La maison du 8, rue Bégin, à Lévis, point de départ de la coopération en sol nord-américain, là où réellement, tout a démarré.

Le 8, rue Bégin, sur la principale rue d’ambiance du Vieux-Lévis.

Le 6 décembre 1900, il y a exactement 114 ans, en pleine tempête de neige, 122 personnes se sont réunies dans cette maison du 7, rue Eden (aujourd’hui le 8, avenue Bégin) à Lévis pour adopter les statuts d’une société qui allait révolutionner la manière d’épargner et de faire crédit en sol nord-américain.

Em 1900, le 8, rue Eden , aujourd'hui le 8, rue Bégin
En 1900, le 7, rue Eden , aujourd’hui le 8, avenue Bégin

Quels sont les noms de ces personnes ? Quel est le nom de cette société?  Quelle est l’histoire de cette maison ?

Ce sont des réponses que le Comité de Quartier du Vieux-Lévis (CQVL) cherchera à vous apporter  dans un prochain avenir ?

Le 18 décembre 2014, voici les réponses aux questions soulevées…

Le 6 décembre 1900, fondation de la Caisse populaire de Lévis au 7,  rue Eden, dans la ville de Lévis

Le dimanche 2 décembre 1900, François-Xavier Gosselin, curé de la paroisse Notre-Dame-de-la-Victoire de Lévis avait, du haut de la chaire, invité ses paroissiens à se rendre le jeudi suivant à la maison du 7, rue Eden (auj., 8, avenue Bégin) pour écouter M. Alphonse Desjardins exposer le projet d’une société coopérative d’épargne et de crédit et, par la même occasion, pour devenir sociétaires de la Caisse populaire de Lévis en acceptant le projet des statuts.

Le 6 décembre venu, en début de soirée, il faisait tempête. Cent-vingt-deux personnes ont bravé les éléments pour se réunir sur la rue Eden dans la salle de rencontre non pas seulement d’une, mais de quatre succursales de sociétés mutuelles canadiennes et américaines qui offraient aux citoyens et ouvriers de Lévis des services d’assurance-invalidité et d’assurance-vie : la Société catholique de secours mutuels (CMBA), la Société des Artisans canadiens-français de la cité de Montréal, l’Ordre catholique des Forestiers et l’Ordre indépendant des Forestiers.

La maison était alors la propriété de J.-Édouard Ladrière qui agissait comme médecin-examinateur en matière d’assurance mutuelle. Depuis 1889, des centaines de polices d’assurance avaient été émises par ces quatre sociétés mutuelles suivant les recommandations du médecin mutualiste. Lors de la rencontre historique du 6 décembre 1900, il y avait dans l’assemblée 32 administrateurs ou anciens administrateurs des 4 succursales mutualistes, à savoir :

B) J.-Cléophas Blouin, Édouard Bourassa, C) Charles-Édouard Carrier, Joseph-Henri Carrier, Arcade Côté, Joseph Côté, Ignace-G. Couture, D) Joseph Delisle, Arthur Demers, F) Pierre Ferland, Joseph Fontaine, Joseph Fortin, G) Isaïe Giguère,, François-Xavier Gosselin,, Joseph Gosselin, L) Édouard Labadie, J.-Édouard Ladrière, Albert-G. Lambert. Théophile Lamontagne, Napoléon Lamontagne,  J.-Octave Lavoie, A.-Napoléon Lemieux, Joseph Lemieux, Alexandre Léveillé, Joseph L’Hérault, M) François-Xavier Marceau, P) Albert Poliquin, R) George Ramsay, Louis-Joseph Roberge, J.-Eugène Roy, S) Charles Samson, et V) Joseph Verreault.

Il y avait également le notaire Adjutor Roy, aviseur légal de la Société de construction permanente de Lévis (SCPL), une mutuelle d’épargne et de crédit fondée en 1869 par Léon Roy, premier secrétaire-trésorier de la ville de Lévis, société dont la finalité était de favoriser chez les ouvriers l’épargne pour leur permettre de quitter leur situation de locataires et d’accéder à la propriété. Également présent, Alphonse Desjardins qui avait été en 1889, soit vingt ans après la fondation de la SCPL,  élu au conseil de cette société. De 1889 à 1894, il participa aux réunions mensuelles de ce conseil. Sa candidature fut rejetée par l’assemblée générale de 1894, de même que celle de 1896. Desjardins décida alors de quitter la SCPL, encaissant, trois ans avant terme, le capital et les intérêts accumulés sur l’action de 400 $ qu’il avait souscrite. Enfin, Théophile Carrier, compagnon de collège d’Alphonse Desjardins en classe commerciale, secrétaire-comptable depuis 30 ans (1870-1900), responsable des contacts avec les épargnants,  à la tenue des grands-livres, des procès-verbaux du conseil et des assemblées annuelles, toujours à la Société de construction peermanente de Lévis.

La liste des premiers coopérants du Québec, du Canada et de l’Amérique

En espérant que certains y reconnaîtront le nom d’un(e) ancêtre, voici ceux des 122 personnes présentes au 7, rue Eden, dans la soirée du jeudi 6 décembre 1900:

A) Théophile Arsenault, Cléophas Auger, B) J.-Alphonse Babin, Éléonore Beauchêne-Paradis, Achille-E. Beaudoin, Achille Bégin, Damase Bégin, Joseph Bégin, Raymond Bilodeau, J.-Alfred Blouin, J.-Cléophas Blouin, Jean-H. Bolduc, Édouard Bourassa, André Brochu, Cécile Burrougs-Carrier, C) Achille Carrier, Auguste Carrier, abbé Charles-Édouard Carrier, Eugène Carrier, Georges Carrier, Joseph Carrier, Jos.-Eugène Carrier, Médard Carrier, Robert-Charles Carrier, Théophile Carrier, J.- Narcisse Cloutier, Arcade Côté, Joseph Côté, Georges Couture, Ignace-G. Couture, D) Joseph Delisle, Charles Delson, Arthur Demers, Alphonse Desjardins, Anne-Marie Desjardins, Dorimène Desjardins, Edgar Desjardins, Raoul Desjardins, Annie Dumontier, Camille Dussault-Lemieux, Marie-Louise Dussault, E) Cyrille Émond, Joseph Émond, Napoléon Émond, F) abbé Amédée Faucher, Pierre Ferland, Joseph Fontaine, abbé Hilaire Fortier, É.-Amédée Fortin, Joseph Fortin, J.-Cyrille Fournier, G) J.-A. Gagné, Eugène Gagnon, Clément-Marie Garneau, J.-A. Garneau, J.-L. Garneau, Joseph-Henri Garneau, Juliette Garneau, Louis-Philippe Garneau, Philomène Garneau, Isaïe Giguère, abbé François-Xavier Gosselin, Joseph Gosselin, Narcisse Gosselin, Joseph Guenet, Louis-Abdon Guay, H) Antoine Hallé, Arthur Hallé, Hélène Hallé-Carrier, abbé Joseph Hallé, abbé J.-John Hunt, J) Michel Jacques, Octave Jacques, Olivier Jacques, Onézime Juteau, L) J.-Édouard Labadie, Flavien Labadie, François Labrie, J.-Édouard Ladrière, abbé J.-Napoléon Laflamme, G.-C. Lambert, Clovis Lamontagne, Edgar Lamontagne, Napoléon Lamontagne, Théophile Lamontagne, J.-Octave Lavoie, Lemelin, S.-Thomas Lemelin, A.- Napoléon Lemieux, abbé Gaudiose Lemieux, Joseph L’Hérault, M) Domitilde Marceau, Dosithée Marceau, François-Xavier Marceau, Sarah Marceau-Garneau, Hélène Marceau, Séraphin Marceau, N) J.-Alphonse Noël, O) Aimé Ouellet, P) J.-Joseph Paquet, Blanche Paradis, Isabelle Paradis, J.-A. Philippe Paradis, Télesphore Paradis, Rose-Délima Pichette-Marceau, J.-Albert Poliquin, J.-Antoine Poulin, Thomas Powers, R) George-H. Ramsay, Suzanne Rhéaume-Powers, Louis-Joseph Roberge, Mathilde Roberge-Carrier, Adjutor Roy, Joseph-Eugène Roy, abbé Valère Roy, Laetare Roy, S) Charles Samson, Joseph Samson, André Séguin, T) Jean Turgeon, J.-Adélard Turgeon *, J.-Edmond Turgeon, Joseph-David Turgeon, abbé Joseph-I. Turgeon, V) abbé Joseph Vaillancourt, J.-Édouard Verreault, Joseph Verreault.

Ces personnes furent les premiers coopérateurs à l’origine du Mouvement Desjardins. Il aurait été intéressant de savoir combien d’entre-eux détenaient une police d’assurance émise par l’une ou l’autre des sociétés mutuelles ci-dessus mentionnées.

  • J.-Adélard Turgeon signa en fin de décembre suivant, n’ayant  pu  être présent en raison de ses  fonctions comme secrétaire dans le cabinet provincial du premier ministre Simon-Napoléon Parent.

À propos des principes inscrits aux statuts

L’Article 2 des statuts énonce neuf engagements sur lesquels la Caisse populaire de Lévis allait fonder son action, entre autres, sur la pratique de l’épargne et l’accès au crédit :

 1.- De protéger ses membres contre les revers de fortune, les résultats du chômage, de la maladie et l’indigence en leur enseignant les bienfaits inappréciables d’une sage prévoyance appuyée sur la mutualité et la coopération.

5.- De combattre l’usure au moyen de la coopération et de la mutualité, en offrant à tous ceux qui le méritent par leur amour de travail, leur habileté et l’honnêteté de leur conduite, le crédit dont ils ont besoin dans l’exercice de leur état.

Bilan et conclusion

Le 6 décembre 1900,  122 citoyennes et citoyens de Lévis se sont donc réunis dans la salle de rencontre des mutualistes de Lévis à l’adresse 7, rue Eden,  pour fonder la première caisse populaire à caractère coopératif en sol nord-américain. En 1919, la Caisse populaire de Lévis avait atteint un actif de 1 Million $. De 1901 à 1916, la maison de la rue Eden hébergea le comptoir et la place d’affaires de la Caisse populaire de Lévis. Dans les premières années de sa première caisse populaire, Alphonse Desjardins a bénéficié d’un soutien inconditionnel venant de tous les mutualistes de Lévis. Sans ces derniers, le Mouvement Desjardins aurait eu un départ des plus difficile, voire effémère.

Le prolongement de la voute en brique dans laquelle entre 1900 et 1920 étaient déposées les épargnes des sociétaires de la Caisse populaire de Lévis.
Le prolongement de la chambre forte en brique dans laquelle entre 1901 et 1916 étaient déposées les épargnes des sociétaires de la Caisse populaire de Lévis.
Traverse - Annuaire Marcotte 1915
Le 5 rue Eden (Énumération depuis 1910), local occupé par 6 sociétés mutuelles et une coopérative. (Source: Annuaire Marcotte, 1914-15, p. 170)

En 2014, Desjardins, Caisse de Lévis compte 51 000 sociétaires. L’actif  est de 1,8 Milliard$. Le Mouvement quant à lui compte plus de 6 millions de membres.  L’actif total est de 230 Milliards$.

En conclusion, c’est réellement à Lévis au 7, rue Eden, le 6 décembre 1900, que tout a démarré en Amérique du nord pour l’épargne et le crédit coopératif lorsque 122 citoyennes et citoyens se sont réunis dans la salle de rencontre de quatre sociétés mutuelles d’assurance pour signer leur adhésion aux statuts de la Caisse populaire de Lévis. La volonté d’une communauté locale solidaire s’est par la suite transmise d’un lieu à l’autre pour parvenir à atteindre tout un continent.

Par Yvan-M. Roy

Le 18 décembre 2014

Post Scriptum :

Les premières institutions d’épargne populaire à Lévis:

1868 – La Caisse d’économie de Notre-Dame de Québec :                                     https://wordpress.com/post/cqvl.org/3176

1869 – La Société de construction permanente de Lévis :

  • Le 27 avril 1869, assemblée à la salle Lauzon de quelque 150 citoyens qui avaient répondu à l’appel du notaire Léon Roy pour venir fonder la Société de construction permanente de Lévis, une organisation mutuelle d’épargne et de crédit où Alphonse Desjardins, 20 ans plus tard, fit son adhésion et où il occupa, de 1889 à 1894,  un fauteuil au conseil d’administration, pour venir ensuite fonder la Caisse populaire de Lévis,  le 6 décembre 1900.  Paragraphe tiré de :     (1) https://wordpress.com/post/cqvl.org/3256
  • Voir également : Quelques propriétés financées par la Société de construction permanente de Lévis quand de 1889 à 1894, Alphonse Desjardins siégeait au conseil de la Société de construction permanente de Lévis.(2)  https://cqvl.org/2017/06/19/quelques-proprietes-financees-par-la-societe

L’implication de Rodolphe Audette suite à l’effrondrement du 1er pont de Québec, des faits nouveaux et troublants, des observations, des conclusions.

Les faits nouveaux:

1) Le 29 août 1907, le premier Pont de Québec s’écroule. La Compagnie du pont et du chemin de fer de Québec qui dirigeait le projet avait déjà à son passif une importante dette de 4 672 952 $ (Actualisée en 2014 à 375 000 000 $ ).

2) Le 3 septembre suivant,  l’assemblée des actionnaires fut réunie. Siméon-Napoléon Parent, politicien, fut réélu président, et Rodolphe Audette, banquier, réélu vice-président.

Les observations:

1)  La Compagnie du pont et du chemin de fer de Québec se trouva en position de défaut face à ses créanciers, pour un montant de  4 672 952 $ .

2) Les actionnaires, au nombre de 133, allaient perdre leurs mises totalisant 263 000 $. Les créanciers, et il faut indiquer un certain nombre de banques, dont présumément la Banque Molson où Siméon-Napoléon Parent avait agi comme conseil légal, et la Banque Nationale, présidée par Rodolphe Audette, avaient ces créances de 4 672 952 $.

3) Après avoir été premier ministre du Québec de 1901 à 1905, Siméon-Napoléon Parent fut président de la Commission du chemin de fer Transcontinental de 1905 à 1911, compagnie pour laquelle le pont était destiné afin de joindre l’ouest du pays aux provinces maritimes.

4) En 1908, suite à une commission royale d’enquête, le gouvernement du Canada, sous l’administration du premier ministre Wilfrid Laurier, décida de prendre à sa charge la reconstruction du Pont de Québec;

5) Par la même occasion, le gouvernement absorba les dettes de la Compagnie du pont et du chemin de fer de Québec, évitant ainsi des pertes substantielles pour les individus et surtout pour les banques qui avaient fait confiance à l’expertise des entrepreneurs américains de la Proenix Bridge.

6) En 1905, le trésorier du gouvernement québécois James S. McCorkill (Brome) présenta un budget de 4 880 000 $ comportant un surplus de 85 000 $

7) En 2014, le budget du Québec a prévu des dépenses de 95,5 $ milliards.

Les conclusions:

Rodolphe Audette fut le principal intervenant auprès du gouvernement fédéral pour assurer la continuation d’un projet qui concernait à la fois des intérêts régionaux, mais surtout des intérêts nationaux pan-canadiens.

Il contribua à éviter à la ville de Québec et aux banques québécoises de subir un échec financier équivalant  au budget de la province de Québec de cette époque, avec toutes les conséquences que cela aurait pu occasionner sur l’épargne, le commerce et l’économie en général.

La catastrophe fut causée par des ingénieurs américains  qui avaient commis des erreurs majeures en évaluant la résistance des membrures de la structure du nouveau pont

Parmi ceux qui ont compris l’importance des enjeux pour Lévis-Québec, pour la province de Québec, et pour le Canada, il faut d’abord nommer Wilfrid Laurier, et  par la suite, ne pas oublier le banquier Rodolphe Audette.

Yvan-M. Roy

Sources : Le Pont de Québec, Michel L’Hébreux, Ed. Septentrion 2001, Chapitre 3

Rodolphe Audette, vice-président de l’entreprise qui construisait le premier Pont de Québec (1903-1907)

Rodolphe Audet, vice-président de la Compagnie du pont et des chemins de fer nationaux du Canada (1903-1907), lors de la construction du premier Pont de Québec.

       Nom                                    Fonction            # actions

Simon Napoléon Parent Président 70 Maire de Québec
Rodolphe Audette Vice-président 57 Président – Banque Nationale
Hon. N. Garneau Directeur 50
Gaspard Lemoine Directeur 50
H.M. Price Directeur 52
Hugh A. Allan Directeur 250
Visey Boswell Directeur 50
Hon. John Sharples Directeur 276
J.B. Laliberté Directeur 27
P.B. Dumoulin Directeur 5
Ulric Barthe Secrétaire
J.H. Paquet Trésorier
E.A. Hoare Ingénieur-chef

La Compagnie comptait 153 actionnaires, il y avait en distribution 2637 actions d’une valeur chacune de 100 $.

Les membres du Bureau de direction contrôlaient 887 actions, soit 34 % du nombre d’actions en circulation.

Il y avait 37 actionnaires qui ne possédaient qu’une seule action, 26 qui en possédaient deux, seulement 8 possédaient 50 actions ou plus, dont Rodolphe Audette.

Au 30 juin 1906, les frais engagés depuis les débuts pour les fondations et la superstructure totalisaient 4 672 952 $ (Actualisé à 375 000 000 $).

Questions :

En se souvenant que Rodolphe Audette a occupé la présidence de la Banque Nationale jusqu’en 1921, quelle fut le véritable rôle joué par ce dernier auprès du commerce et de l’industrie de l’est québécois?

Supervisant plus d’une vingtaine de succursales de Montréal jusqu’au Bas Saint-Laurent, quelle a été son influence auprès des commerçants, des industriels, des professionnels, et de la population en général ?

Après une éventuelle démolition de la maison qu’il s’était fait construire sur les hauteurs de Lévis, que nous restera-t-il de tangible pour garder  la mémoire de ce personnage?

Seulement peut-être un modeste monument qui se trouve au cimetière Mont-Marie, à Notre-Dame de Lévis.

Le monument de la famille R. Audette au cimetière Mont-Marie, à Lévis
Le monument de la famille R. Audette au cimetière Mont-Marie, à Lévis

 Par Yvan-M. Roy

 

Source : Le Pont de Québec, Michel L’Hébreux, Éd. Septentrion, p. 77

Texte de l’appel de Valérie Bégin-Riverin et Dominique Duquette pour casser la décision de démolir la maison Rodolphe-Audette

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La maison Rodolphe-Audette, l’article 231 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, et depuis 1998, les options légales disponibles et négligées par la ville de Lévis

 L’abandon de la maison Rodolphe-Audette

La maison Rodolphe-Audette a été laissée depuis plus de 20 ans à l’abandon par une succession de propriétaires. Le bâtiment a été visité ou occupé par des vandales, plusieurs composantes ont été retirées ou volées, par exemple les finis intérieurs, la plomberie, etc. Le bâtiment a été incendié en 1998 et 2004, sans être protégé par la suite. C’est seulement depuis 2013 que la ville de Lévis a demandé au propriétaire de portéger ce bâtiment.

Les options : L’article 231 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU) indique que:

  1. Lorsqu’une construction est dans un état tel qu’elle peut mettre en danger des personnes ou lorsqu’elle a perdu la moitié de sa valeur par vétusté, par incendie ou par explosion, la Cour supérieure peut, sur requête de l’organisme compétent, de la municipalité ou de tout intéressé, ordonner l’exécution des travaux requis pour assurer la sécurité des personnes ou, s’il n’existe pas d’autre remède utile, la démolition de la construction. Le tribunal peut, selon le cas, ordonner au propriétaire de la construction ou à la personne qui en a la garde de maintenir une surveillance adéquate de la construction jusqu’à ce que la mesure corrective imposée soit apportée. Il peut autoriser l’organisme compétent ou la municipalité à assurer cette surveillance aux frais du propriétaire si celui-ci ou la personne qui a la garde de la construction omet de se conformer au jugement.

En cas d’urgence exceptionnelle, le tribunal peut autoriser l’organisme compétent ou la municipalité à exécuter ces travaux ou à procéder à cette démolition sur le champ et l’organisme compétent ou la municipalité peut en réclamer le coût du propriétaire du bâtiment. Le tribunal peut aussi, dans tous les cas, enjoindre aux personnes qui habitent le bâtiment de l’évacuer dans le délai qu’il indique.

Si le bâtiment est jugé dangereux ou s’il a atteint un niveau de vétusté supérieur à 50%, la municipalité ou toute personne intéressée peut donc s’adresser à la cour supérieure pour

1) Ordonner l’exécution des travaux

       ou

2) Si aucun remède n’existe, permettre la démolition du bâtiment.

La ville de Lévis

Aujourd’hui, la ville de Lévis rejette toute responsabilité concernant la vétusté de la maison Rodolphe-Audette sur les propriéraires successifs. Depuis 1998, il y avait pourtant des possibilités ouvertes à la ville pour en assurer la conservation. Il apparaît maintenant à de nombreuses personnes que la maison Rodolphe-Audette  est devenue « un cas d’urgence exceptionnelle ».