche, le poste de police et d’incendie de la Traverse, et derrière, les usines de métallurgie Carrier & Lainé

William Lawlor, le deuxième fils de John Lawlor, fut d’abord dans le commerce de la chaussure, puis acheta l’hôtel Saint-Lawrence, tout à côté de l’hôtel Kennebec, qu’il exploita jusqu’à sa mort survenue le 20 avril 1928, à l’âge de 79 ans.

TRAVERSE - William Lawlor - Cruche 1
Cruche de vin et liqueurs du marchand-épicier William Lawlor, 1/2 gallon – (Source Marché E-Bay)

Quant à Albin Lawlor, généralement connu sous le prénom de Ben, il fut marchand au Grand-Tronc, puis près de l’avenue Laurier, dans le voisinage des deux hôtels tenus par ses frères.                   Pierre-Georges Roy, Dates Lévisiennes, Lévis 1948,  vol. 2, p. 80

N.B.: Depuis 1991, la ville de Lévis a tenu 5 consultations touchant le secteur historique de la Traverse. Chaque fois, il a été demandé de reconstruire, en totalité ou en partie,  le cœur historique de la Traverse comme il se trouvait à l’époque des Desjardins, Bernier et compagnie.

Peine perdue et sourde oreille. Nostalgie déréglée. Caprice historique. Densification oblige. Rendement fiscal maximal. Placements hypothécaire haut rendement. Déstructuration. Dénaturation. Dictature du contemporain. Perte d’identité.

Y-M. R.