De 1889 à 1894, quelques propriétés financées par la Société de construction permanente de Lévis quand Alphonse Desjardins était membre du Bureau de direction

Depuis longtemps, le mouvement coopératif Desjardins semble avoir honte de révéler que les racines lévisiennes du mouvement plongent profondément dans la mutualité. Avant de devenir le « géant  de la coopération , Alphonse Desjardins a été, de 1889 à 1894, « simple mutualiste » à titre de directeur ( ou administrateur) d’une société mutuelle d’épargne et de crédit spécialisée en financement domiciliaire. Depuis sa fondation en 1869, les membres du bureau de direction de la Société de construction permanente de Lévis se réunissaient chaque mois pour traiter des affaires de la Société, pour étudier les demandes de prêts, enfin, pour en voter l’acceptation ou le rejet. Alphonse Desjardins, avant de fonder la Caisse populaire de Lévis, n’était pas néophyte en matière bancaire, particulièrement en matière de prêt hypothécaire.

Traverse - Marcotte - 1892-93
Les membres du bureau de direction de la Société de construction permanente de Lévis – http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/marcotte/ (1892-93, p. 528)

L’épargne et le crédit ouvrier à Lévis avant 1900

Pour en apprendre davantage sur l’histoire de l’épargne et du crédit  à Québec et à Lévis avant la fondation de la première caisse populaire, voir « L’Épargne ouvrière à Lévis avant 1900, et les pionniers oubliés de notre histoire économique ».

 

http://yvanm.eklablog.com/l-epargne-ouvriere-a-levis-avant-1900-2005-a27265949  

http://yvanmroy.over-blog.com/preview/92d68803574534fd580746d143ffddddac6c9fe1

     

Quelques photographies récentes de maisons ou d’emplacements financés par la Société de construction permanente de Lévis entre 1889 et 1894, alors qu’Alphonse Desjardins siégeait au  »Bureau de direction » qui étudiait les demandes et approuvait les prêts. (Source: Registre foncier du Québec)

 

SCPL 54 Wolfe
Rue Wolfe
SCPL 4 Saint Felix
Rue Saint-Félix
SCPL 28 Guenette 2
Rue Guenette
SCPL 5 Saint-Etienne
Rue Saint-Étienne
SCPL 55 rue Saint Etienne
Rue Saint-Étienne
SCPL rue Saint Laurent
Rue Saint-Laurent
SCPL 379 Saint Onesime
Rue Saint-Onésime
Traverse - 9 rue Sainte-Sophie - SCPL
Rue Sainte-Sophie
Traverse - 6015 Saint-Georges - SCPL
Rue Saint Georges
SCPL 55 rue Bégin
L’édifice Desjardins, inauguré en 1950, érigé après la démolition d’une maison située sur le lot 85, quartier Notre-Dame. À l’arrière, maison blanche située sur le lot où se trouvait la maison familiale des Desjardins.
Traverse 24 rue Fagot SCPL
Rue Fagot
SCPL 294 Saint Josrph 2
Couvent Jésus-Marie, rue Saint-Joseph
SCPL 427 Saint-Joseph
Rue Saint-Joseph, avec vue sur la chute Montmorency

 

Les mots de la fin à l’historien Pierre-Georges Roy

Dans ses Profils Lévisiens,   Pierre-Georges Roy a écrit la biographie de plus de 300 Lévisiens, dont celle de la famille Desjardins. En 1920, il  fut celui que la famille désigna pour porter la croix qui ouvrait le cortège funèbre de M. Desjardins. L’historien avait bien du respect pour l’oeuvre de M. Desjardins. Il connaissait mieux que tout autre l’histoire des événements qui avaient marqué Lévis depuis la fondation de la ville. Il fut des plus critique à l’égard des premiers biographes de M. Desjardins.

Le 7 février 1947, Pierre-Georges Roy écrit au sénateur Cyrille Vaillancourt, alors président de Desjardins:

« On a dit et répété que Desjardins avait pris l’idée des Caisses populaires en Allemagne et en Italie. Ne serait-il pas plus juste et plus glorieux de dire qu’il a conçu l’idée de la fondation à Lévis même ?  Je ne nie pas que plus tard M. Desjardins a perfectionné son œuvre en étudiant les Caisses d’Allemagne et d’Italie, mais l’idée de la fondation lui a été suggérée par la Société de construction permanente de Lévis. »

Le 20 août 1949, Pierre-Georges Roy insiste à nouveau auprès de M. Vaillancourt :

«Je suis toujours convaincu que c’est la  »Société de bâtisse » qui a fait germer la 1ère idée des Caisses populaires chez Alph. Desjardins. »

Par souci d’exactitude historique et de reconnaissance envers les pionniers de la mutualité à Québec et à Lévis, il est devenu nécessaire que soit mise à jour toute l’histoire de M. Desjardins, et non seulement ce qui apparaît bien souvent comme une histoire romancée, de propagande, bref, une stratégie de marketing et de  » branding ».

Les preuves sont définitivement concluantes. Se trouve-t-il une honte quelconque à indiquer que M. Desjardins a été d’abord administrateur mutualiste à la Société de construction permanente de Lévis avant de devenir coopérateur et fondateur de la première caisse populaire en sol nord-américain ?

Yvan-M. Roy

 

 

 

 

 

 

À la Traverse de Lévis,  la Falaise présente-t-elle des risques d’effondrement comme ce fut le cas pour la falaise de Québec en 1889

Problématique au pied de la falaise dans le secteur de la Traverse

Le PPU du Vieux-Lévis a retenu pour la Traverse quatre zones destinées à recevoir des bâtiments allant de quatre à sept étages.

Les 4 zones du PPU, d’est en ouest

                                Profondeur des lots                  Étages                          Affectation

Zone 1 11 m      4 habitation
Zone 2 15 à 20 m      8 hôtel
Zone 3 28 m      4 habitation
Zone 4 18 à 35 m      6 habitation
Traverse - vue ordinateur 2
Zones et hauteurs des bâtiments

Dans le rapport du Comité de pilotage, on peut constater quelques réflexions sur la fragilité de la falaise.

traverse-roche (1)
Stabilité inquiétante, blocs de pierre au pied de la falaise à la limite ouest de la Zone 1

Lévis ne semble pas avoir, contrairement à la ville de Québec, de programme pour la stabilisation et la protection de ses falaises. Il aurait été préférable que la ville engage, spécifiquement pour le cas de la Traverse, un géophysicien pour connaître les  »tenants et aboutissants » des 4 zones, et ainsi éviter que la ville ne soit à l’origine de fausses espérances. Le rapport aurait pu alors servir afin mieux renseigner les membres du Comité de pilotage dans leur recherche pour trouver à maximiser le potentiel des lieux.

L’affaire déplorable du quartier des Constellation à Saint-Jean-Chrysostome est récente. Les conséquences ont été terribles pour les résidents. Il y a eu endettements, faillites personnelles, dépressions, et quoi d’autre. Une facture salée pour la ville, reportée sur les comptes de la taxe foncière, plus de 700 000 $. https://www.lesoleil.com/actualite/la-capitale/quartier-des-constellations-de-lespoir-pour-les-cas-lourds

Dans le cas présent, quand viendra le moment d’émettre les permis, certains voudront peut-être ‘’couper les coins ronds’’ en minimisant les réels dangers que présente la falaise. Et il y aura  des  pressions exercées sur les fonctionnaires et politiciens de la part des promoteurs et du principal prêteur immobilier de Lévis, sans oublier celles sur   la Corporation de développement du Vieux-Lévis,   la Chambre de commerce et finalement les professionnels de l’immobilier.

Le PPU du Vieux-Lévis (2017) tel que présenté suscite des interrogations légitimes,  graves et sérieuses.

La falaise soeur, à Québec 

La falaise de Lévis, spécialement dans le secteur de la Traverse, est active depuis des siècles. Elle a une grande sœur, active également, du côté de Québec. S’attaquer au pied d’une falaise, c’est défier des forces qui sont  emprisonnées depuis des millions d’années.

(Copier+coller sur Google )   » Terrible catastrophe à la basse-ville de Québec en bordure du fleuve  »

Extrême prudence exige…

Conclusion sous forme de questions: Verrons nous un jour bientôt un grand filet contre la falaise de Lévis dernière les bâtiments des zones 1, 2, 3 et 4  de l’historique quartier de la Traverse ? Et que sera alors devenue l’image de Lévis, cette ville unique au Québec pour son architecture du 19e siècle et pour sa falaise pittoresque ?

EPILOGUE: Pour en savoir plus sur les éboulis à Québec et sur les mesures qui ont été prises concernant sa falaise, consulter les liens qui suivent:

//ici.radio-canada.ca/nouvelle/781716/eboulement-quebec-rue-sous-le-cap

https://www.lefil.ulaval.ca/quebec-ville-risques-8362

Voilà un éboulis sur la face nord de la falaise de Québec

//http://jeanprovencher.com/2013/09/14/terrible-catastrophe-a-la-basse-ville-de-quebec-en-bordure-du-fleuve/

https://www.google.ca/search?q=éboulis+quebec+falaise&tbm=

https://www.ville.quebec.qc.ca/programmes_subventions/habitation/protect_falaise.aspx#obj

Le CQVL

12 mai 2017

La construction du grand hôtel à la traverse, et les risques d’éboulis associés à la falaise

Sur la rue Saint-Laurent, dans le secteur de la Traverse, la construction d’un grand hôtel de sept étages sur 100 m en façade pose un problème sérieux : l’étroitesse du terrain au pied de la falaise. Il n’y a présentement que 15 m. de disponible à l’extrémité est, et 20 m à l’extrémité ouest. Pour avoir une occupation rectangulaire, l’hôtel devrait avoir  15 m pour laisser un dégagement de la falaise,  ou pour occuper 20 m, il faudra enlever au pied de cette dernière jusqu’à 5 mètres sur une distance de plus de 40 m .

Dans le texte du PPU Vieux-Lévis, on peut y lire la préoccupation des rédacteurs :

« La falaise marque le territoire lévisien et confère au Vieux-Lévis sa silhouette urbaine caractéristique.

«    La mise en valeur et l’intégration harmonieuse de la falaise dans la requalification du secteur. »

« La prise en compte des risques d’éboulement lors de construction au sommet et au pied du talus. »

Ces extraits laissent donc bien voir que les principes  d’intégration  et d’harmonie ont été des  préoccupations fondamentales dans l’esprit des membres du comité de pilotage PPU Vieux-Lévis.

L’intégration et harmonie:

Là où le comité a fait erreur, c’est lorsqu’il annonce maladroitement que « la falaise devra être intégrée harmonieusement dans le processus de requalification » . Vu que la falaise confère au Vieux-Lévis sa silhouette urbaine caractéristique, le comité aurait mieux fait d’écrire: L’intégration harmonieuse des bâtiments nouveaux au pied de la falaise.

Le comité alors aurait été dans l’obligation d’expliquer comment un bâtiment qui vient masquer la partie rocheuse de la falaise sur 100 m ne vient pas porter atteinte à la silhouette caractéristique du Vieux-Lévis.

À partir du moment où un bâtiment commence à masquer plus de 50% de la falaise, le Comité aurait du conclure que cela portait une atteinte à la silhouette urbaine caractéristique du Vieux-Lévis. Le comité a erré par manque de cohérence. Et que dire alors lorsque l’atteinte devient presque de 100 % ?

Le comité aurait pu fonder ses jugements sur ce qu’était autrefois l’équilibre et la conservation de la falaise dans le Vieux-Lévis en se référant à des photographies anciennes et très disponibles telles les suivantes:

La Traverse 10
Au sud de gauche à droite sur la rue Saint-Laurent, la Caisse d’économie de Notre-Dame de Québec, l’hôtel Kennebec et l’hôtel Bernier
Traverse - Rue Laurier 1920
En fond de scène, la Caisse d’économie de Notre-Dame de Québec, l’hôtel Kennebec et l’hôtel Bernier

En contraste, l’hôtel de la Traverse

Traverse - hotel - réduction
L’Hôtel de la Traverse et les immeubles patrimoniaux qui l’encadrent

L’exemple, par excellence, du déséquilibre, de l’oubli, de la démesure et de l’imprudence, est-ce bien ce que valorise le plus grand prêteur hypothécaire de Lévis ?

Éboulis causés par main d’homme, rue Saint-Laurent

Suite en construction et maintenant édité: 

Des images qui parlent de blessures ouvertes à la falaise, et de pansements métalliques

À l’ouest du quai Ultramar/Valero

Traverse marteau picqueur ouest Valero
Rue Saint-Laurent, à 150 m à l’ouest du quai d’Utramar/Valero

9 photos, 100 m à l’est du quai Ultramar/Valero

Traverse éboulis 6 juilet 2014
Marteau piqueur à l »oeuvre, début juillet 2014
Traverse eboulis 6 juillet 2014 4
Blessure ouverte à la falaise
Traverse eboulis 6 juillet 2014 5
Amas de roches à dégager
Traverse eboulis 6 juillet 2014 3
Amas de roches à dégager
Traverse éboulis 30 juil 14 9
Éboulis majeur, fin juillet 2014

La Caisse populaire de Lévis contribue à faire disparaître l’image de marque et la falaise de Lévis

Le 1er mai, 2017

Avec un actif de 1,9 $ milliard,  un portefeuille de prêts à l’habitation de 950 $ millions, et 51 000 membres, la Caisse populaire de Lévis est une institution financière des ligues majeures. Elle se trouve en position de monopole dans l’arrondissement Desjardins de Lévis. Depuis 30 ans, dans le périmètre du Vieux-Lévis, dans sa politique de prêts, la caisse a adopté une stratégie de densification pour maximiser le rendement des fonds.

L’architecture des bâtiments que Desjardins a financés a eu pour contre-effet  de dévaluer sérieusement l’image de marque de Lévis, cette ville qui, avec Montréal, offre la plus grande concentration de maisons et d’édifices du 19e siècle. Il est vrai que la caisse a l’obligation devant ses membres de faire des profits, mais il est vrai également que la caisse est dans l’obligation morale de protéger l’image de marque de Lévis et la beauté naturelle de sa falaise.  Desjardins ne protège-t-il pas l’image de son fondateur ?

traverse Halle Notre-Dame et Manège Militaire
Espace Saint-Louis encerclant la Halle Notre-Dame, et sur la droite le Manège militaire de Lévis

Pourquoi alors ne pas protéger ce qu’était le milieu de vie de ce dernier. En 2012, dans la haute partie du Vieux-Lévis, la Caisse a appuyé la construction d’un bâtiment de 7 étages qui a malheureusement miniaturisé deux immeubles de très grande valeur patrimoniale,   la Halle Notre-Dame et le Manège militaire, tous deux construits avant la Première Guerre Mondiale.           https://cqvl.org/2011/10/14/espace-saint-louis

Le plus grand prêteur hypothécaire de Lévis

Dans la basse partie, au secteur de la Traverse,  dont l’histoire écrite a commencé en 1609 lors du premier hiver que Champlain passa à Québec, la Caisse a financé deux projets qui ont  fait  pratiquement disparaître la falaise sur une distance de 250 m.

Traqverse Rives Saint Laurent 1.05.17
Les Rives du Saint Laurent et la vue à partir du  bateau traversier

 

Traverse - panneau desjardins
Les Rives du Saint-Laurent – Phase 2 (1992) et le financement par les Caisses de la Cité Desjardins

 

IMG_7578
Les Rives du Saint-Laurent au pied de la côte Fréchette

 

Traverse - Côte Bégin - Diamant Bleu
Le Diamant Bleu au pied de la côte Bégin

 

Traverse Diamant - 1 mai Traversier
Le Diamant Bleu, à partir du bateau traversier

L’avenir – À la Traverse, les nouvelles constructions de 6 et 7 étages annoncées dans le PPU Vieux-Lévis viendront en masquer 175 m. en surplus, pour un total de 425 m. Entre la côte Fréchette et la côte Bégin, il y a 900 m.  C’est donc près de 50% (4,25/9) de l’escarpement rocheux qui va disparaître. Est-ce vraiment l’objectif recherché par l’équipe de pilotage du PPU-Vieux-Lévis et tous les spécialistes qui ont décrit auparavant les objectifs à atteindre ?

En 1992, Christian Côté, Enviram : « En arrière-plan du secteur de la Traverse, la falaise et son couvert végétal constitue un élément fort de la structure du paysage qui rehausse la qualité de l’espace perçu et insère un des rares éléments à caractère naturel dans le champ des observateurs. » (Christian Côté, Enviram, 1992)

En 2017, PPU Vieux-Lévis : « La falaise lévisienne : un élément naturel identitaire. La rive fluviale étroite du Vieux-Lévis est coupée du reste du quartier par la falaise abrupte qui peut atteindre près de 35 mètres, créant une barrière géographique et perceptuelle entre le secteur de la Traverse et le plateau. La falaise marque le territoire lévisien et confère au Vieux-Lévis sa silhouette urbaine caractéristique. Bien que la friabilité de son roc constitue un risque élevé pour les personnes et les biens, sa mise en valeur est un élément étroitement lié au processus de revitalisation du quartier ancien. »

En 2017, PPU Vieux-Lévis : ENJEUX – Environnement et paysages naturels

  • Le maintien du caractère public de la bordure fluviale; • La mise en valeur et l’intégration harmonieuse de la falaise dans la requalification du secteur; • La prise en compte des risques d’éboulement lors de construction au sommet et au pied du talus. PPU, p. 21

CONCLUSION :

  • Ce n’est pas la mise en valeur de la falaise que le PPU Vieux-Lévis propose, c’est la dévalorisation par la prépondérance donnée à Desjardins de faire fructifier le capital de l’entreprise.
  • Tout comme la certitude à 99.9 % d’un test d’ADN en matière de filiation, il y a une semblable certitude que ce sera Desjardins qui fera le financement des constructions nouvelles dans le secteur de la Traverse et qui aura une bonne avance sur tout autre compétiteur pour le financement des nouveaux logements.
  •  Tout comme en 1992, Desjardins n’est pas plus intéressé, en 2017, à finasser avec l’histoire de la Traverse et avec le respect de la falaise. Aucune retenue. «Think Big !» , comme dans cette séquence d’événements débutée en 1987 et relatée par le journaliste Alain Bouchard dans Le Soleil 20 avril 2004 sous le titre « La face cachée du Diamant Bleu» :   http://fr.misc.transport.rail.narkive.com/9WKx4Or8/

Comme il y a 30 ans, Desjardins a indiqué ses exigences à la ville de Lévis. Dans son récent PPU Vieux-Lévis, la ville a bien répondu. Et quel paradoxe ! La porte d’entrée du Vieux-Lévis sera contemporaine. Un flagrant manque de vision et de perspective historique.

La ville de Québec a su mieux faire en reconstruisant la batterie Dauphine, Place Royale, et par surcroît, la Place des Canotiers *, qui étaient tous de Pointe-Lévy. Dans le quartier de la Traverse, Lévis escamote donc l’histoire des lieux, et appuie sur le  »champignon » pour la poursuite de la densification. Payant ! Payant ! Pour la taxation, pour les promoteurs et pour les prêteurs hypothécaires.

Yvan-M. Roy

*          Le projet  Place des Canotiers (2015):

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/727263/place-dalhousie-place-des-canotiers-vieux-port-quebec

*           Inauguration de la Place des Canotiers (2017): 

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1039141/inauguration-place-des-canotiers-dalhousie-quebec

  

 

 

    

 

   

 

   


  

  

 

  

   

 

 

 

 

  

 

  

 

   

 

En plein cœur du quartier historique de la Traverse, comment le PPU Vieux-Lévis vient masquer totalement un grand pan de la falaise (100 m) et reléguer le patrimoine architectural aux oubliettes

À l’aide d’un graphique, les rédacteurs du Plan particulier d’urbanisme (PPU) ont exposé la portée d’une perspective  à partir des fontaines du Quai Paquet jusqu’à la percée  visuelle située au bas de la rue Guenette.

Les rédacteurs  ont utilisé le terme « limite de lot », ce qui est la vérité. Cependant, ce n’est pas « rien que la vérité, et toute la vérité». Toute la vérité se trouve dans ce qu’à la Traverse,  la limite des lots est  à la « cime du cap ». Les rédacteurs ont évité d’utiliser cette expression technique employée par les arpenteurs depuis le début du régime français.

Traverse - PPU- Vue par ordinateur 1
Représentation graphique illustrant une vue à partir des fontaines du Quai Paquet (PPU Vieux-Lévis¨)

En observant le graphique du PPU, on se rend bien compte que l’escarpement rocheux de la falaise  sous  la limite des lot ou cime du cap ne sera pas visible à partir du Quai Paquet, de même qu’à partir des portes de sortie du terminal des traversiers. C’est seulement le couvert végétal  des terrains privés au sommet de la falaise qui sera visible. Disparue la falaise rocheuse, malgré les beaux engagements pour la préserver et la mettre en valeur.

En 1991, dans le Plan directeur de la bordure fluviale, les urbanistes de la firme Enviram avaient très bien décrit les caractéristiques de cette falaise :

« En arrière-plan du secteur de la Traverse, la falaise et son couvert végétal constituent un élément fort de la structure du paysage qui rehausse la qualité de l’espace perçu et insère un des rares éléments à caractère naturel dans le champ des observateurs » (p. 23)

En 2017, dans le PPU Vieux-Lévis :

« La falaise lévisienne : un élément naturel identitaire. La rive fluviale étroite du Vieux-Lévis est coupée du reste du quartier par la falaise abrupte qui peut atteindre près de 35 mètres, créant une barrière géographique et perceptuelle entre le secteur de la Traverse et le plateau. La falaise marque le territoire lévisien et confère au Vieux-Lévis sa silhouette urbaine caractéristique. .. sa mise en valeur est un élément étroitement lié au processus de revitalisation du quartier ancien. »

ENJEUX – Environnement et paysages naturels; « La mise en valeur et l’intégration harmonieuse de la falaise dans la requalification du secteur. »

Traverse Hotel 2
Vue à partir des bittes d’amarrage du Quai Paquet sur la percée visuelle Guenette (la Croix de Tempérance) et l’emplacement du futur hôtel ( 8 étages – deux fois et demi la hauteur des bâtiments centenaires)

Traverse Hotel 1
Vue à la sortie de la gare fluviale de l’emplacement du futur hôtel ( non pas 7, mais 8 étages), soit deux fois et demi la hauteur des bâtiments patrimoniaux

L’hôtel projeté aura 100 m en façade, et non pas comme initialement 22 m en hauteur, mais 25,5 m. parce qu’il y aura non pas 7, mais 8 étages.  Près de trois fois  la hauteur des bâtiments traditionnels du secteur, un gabarit marqué par l’irrespect, la démesure. Et perdue complètement la vue actuelle sur les fontaines de l’esplanade Paquet à partir de la percée visuelle de la rue Guenette.

Par son style d’inspiration contemporaine, le bâtiment hôtelier sera en rupture architecturale et dimensionnelle avec les bâtiments patrimoniaux de l’endroit, tout comme ce fut le cas il y a 25 ans ( Plan d’urbanisme de 1992) au pied de la côte Bégin, avec les condos-balcons du « Diamant Bleu » tout à côté de la maison historique  »Homestead’‘ et du Lieu historique national canadien du Chantier maritime A.C. Davie…Tout comme ce fut le cas également en 1989 par la construction des condos-balcons Les Rives du Saint-Laurent au pied de l’historique côte Labadie. Les pittoresques maisons anciennes furent démolies et la côte fermée pour faciliter la vente des condos. On ne voulait pas d’une vue, à l’arrière pour la centaine de condos de luxe, sur la douzaine de maisons centenaires défraichies de l’historique côte Labadie.

Le Diamant Bleu, phase 4

A C Davie - Diamant Bleu - 5 étages vs 3 étages
Le Diamant Bleu IV suivi de l’atelier de traçage de formes,  l’écurie et  Homestead, et la résidence des constructeurs de navires Allison Davie (1796-36) et  Elizabeth Taylor Davie (1803-73). Sur la droite, les installations de halage, de construction et de réparation de navires. Vue à partir du Quai Paquet de ce qui reste de la falaise au pied de la Côte Bégin. Respectueuse de la falaise, la maison « Homestead » de la famille Davie

Les Rives du Saint-Laurent, au pied de la côte Labadie (1989-93)

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Traqverse Rives Saint Laurent 1.05.17
Les quelque cent balcons des Rives du Saint-Laurent …et derrière, la falaise et la pittoresque côte Labadie radicalement occultés

Depuis 30 ans, la pression exercée par les promoteurs et les agents de financement sur les élus municipaux a eu raison du « gros bon sens », des descriptions élogieuses ainsi que des belles promesses. *

Quelle belle marque de commerce pour Lévis! Quel « branding» !

Vive la mégalomanie des  »Big Shots », ces ploutocrates qui ont pris à la fois le contrôle de Desjardins et celui de la ville de Lévis ! Think Big! … À nous le restaurant haut de gamme pour nos congrès, nos  présidents du Mouvement et ceux des caisses de province, … à nous les chambres aux vues panoramiques pour récompenser l’excellence des directeurs généraux,  et enfin… au diable la foutue falaise et la pauvre histoire du petit peuple de Lévis ! 

Yvan-M. Roy

Ploutocratie : (Larousse) Système politique dont les détenteurs du pouvoir sont dévolus aux détenteurs de la richesse.

Ploutocrate: (Larousse) Personne qui tire son pouvoir politique de l’argent.

Post scriptum :

1)De 1991 à 1998, c’est le conseiller Gilles Lehouiller qui a porté les dossiers des consultations en urbanisme auprès de la population de Lévis.

2) Depuis 2013, c’est le maire Gilles Lehouiller qui, en bout de ligne, cautionne  les propositions concernant l’urbanisme du Vieux-Lévis, particulièrement en 2017 lors de l’adoption du Plan particulier d’urbanisme PPU .

* Pour accéder à l’article du Soleil le mardi 20 avril 2004 sur  »La face cachée du Diamant-Bleu »  :     

https://fr.misc.transport.rail.narkive.com/9WKx4Or8/hi-hi-hi-et-ca-continue

*  Un complément d’information sur les réflexes de Lévis devant les demandes pour densifier le Vieux-Lévis:   Le Soleil, À la Une, mardi 20 avril 2004   – (Google : La face cachée du Diamant Bleu (Google) http://fr.misc.transport.rail.narkive.com/9WKx4Or8/